vendredi, juillet 04, 2008

Revue de presse du jeudi 3 juillet 2008

Audit, donc…
Roger Guesnerie remettait aujourd'hui à 10h son rapport sur l’enseignement des sciences économiques et sociales au lycée au ministre de l'Education nationale. Mais le rapport avait déjà fuité et Les Échos comme d’autres journaux du matin en donnaient déjà la teneur. Le rapport est consultable en ligne sur le site du même journal . L’article des échos reste dans une logique de déni de l’enseignement des SES et il est très éloigné du contenu du rapport lui même, qui est beaucoup plus mesuré que ce qu’en disent les journalistes à l’avis très partial. De même pour l’l’article du journal Le Monde qui a un titre très négatif alors que le contenu l’est moins. L’analyse la plus complète et la plus nuancée est celle faite par Philippe Frémeaux, directeur d’Alternatives économiques qu’on trouve sur le site du mensuel mais aussi sur celui de l’IDIES (Institut pour le développement de l’information économique et sociale) .
Que dit le rapport ?
Avant la partie "préconisations" du rapport, la partie "bilan" dresse à la fois les "mérites" de la filière SES et reprend certaines critiques. Les trois mérites sont "la forte progression des effectifs", "une orientation majoritaire des bacheliers ES en phase avec leur formation initiale" et "la réussite satisfaisante des bacheliers ES dans l'enseignement supérieur". Côté critiques, la sociologie est, selon le rapport, souvent abordée de façon "trop abstraite, trop déterministe et trop compassionnelle". L'entreprise, toujours selon les rédacteurs du rapport "est insuffisamment appréhendée comme un acteur microéconomique, soumis à des contraintes fortes et devant faire des choix dont dépend sa survie".
L’APSES (Ass. Des Professeurs de Sciences Économiques et Sociales) a déjà réagi et publie un communiqué qui donne sa vision du rapport avec des points d’accords (lourdeur des programmes, étendre les SES à tous les élèves de 2nde) et ses points de désaccord (un bilan jugé réducteur, centrage sur les fondamentaux, refus du relativisme, vision réductrice des apports de la sociologie).
Pour ma part (je suis prof de SES depuis 27 ans) je trouve qu’il y a notamment dans la partie « bilan » (les préconisations sont plus positives) une vision biaisée de l'enseignement des SES. D'ailleurs le biais est très visible à plusieurs reprises, quand on écrit " on a l’impression d’avoir affaire à un enseignement de « problèmes politiques, économiques et sociaux contemporains », plutôt qu’à un enseignement de sciences sociales visant à faire acquérir les fondamentaux de l’économie et la sociologie." Où est-il écrit (jusqu'à maintenant!) que cet enseignement vise à faire acquérir des fondamentaux de l'économie et de la sociologie ; dont on ne sait pas bien ce qu’ils sont. Si l'on fait un bilan, qu'on juge les SES par rapport aux objectifs énoncés, c’est à dire un objectif de culture générale et de formation du citoyen !
Il y a aussi une question qui semble oubliée dans tout cela : où sont les élèves ? Une partie du bilan et même des préconisations me semble oublier ce qu’est un élève de lycée avec ses limites mais aussi les ressorts de sa motivation à apprendre.... Il faudrait quand même pointer aussi que la composition de la commission est curieuse et déséquilibrée. A part le président de l’APSES, aucun autre prof de SES du secondaire...
Si comme le ministre l’annonce, on risque de reprendre les mêmes personnes pour rédiger les futurs programmes, on peut s’inquiéter de programmes s’inscrivant autant dans la référence (j’allais dire la révérence) universitaire et on risque encore d’oublier les élèves…

Xavier Darcos et Valérie Pécresse ont présenté le 2 juillet devant le conseil des ministres une communication sur la réforme du recrutement des enseignants. Dans cette communication, on peut lire que "Les nouveaux concours comprendront trois types d’épreuves destinées à évaluer la culture disciplinaire, la capacité à planifier et organiser un enseignement et la connaissance du système éducatif… Pour préparer les étudiants à leur futur métier, les universités proposeront des parcours de master qui devront comporter une prise de contact progressive et cohérente avec les métiers de l’enseignement. Elle pourra commencer au cours des études de licence et comprendre des stages d’observation et de pratique accompagnée en école, en collège et en lycée. Dès leur première année d’exercice, les lauréats des nouveaux concours seront mis en situation d’enseignement à temps plein avec l’aide et le soutien de professeurs expérimentés. Des actions de formation spécifiques leur seront offertes en dehors du temps scolaire. A l’issue de cette année, le professeur fonctionnaire stagiaire pourra être titularisé après avoir été inspecté". Au passage, le mot “IUFM” n’apparaît plus nulle part dans ce texte. Un vrai tour de passe-passe, c’est d’ailleurs le terme utilisé par Philippe Meirieu dans une tribune du Café Pédagogique . le même signe avec d’autres (Auduc, Brissiaud, Grandserre, Ouzoulias) une tribune dans Le Monde où ils parlent d’ “Une Saint-Barthélemy des pédagogues” en concluant ainsi “ On ne peut prétendre lutter contre l'échec scolaire et saboter la formation des professeurs. On ne peut vouloir rétablir les conditions du "vivre ensemble" et "enseigner à tous les fondamentaux de la citoyenneté" en réduisant au minimum la formation pédagogique des maîtres. On ne peut préparer l'avenir en ignorant l'héritage du passé et les acteurs du présent !
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Il n’y a pas que les footballeurs…
Ouest France titre joliment : “Professeurs : c'est l'été, la saison des transferts”. Mais ce n’est pas au même tarif !

Bonne Lecture...
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Libération du 03/07/08


Six semaines d’internat pour retrouver le chemin de l’école
Unique en Ile-de-France, un centre municipal accueille les élèves en échec.
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Fichage : «Baisser l’âge à 13 ans est excessif»
Mardi, le Journal officiel publiait un décret instituant Edvige, un fichier mis à disposition de la direction centrale de la sécurité publique (DCSP) contenant des «données à caractère personnel» concernant «des personnes physiques âgées de 13 ans et plus». Sa création est contestée par la Ligue des droits de l’homme et par le premier syndicat d’éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse. Réaction d’Alex Türk, président de la Cnil (Commission nationale de l’informatique et des libertés).
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Le Figaro du 03/07/08


Rien vu...


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Le Monde daté du 03/07/08



Une Saint-Barthélemy des pédagogues
Jean-Louis Auduc, Rémi Brissiaud, Sylvain Grandserre, Philippe Meirieu, André Ouzoulias,

Les instituts universitaires de formation des maîtres (IUFM) sont promis à la disparition. Le concours de recrutement des enseignants aura lieu désormais au milieu de la cinquième année d'université (en mastère 2), quelques éléments de formation professionnelle seront dispensés entre février et juin et la prise de poste s'effectuera dès la rentrée suivante, avec un simple "compagnonnage" par des professeurs expérimentés. En reculant d'un an l'entrée dans la carrière, l'Etat fera ainsi de substantielles économies sur les salaires. Il transférera progressivement aux composantes des universités la responsabilité de la formation des enseignants et pourra fermer très vite de nombreux IUFM un peu partout.[…] De Condorcet à Langevin et Wallon, de Carnot à Durkheim, en passant par Ferry, Buisson et Kergomard, la République a toujours considéré qu'il ne suffisait pas de savoir pour savoir enseigner et qu'elle devait à ses enfants des "maîtres pédagogues". Elle avait voulu qu'ils soient formés dans des lieux spécifiques : les Ecoles normales jusqu'en 1991, les IUFM ensuite. Une seule période fit exception, Vichy qui ferma les Ecoles normales d'instituteurs. Beaucoup d'entre nous considèrent qu'il serait exagéré de rapprocher cette période de celle que nous vivons. Ils croient que Xavier Darcos saura faire preuve d'esprit de responsabilité, qu'il aura à coeur de préserver le potentiel des IUFM pour le mettre au service d'une formation des maîtres digne des défis éducatifs qui se présentent à nous.
On ne peut prétendre lutter contre l'échec scolaire et saboter la formation des professeurs. On ne peut vouloir rétablir les conditions du "vivre ensemble" et "enseigner à tous les fondamentaux de la citoyenneté" en réduisant au minimum la formation pédagogique des maîtres. On ne peut préparer l'avenir en ignorant l'héritage du passé et les acteurs du présent ! Le risque est grand de payer nos errances d'aujourd'hui par des convulsions et des explosions scolaires incontrôlables. On voudrait que nos dirigeants l'entendent. Car, ils sont aussi, comme nous, responsables devant le futur.
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Vingt minutes par copie, des réunions d'harmonisation et le jury : les trois semaines pleines d'une correctrice du bac
Les résultats des épreuves écrites du baccalauréat doivent être communiqués vendredi 4 juillet. L'épreuve de philosophie, qui donnait le coup d'envoi de la session, a eu lieu le lundi 16 juin. Pour les correcteurs, qui sont aussi professeurs, elle ne s'est achevée que le mercredi 2 juillet, quand les jurys ont siégé. Marguerite V., agrégée de 37 ans avec quinze ans d'enseignement à son actif, a pu pousser un soupir de soulagement.
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Le rapport Guesnerie se livre à une attaque en règle de l'enseignement de l'économie
On s'attendait à une analyse critique des manuels d'économie destinés aux lycéens. Mais c'est aussi, et surtout, à une attaque vigoureuse des programmes d'enseignement des sciences économiques et sociales (SES) que se livre l'"Audit des manuels et programmes de sciences économiques et sociales du lycée" remis, jeudi 3 juillet, par Roger Guesnerie, professeur au Collège de France, au ministre de l'éducation nationale, Xavier Darcos.
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Une prof : "Je sais qu'on nous reproche d'être négatifs, mais..."
Rémi, Kevin et Talia, élèves au lycée polyvalent Christophe-Colomb, à Sucy-en-Brie (Val-de-Marne), sortent d'un cours de sciences économiques et sociales (SES). Savent-ils que cette discipline, au lycée est souvent mises en cause ? "Oui, Darcos veut supprimer le bac ES", croit savoir Rémi. Des doutes s'expriment sur les débouchés de la filière ? "Bah... Il faut être bon partout", rétorque Kevin. Les professeurs sont parfois suspectés de délivrer un enseignement "orienté" ? "Sur tous les sujets, on nous donne des arguments pour et contre", s'insurge Rémi. "L'enseignement, franchement, il est neutre", renchérit Talia.
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L’Humanité du 03/07/08 (un jour de retard)



Rien vu...


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Le Parisien du 03/07/08



La LDH dénonce le fichage des enfants de 13 ans
La Ligue des Droits de l'Homme (LDH) a dénoncé mercredi dans un communiqué le feu vert donné par le gouvernement à un fichage policier des enfants de 13 ans, l'imputant à une politique de surveillance des citoyens «incompatible avec l'état de droit».
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La Croix du 03/07/08



Rien vu...


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Les échos du 03/07/08



Enseignement de l'économie au lycée : un rapport très critique remis à Xavier Darcos

Roger Guesnerie remet aujourd'hui son rapport au ministre de l'Education nationale. Il pointe les « incohérences » de l'enseignement de l'économie. Une sévérité qui suscite déjà des réactions dans le corps enseignant.
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L'inculture économique des Français
Editorial de JEAN-MARC VITTORI

En France, il y a un problème avec les manuels d'économie. On s'en doutait. Depuis des années, des journaux sortent des citations ahurissantes des livres destinés à nos chères têtes blondes et nombre de chefs d'entreprise se sont émus de constater que l'économie décrite dans ces ouvrages scolaires n'avait pas la moindre ressemblance avec celle qu'ils pratiquent tous les jours. Pour en avoir le coeur net, le ministre de l'Education, Xavier Darcos, a demandé un rapport à une commission présidée par Roger Guesnerie. Cet économiste français, l'un des rares dont l'autorité morale dépasse largement les frontières nationales, a travaillé avec des enseignants et des personnalités qualifiées, d'opinions très variées. Le rapport qu'il remet aujourd'hui et que « Les Echos » révèlent en exclusivité, marquera la réflexion sur l'enseignement de l'économie en France, car il est à la fois consensuel et sans concession. Maintenant, on sait : les manuels de sciences économiques et sociales destinés aux lycéens sont à la fois trop généraux, trop négatifs et trop macroéconomiques. L'entreprise y est peu présente. Surtout, un outil essentiel de l'économie est largement occulté : il s'agit... du marché (sur lequel Roger Guesnerie a écrit un petit livre remarquable).
Mais, à lui seul, le manuel ne saurait être accusé de l'inculture économique des Français. D'abord, il ne tombe pas du ciel. Il a été produit par des enseignants ayant une certaine vision de l'économie. Formés dans des universités où l'on a longtemps opposé la vertu de l'Etat aux vices du marché, ils transmettent cet héritage à leurs élèves. Le manuel s'inscrit ensuite dans la lignée d'un programme bien particulier établi par le ministère. La commission Guesnerie relève par exemple que les PME en sont absentes.[…]
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De la sociologie en Europe, des cas pratiques aux Etats-Unis
Pragmatiques, les enseignants américains proposent des exercices d'application tels que la gestion d'un portefeuille fictif d'actifs, la simulation d'un marché ou de situations de monopoles.
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Des sujets du bac contestés

Les sujets de sciences économiques et sociales des cinq dernières sessions du baccalauréat privilégient une approche essentiellement sociologique de la matière, mettant par exemple l'accent sur les rapports de force sociaux ou les effets de la mondialisation. Parmi les autres thèmes récurrents, celui des inégalités (trois sujets) et des conflits sociaux (quatre sujets).
Les sujets purement économiques sont peu nombreux, et favorisent la théorie keynésienne.
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20 minutes du 03/07/08



Etre jeune ne suffit pas pour partir en vacances
Ils n'ont pas le temps et pas l'argent pour ça. Près de 40 % des jeunes âgés de 15 à 30 ans ne partent pas chaque année en vacances, selon une enquête de la Jeunesse ouvrière chrétienne rendue publique aujourd'hui. D'après ce sondage réalisé l'été dernier auprès de 895 personnes, 17 % des jeunes interrogés affirment même « ne jamais ou rarement » partir en vacances.
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L'Unicef lance un appel pour les mineurs étrangers isolés

Deux semaines après l'adoption par le Parlement européen de la «directive retour» — qualifiée de «directive de la honte» par de nombreuses associations — l'Unicef, un organisme de l’ONU, lance un appel pour la protection des mineurs étrangers isolés
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Rue89 du 03/07/08



Un prof muté contre son gré: à Paris, le rectorat a la main lourde
Les internautes de Rue89 qui s'intéressent à l'éducation connaissent déjà Edouard Rosselet, inspecteur d'académie à Paris. C'est lui qui avait menacé Danièle de Chambrun, directrice d'école dans le XVIIIe arrondissement, de la démettre de ses fonctions de direction. Motif: avoir critiqué les réformes Darcos sur Rue89. C'était fin mai.
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Ouest-France du 03/07/08



Professeurs : c'est l'été, la saison des transferts
Rennes et Nantes comptent parmi les académies les plus demandées par les enseignants. Après treize ans passés dans le Jura, Valérie est mutée en Bretagne.
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Des réactions contre le fichage des préados
Le fichier « Edvige » de la police peut désormais intégrer des mineurs de 13 ans, même s'ils n'ont commis aucun délit. La Ligue des droits de l'homme proteste. Entre autres...
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Le Journal du Dimanche du 03/07/08



Rien vu...


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Le Nouvel Obs Permanent du 03/07/08


Rien vu...


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L’Express.fr du 03/07/08


Dominique Versini: "Cette escalade dans le fichage des mineurs est regrettable"
Dominique Versini, la Défenseure des enfants, s'inquiète du nouveau système de fichage des mineurs. Elle pointe l'absence de critères objectifs.
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Une sélection dans les dépêches du 03/07/08



En SES, un rapport prône programmes moins lourds et refonte des manuels
Les enseignements des sciences économiques et sociales au lycée (filière SES) devraient être moins lourds, plus pratiques, et les manuels devraient connaître une "refonte", selon un rapport de la mission d'audit des manuels et programmes de SES rendu public jeudi.
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Rapport sur la filière économique et sociale: les professeurs inquiets sur certains points
Le rapport Guesnerie sur la filière Sciences économiques et sociales (SES) publié jeudi est positif à certains égards mais des formulations sur les grands enjeux de société ou l'apport de la sociologie suscitent des interrogations, ont estimé les professeurs de cette filière.
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Darcos juge "utile" le rapport sur la filière économique et sociale
Le ministre de l'Education Xavier Darcos a jugé que le rapport sur les programmes et manuels de la filière Sciences économiques et sociales (SES) du lycée, rendu public jeudi, était "utile" et qu'il arrivait "au bon moment" alors qu'une réforme du lycée a été lancée.
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Programmes moins lourds et refonte des manuels pour la filière SES (rapport)
Les programmes de sciences économiques et sociales au lycée devraient être moins lourds, fournir surtout des "outils" de raisonnement aux élèves et les manuels devraient être plus équilibrés, selon un rapport que le ministre Xavier Darcos compte utiliser pour sa réforme du lycée.
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Gratuité de la scolarité à l'étranger : Kouchner en désaccord avec Sarkozy
Le chef de la diplomatie Bernard Kouchner a déclaré mercredi avoir "beaucoup de mal à convaincre le président" Nicolas Sarkozy des "inconvénients" que présente la gratuité des frais de scolarité promise aux Français de l'étranger, lors d'une audition au Sénat.
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