lundi, janvier 31, 2005

Revue de presse du lundi 31 janvier 2005

« Fillon veut une école plus juste mais il fait le contraire ». Ce n’est pas moi qui le dit (quoique…) mais un lycéen interviewé par le Parisien qui consacre plusieurs articles à la « mobilisation » des lycéens. « Ca gronde dans les lycées », et les raisons sont nombreuses. Entre la suppression des TPE, la carte scolaire, les menaces sur certains enseignements en seconde (dont les SES et les LV3), la police à la porte des établissements, il y a plusieurs motifs d’inquiétude.
A signaler aussi un entretien passionnant avec Maurice Godelier sur l’évolution de la parentalité dans 20 minutes
Bonne Lecture...
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Libération du 31/01/05


La prison-école de Perben en maquette
Ce n'est encore qu'une maquette, mais elle préfigure les futures prisons pour mineurs promises par la loi de programmation pour la justice de 2002. Dominique Perben va l'«inaugurer», aujourd'hui, à Lavaur près de Toulouse, qui est l'un des sites d'implantation retenus. Avant même que l'achat des terrains et le dépôt des permis de construire soient formalisés.
Sur le papier, ces établissements pour mineurs (EPM), conçus pour 60 jeunes chacun, se posent comme des prisons-écoles où l'aspect éducatif sera privilégié. Emploi du temps type du détenu : enseignement (20 heures par semaine), sports (20 heures), activités artistiques (arts plastiques, musique, théâtre). Le projet insiste sur un encadrement humain important, avec, pour chaque mineur, un «binôme référent» composé d'un surveillant et d'un éducateur
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L'université, malade de sa tutelle
Par Baudoin JURDANT et MAREC Joëlle LE et Thierry LEFEBVRE et Jean-Max NOYER

On parle beaucoup d'autonomie, d'ouverture et de créativité tout en étouffant le système par une application technocratique de directives ministérielles.
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Le Figaro du 31/01/05


La fascination morbide de Clémence et Noémie
Noémie et Clémence étaient fascinées par la mort et ne cachaient pas leurs intentions suicidaires depuis des semaines, voire des mois, si l'on en croit les témoignages recueillis depuis leur disparition mardi soir
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L'Humanité du 31/01/05


Lettre ouverte de Paul Eluard à monsieur François Fillon
Par Jean-Paul Jouary, professeur de philosophie


Monsieur le Ministre, il y a tout juste cinquante ans, à Saint-Denis, on inaugurait le lycée Paul-Eluard, en présence du poète Louis Aragon. Ce lycée a nourri l’espoir d’accès à la culture, à la qualification et à la citoyenneté active de générations de Dionysiens. Quelques décennies plus tard, avec la plongée de la France dans sa crise sociale, le lycée Paul-Eluard a subi de dramatiques dégradations dont j’ai pu être le témoin lorsque j’y arrivai il y a dix-huit ans : échec scolaire massif, agressions permanentes et graves sur des élèves et des enseignants, délabrement matériel, incivisme chronique. Puis il y eut des grèves, des accidents, une mort d’élève, des grèves encore avec, au bout, la rénovation, de nouveaux moyens et des innovations pédagogiques qui permirent un spectaculaire redressement. Grâce à l’action créative de tous ses acteurs, ce lycée est peu à peu devenu un lycée de la réussite, reconnu et salué par tous.[…]
Monsieur le ministre, ces récentes années, ce furent des moyens vitaux que l’on vit rognés ou menacés. On sait que vous avez exigé dans notre académie la suppression de 200 postes à la prochaine rentrée, ce qui aura des conséquences négatives sur tout ce qui y a été construit. On sait aussi ce que votre loi suppose de remise en question de ce qui constitue l’essence même de la logique éducative qui a permis d’avancer malgré tout jusqu’à présent. Le lycée Paul-Eluard ressent déjà les effets de tout cela. Mais ce qui vient d’être décidé contre notre lycée en rajoute de façon arbitraire, comme s’il fallait punir des équipes éducatives trop soucieuses de préserver ce qu’elles ont réussi pour les élèves qu’on leur confie, et qui subissent déjà tant de difficultés socioculturelles : fermeture simultanée dès la prochaine rentrée d’une classe préparatoire scientifique et de la filière littéraire arts plastiques !
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Le Parisien du 31/01/05


Ça gronde dans les lycées
ET SI C'ÉTAIT d'eux que venait le principal vent de fronde ? Et s'ils volaient la vedette aux enseignants et autres fonctionnaires, massivement présents dans la rue le 20 janvier ? Latente depuis la rentrée de septembre, la grogne monte irrésistiblement dans les bahuts de l'Hexagone. Certes, il y a dix jours, ils ont eu bien du mal à se faire entendre, un peu perdus dans l'immense cortège de fonctionnaires. Ils étaient pourtant bien là, à agiter leurs banderoles et vociférer quelques slogans vengeurs contre la réforme Fillon sur l'école : quelques centaines à Paris, environ 4 000 à Strasbourg, moitié moins à Marseille ou à Nancy...Samedi prochain, à l'occasion des manifestations unitaires (privé et public) du 5 février, les lycéens seront à nouveau de la partie, comme nous l'annonce l'Union nationale lycéenne (UNL). L'autre principale organisation, la FIDL (Fédération indépendante et démocratique lycéenne), devrait également annoncer dans les prochains jours son intention « d'en être »
Difficile pour l'heure de parler de mouvement général, analogue à celui qui avait déferlé dans les rues de l'Hexagone à l'automne 1998. Comme toujours, les actions sont aussi confuses que généreuses. Mais il ne se passe plus un jour sans qu'un rectorat ne voie débarquer sous ses fenêtres des troupes plus ou moins fournies de lycéens en colère.
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« Fillon veut une école plus juste mais il fait le contraire »
LE 7 DÉCEMBRE, Alexandre Goeller, 17 ans, était quasiment le seul à avoir rejoint le maigre cortège d'enseignants qui avaient appelé à manifester dans la capitale. Le 20 janvier, il était cette fois accompagné d'une petite centaine de camarades, défilant joyeusement derrière les slogans gravés au feutre sur des calicots de fortune. Samedi prochain, le lycée des Pierres-Vives, à Carrières-sur-Seine, sera encore une fois au coeur du défilé. Noyés dans la masse, sans doute, mais déterminés à « défendre une certaine idée de l'école ».
Bon élève de terminale S, Alexandre n'a rien d'un agitateur né. Pas plus que son lycée, prospère et bien coté, ne ressemble à une poudrière contestataire. Ici, la mobilisation s'est faite « spontanément, sans l'influence d'un syndicat lycéen ni manipulation professorale. C'est vraiment notre mouvement à nous », sourit ce garçon à la voix posée.
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Les raisons de la colère

La suppression prochaine des travaux personnels encadrés (TPE) déplaît beaucoup. « Avec les TPE, l'élève n'est plus passif mais actif. Cela change des cours magistraux parfois assommants », relève Karl Stoekel, 18 ans, secrétaire général de l'UNL, dont la pétition pour leur sauvegarde a recueilli 8 000 signatures de lycéens en deux mois.Selon lui, la pédagogie est d'ailleurs la grande absente de la loi d'orientation sur l'école, qui sera débattue à l'Assemblée dans deux semaines. « On a beaucoup plus d'heures de cours que nos voisins européens et nos résultats sont moins bons. Cela veut bien dire que nos méthodes d'enseignement sont archaïques, notamment en français et en langues. »[…] Comme leurs aînés enseignants, les lycéens se disent inquiets des menaces qui planent sur certaines disciplines « secondaires » qui pourraient être malmenées. « Exemple : la loi prévoit une seule option de détermination en seconde (contre deux auparavant). La seconde langue vivante sera choisie. Du coup, les sciences-éco ou les arts plastiques passeront à l'as », critique l'UNL. Même inquiétude pour le sport.[…]
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La Croix du 31/01/05


Rien vu...

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20 minutes du 31/01/05


Maurice Godelier «Un homme et une femme ne font pas un enfant»
Dans mon dernier livre, je démontre, en comparant une trentaine de sociétés de tous les continents, qu’un homme et une femme ne font pas un enfant, mais un foetus. Jamais plus. Pour transformer ce foetus en enfant, il faut des agents extérieurs. Pour quoi faire ? Pour lui donner une âme par exemple. Si vous êtes chrétien, ce n’est ni le sperme du père ni la chair de la mère qui font l’âme de l’enfant : c’est Dieu qui intervient pour « animer » le foetus. Ailleurs, ce peuvent être les ancêtres, les esprits ou les dieux. Dans beaucoup de sociétés, il faut « refaire » l’enfant, à travers des initiations. Or, les initiations, cela dépasse la parenté. C’est de l’ordre du politico-religieux. En fait, un enfant n’est jamais terminé avant d’être construit socialement.[…]
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Ouest-France du 31/01/05


Rien vu...


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Le Monde daté du 01/02/05


La difficile prise en compte des idées suicidaires chez les jeunes (édition datée du 30-31 janvier)
De multiples questions sur la prévention du suicide des adolescents se posent après la découverte des appels de détresse lancés sur Internet ou auprès de leurs copains par Clémence, 14 ans, et Noémie, 15 ans, qui se sont probablement jetées d'une falaise dans le Pas-de-Calais, mardi.
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Trois questions à Xavier Pommereau (édition datée du 30-31 janvier)
En tant que psychiatre et chef de l'unité médico-psychologique de l'adolescent au CHU de Bordeaux, quel regard portez-vous sur le drame des deux jeunes filles du Pas-de-Calais ?
En cinq ans, l'hôpital pédiatrique de Bordeaux, par exemple, a vu le nombre d'adolescents accueillis pour tentative de suicide multiplié par deux. Nous sommes inquiets de constater que le phénomène suicidaire chez les adolescents ne diminue pas et concerne des personnes de plus en plus jeunes. Ce rajeunissement rejoint celui constaté dans les conduites à risque (tabac, alcool, drogue). On tarde un peu à prendre conscience de ces problèmes et on segmente trop les questions. Il faut davantage regarder les conduites à risque parce qu'elles signalent souvent un malaise.
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Des adolescentes utilisent les "blogs", journaux intimes sur Internet, comme exutoire macabre (édition datée du 30-31 janvier)
Un certain nombre de blogs exutoires jouent sur la surenchère macabre et la provocation, en particulier grâce à leurs surnoms. "Nécrophilie", 14 ans, écrit : "Monde pourri / Monde injuste / Je suis pressée de te quitter." "Sadness", 13 ans, "triste et sombre", nomme un message "Je me hais" : "Moche grosse méchante égoïste jalouse rancunière..." précède plus de 160 "je me hais". Le blog de "Suicide03", peut-être trop violent, a été désactivé.
Ils forment un réseau informel d'amateurs, chacun d'entre eux affichant, dans la présentation de son blog, les autres blogs qu'il préfère. Ils accueillent un flux continu de visiteurs. "Suplicia" en revendique fièrement "1 000" depuis début janvier. Le message de présentation de son blog annonce : "Je suis si seule et si bien dans mon monde où les mélodies et les cris se confondent..."
Chaque poème, de la main de "Suplicia" ou trouvé sur Internet, provoque des commentaires. Le texte "Je veux" ("Je veux mourir... / Partir... / enfin abandonner / un combat perdu d'avance vaut-il la peine d'être joué ?"), en novembre 2004, entraîne six réactions enthousiastes : "Tu as vraiment beaucoup de talent ce texte est magnifique...", "comme c'est beau...", "j'ai tant de fois voulu partir moâ aussi...", "vraiment magnifik...".
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dimanche, janvier 30, 2005

revue de presse des hebdomadaires
(semaine du 24 janvier au 30 janvier 2005)

Un article intéressant sur les filles à l’école dans le Nouvel Obs,ainsi que des infos sur les licences professionnelles.
Mais il faut surtout lire le dossier sur les fonctionnaires dans le Figaro. Un monument d’idéologie libérale…
Bonne lecture
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Le Nouvel Observateur du jeudi 27 janvier 2005 -

Piégées dès l’école
Au moment de choisir leur voie, leur futur métier, les filles se croient libres, «comme un garçon»... Pourtant, elles persistent à s’orienter en masse vers les diplômes et les disciplines les moins cotés. Question de pression sociale. Là où les garçons se préoccupent de gagner leur vie le mieux possible, les filles restent, elles, soumises à d’autres objectifs. «Elles continuent à mobiliser les "aptitudes" et les "qualités" autrefois prisées chez les maîtresses de maison: diplômes littéraires, culture générale et artistique, aptitude à communiquer, aux relations humaines, sens du dévouement», constate Dominique Epiphane, sociologue au Céreq (Centre d’Etudes et de Recherches sur les Qualifications). Un éternel féminin si coriace que, malgré l’explosion du travail des femmes, celles-ci restent massées sur une poignée de métiers et formations emblématiques. Secrétariat, enseignement, professions paramédicales et sociales, etc. Elles s’y font une concurrence préjudiciable et se trouvent ainsi davantage frappées par le chômage, la précarité et la déqualification.
Prisonnières d’une certaine image d’elles-mêmes, croyant répondre à une attirance «naturelle», les filles n’investissent pas assez les «bonnes» filières, celles qui donnent accès aux métiers les plus recherchés, les mieux rémunérés. Résultat, aujourd’hui encore 20% seulement des ingénieurs sont des femmes. Les lycéennes, les étudiantes manquent d’audace face à des cursus réputés difficiles. Question d’objectifs, de priorités personnelles et de manque de confiance en soi. Les filles, pourtant meilleures que les garçons jusqu’au bac, sont trop modestes. A notes égales, là où un garçon s’inscrit sans hésitation en classe prépa, une fille n’ose pas.
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Sciences-Po vu de Bondy

Depuis deux ans, les lycéens de Jean-Renoir peuvent préparer le concours d’entrée à l’Institut d’Etudes politiques de Paris. Comment le vivent-ils? Qu’en attendent-ils? Reportage
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Université :attention, tout change!
Sans bruit, nos facs sont en train d’accomplir une véritable révolution.Devançant le calendrier, dès la rentrée prochaine toutes seront à l’heure du LMD,le nouveau standard européen. Et tout est différent
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Licences professionnelles : gare aux contresens
Au moment où on a créé les licences professionnelles, en 2000, le ministère insistait beaucoup sur le fait qu’il s’agissait là de licences à part entière. Quatre ans plus tard, ces nouveaux bacs+3 tiennent pour la plupart leurs promesses en terme d’emploi, mais nombreux sont les étudiants qui souhaitent poursuivre en bac+4 ou +5 et là, surprise, ils découvrent que, contrairement aux licences traditionnelles, pour eux l’inscription en première année de master n’est pas de plein droit.
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Le Point du 27 janvier 2005

Rien vu...


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L'Express du 24 janvier 2005

Ecoles-entreprises Voisinage à risques

Apprentissage, cours sponsorisés, conventions d'études… Entre l'enseignement supérieur et les milieux économiques, les relations ne cessent de se développer. Un rapprochement profitable aux établissements, mais dont les conséquences font question
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Le Figaro-Madame/ Figaro Magazine samedi 29 janvier 2005

Fonctionnaires : la vérité
Mais que veulent les syndicats de fonctionnaires quand ils se mobilisent pour une grève nationale ? Toujours plus ? Mais plus de quoi, exactement ? Et jusqu'où ? L'enquête du «Figaro Magazine» sur le terrain.
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Moins bien payés ?

Les fonctionnaires sont, pour la plupart d'entre eux, persuadés d'être moins bien lotis que les salariés du privé. Les chiffres, pourtant, démontrent le contraire. Lire la suite de l’article

La vérité sur les salaires
D'un côté, le ministère, qui observe que la fiche de paie de l'immense majorité des fonctionnaires augmente plus vite que les prix, sous l'effet conjugué des augmentations indiciaires (les mêmes pour tous, en pourcentage du traitement brut), des augmentations catégorielles (décidées en cours d'année, souvent sous la pression d'une grève) et des augmentations individuelles (avancement à l'ancienneté ou promotions). De l'autre côté, les syndicats, qui se refusent à prendre en compte toute autre augmentation que celle du point d'indice, au prétexte qu'elle est la seule à s'appliquer de façon systématique, uniforme, et donc «égalitaire», à l'ensemble des 5 millions de fonctionnaires en activité... Mais ce raisonnement est très contestable. Le point d'indice étant - comme son nom l'indique - un pourcentage, l'augmentation du traitement brut qui en dépend est d'autant plus élevée que ce traitement l'est déjà : les fonctionnaires les mieux payés sont ceux qui y gagnent le plus, et inversement. Le fait qu'il s'agisse d'une mesure «uniforme» ne suffit donc pas, au contraire, à la rendre «égalitaire».


Ce qui le serait, en revanche, c'est ce que préconise l'actuel ministre de la Fonction publique, Renaud Dutreil : cesser d'augmenter tout le monde du même pourcentage, et mener enfin une véritable politique salariale, à la fois moins coûteuse et plus juste, ciblée sur les fonctionnaires les plus performants, ceux qui gagnent le moins, et ceux dont la carrière a cessé d'évoluer.Lire la suite de l’article

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Politis du 27 janvier 2005

Voir Auschwitz

Dans la profusion éditoriale qui accompagne cet anniversaire, Auschwitz, 60 ans après, le livre d’Annette Wieviorka (Robert Laffont, 300 p., 20 euros.), en est un excellent exemple. Non seulement parce que son auteur est une éminente spécialiste de l’histoire des juifs au XXe siècle et du génocide. Mais surtout parce qu’elle retrace l’histoire du camp d’Auschwitz et de son extension, Birkenau, en gardant toujours en perspective ce qu’il est devenu aujourd’hui, après ses destructions, ses transformations, sa muséification. Outre le souci de clarté et d’exactitude dont elle fait preuve à propos de l’élaboration du camp de concentration puis d’extermination, de la complexité de son fonctionnement, ou du sort des différents arrivants, on lui sait gré de n’écarter aucune des interrogations, des controverses ou des polémiques qui ont surgi depuis soixante ans. […]
Avec un certain courage, une émotion palpable, et alors même qu’Auschwitz, 60 ans après a pour objectif d’éclairer le regard du visiteur d’aujourd’hui, explicitement interpellé mais jamais méprisé, l’historienne s’interroge sur l’effet que peut avoir la visite d’Auschwitz sur les jeunes, sur les élèves, même bien préparés. « Qu’ont-ils vu à Auschwitz ? », se demande-t-elle, en écho à la phrase ouvrant le film d’Alain Resnais, Hiroshima mon amour : « Tu n’as rien vu à Hiroshima. »
Or, avec les nouvelles générations, c’est effectivement sur le visible que porte en grande partie l’enjeu de la transmission. Ce qui est visible sur les lieux, et surtout sur les images. Mais, réputée « impensable »par certains, on dit aussi de la Shoah qu’elle est sans images, autrement dit « inimaginable ».Lire la suite de l’article

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Marianne du 27 janvier 2005


Rien vu...


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vendredi, janvier 28, 2005

Revue de presse du vendredi 28 janvier 2005

Le suicide d’un adolescent est toujours une tragédie. Que l'on soit élève ou prof, on se sent toujours coupable de ne pas avoir su voir suffisamment, de n'avoir pas fait assez... Plusieurs évènements récents m’amènent à mettre l’accent sur ce thème. Le suicide de Noémie, 15 ans, (qui l’avait annoncé sur son blog) est l’occasion de réfléchir sur ce qui est une des principales causes de mortalité chez les adolescents. Il incite aussi à la vigilance et à l’écoute. C’est là notre responsabilité d’adulte.


Bonne Lecture...
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Libération du 28/01/05


La mort à 15 ans au cap Gris-Nez
Elles étaient amies. Noémie, 15 ans, et Clémence, 14 ans. La première est morte, l'autre a disparu. Le corps de Noémie a été retrouvé mercredi après-midi en contrebas des falaises majestueuses du cap Gris-Nez (Pas-de-Calais), face à l'Angleterre. Son corps portait des traces de sa chute dans les rochers, mais pas de traces de pressions qui laisseraient croire qu'elle se serait débattue. Peu de temps avant sa chute, ses poignets ont saigné, comme si elle s'était ouvert les veines.
Mardi matin, Noémie est allée au collège, comme d'habitude. Mais elle a séché l'après-midi. Elle donnait l'impression d'être «timide et renfermée», selon la principale du collège Jean-Monnet de Coulogne. .[…]
Près de son lycée, les élèves racontent que Clémence, dernière d'une fratrie de cinq, écrivait sur son skyblog, journal intime sur le Net, «des poèmes sur la mort». Mais d'autres filles racontent qu'elle était «rigolote, fofolle, toujours gaie». Jolie, des mèches de cheveux rouges, un sac en bandoulière griffonné d'écritures qui lui cognait le genou, des pantalons larges. «Elle balançait des boulettes sur le prof», assure une élève de son lycée qui a découvert sa disparition sur un chat, sur Internet, mercredi soir : «Une fille avait mis sa photo en fond d'écran, et elle avait écrit "Tu seras toujours dans mon coeur". J'ai fait le rapprochement avec la fille qui avait disparu.» Tout le monde la décrit comme «tonique».[…]
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«Le mobile, étape initiatique des ados»
Céline Metton, doctorante à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), prépare une thèse sur les façons dont les adolescents s'emparent des nouvelles technologies. Elle y étudie en particulier leurs usages du téléphone portable.
En quoi cet «outil de communication individualisé» modifie-t-il les comportements des adolescents ?
Le téléphone portable joue un rôle symbolique dans l'entrée dans l'adolescence. Avec lui, on a le sentiment de devenir grand. Pour les 10-12 ans, le portable offre la possibilité de se détacher du foyer, tout en y restant fidèle. Et de transgresser la règle. On obéit aux parents qui ordonnent d'aller au lit, mais on envoie depuis sa chambre des SMS aux copains. C'est un symbole de liberté et de sociabilité. Et on le personnalise (coque, sonnerie, logos) pour qu'il donne à voir de soi. Les parents, ou les aînés, cèdent leur ancien modèle aux plus jeunes. Un peu comme on se passe les vêtements dans une fratrie. Mais récupérer un vieux portable, un «frigo» comme disent les ados, c'est la honte. Alors, quand un adolescent en acquiert un vraiment à lui, c'est un peu la même fierté qu'à l'occasion de la première voiture, une pratique initiatique.
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Les jeunes, une cible en or
Tous les ados n'ont pas encore un mobile. Un tiers des 12-17 ans fait encore de la résistance. Mais leur nombre, tous les ans, s'effrite. C'est ce que révèle une étude à paraître du Credoc, réalisée à la demande de l'ART (Autorité de régulation des télécoms). La possession personnelle d'un mobile a fait chez les ados un bond de 63 à 66 % en l'espace d'un an. Les jeunes sont en bonne voie de rattraper leurs aînés, les 18-24 ans, arrivés à saturation, et dotés d'un mobile à 91 %.
Les ados sont aussi des champions du SMS : un jeune sur deux (entre 12 et 17 ans) en expédie plus de dix par semaine et ils sont tout à fait rompus aux nouveaux usages, révèle encore l'étude, comme la navigation depuis leur mobile sur les sites Internet, pratiquée par un jeune sur cinq. On s'équipe aussi de plus en plus jeune. Selon TNS Media Intelligence, un institut d'études, 6 % des 8 à 10 ans ont eux aussi leur portable.
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Maître Ferry distribue bons et mauvais points Par Emmanuel DAVIDENKOFF

Comment peut-on être ministre ? Essai sur la gouvernabilité des démocraties, par Luc Ferry, Plon, 296 pp.,
19,50 €.
L'ex-ministre de l'Education fait le plaidoyer de son impuissance et de ses contradictions de politique... sans contradicteurs.
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Le Figaro du 28/01/05


Mourir à 15 ans pour un chagrin d'amour
C'est le drame d'une adolescence fragile devant lequel les adultes restent sans voix. Noémie, 14 ans, et Clémence, 15 ans, étaient bonnes copines et se voyaient souvent, l'une habitant Calais et l'autre ses faubourgs. Le corps de l'une d'elles a été repêché hier après-midi, au large du cap Blanc-Nez, près de Calais. Les enquêteurs penchaient hier soir pour un double suicide, même si l'autre jeune fille était toujours recherchée
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L'Humanité du 28/01/05


« La mémoire a besoin d’un enseignement politique qui fasse sens » (édition du 27-01-05)
Un entretien avec Georges Bensoussan. Professeur d’histoire et de géographie de l’enseignement public, il est depuis cinq ans détaché auprès du Centre de documentation juive contemporaine (CDJC). Il est rédacteur en chef de la Revue d’histoire de la Shoah et responsable du secteur éditorial.[…]
Les problèmes rencontrés par la France dans l’intégration d’une partie des populations d’immigration, en particulier arabes et africaines, se répercutent sur l’enseignement de la Shoah. Il existe dans les banlieues un ressentiment qui, à l’instigation d’une minorité, finit par se focaliser sur « les juifs », entité abstraite et diabolique qui contrôlerait tout, le pouvoir, les médias, l’argent... Abusivement réduite à la Shoah, la mémoire juive est perçue comme envahissante : « Il y en a que pour eux. » Nous sommes là dans la concurrence des victimes et dans une cristallisation du ressentiment. Mais aussi dans une figure classique de l’histoire connue sous le terme d’« antisémitisme plébéien », l’antisémitisme des laissés-pour-compte, des pauvres, des rejetés, des exclus.[...]
Un enseignement politique de la Shoah ne peut se cantonner à l’apologie de la tolérance et à la stigmatisation du discours d’exclusion de l’autre. Il lui faut éclairer trois questions : Qu’est-ce qui caractérise le génocide juif ? Quels sont les jalons de la conception du crime de masse par l’Allemagne nazie ? Qu’est-ce qui a conduit une partie du monde occidental à l’accepter ? Rien n’était inscrit, ni donné d’avance. Ce n’est pas parce que Hitler avait pris le pouvoir et tenait des propos génocidaires que le passage à l’acte était inévitable. […]le nazisme a été condamné, déclaré entreprise criminelle et banni, mais nous continuons à penser la barbarie et la modernité antinomiques, alors que le nazisme a associé les deux. L’eugénisme économique ne demeure-t-il pas au cœur des évolutions de notre société, l’individu marchandise ne valant qu’à l’aune de sa fonction productive ? La vigilance du citoyen face à la puissance sans précédent de l’État ne constitue-t-elle pas un impératif jusque dans nos sociétés démocratiques ? Il n’y a pas de politique génocidaire sans un appareil d’État. Il ne s’agit en rien de tenir un discours populiste sur l’État. L’État garant du droit et acteur de la solidarité fut une grande avancée. Reste que, dans notre société occidentale, en Europe, l’État génocidaire et ses comparses sont issus de sociétés démocratiques. Si « devoir de mémoire » il y a, il ne doit pas être érigé en une religion civile, mais fonder une réflexion exigeante sur notre société et son devenir.
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Plateau télé.Boulette

Pour Warhol, avec le petit écran, chacun allait avoir « son quart d’heure de gloire ». Mais attention, la notoriété fugace parce que cathodique, peut-être à double tranchant. En gros, même si nombreux sont ceux qui gagnent leur vie ainsi, mieux vaut ne pas y dire de conneries. Ainsi, mardi, énième sujet dans le JT de Pujadas sur le tsunami.[…] Et pourtant, notre curiosité est éveillée par une boulette, une phrase malheureuse d’ironie involontaire et cinglante, cet ersatz de mauvais goût dont la seule excuse est de ne pas être intentionnel. Un prof, face à sa classe qui, parce qu’elle a dans ses rangs une rescapée, a réuni près de 500 euros pour aider les victimes de la catastrophe naturelle : « C’est bien. C’est très bien. Même si ça n’est qu’une goutte d’eau dans l’océan. » Et la classe d’applaudir.
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Le Parisien du 28/01/05


Clémence avait annoncé son suicide sur Internet
La teneur du message laissé sur Internet ne laisse guère d'espoir : l'adolescente a vraisemblablement mis fin à ses jours, un projet qu'elle avait annoncé dès la mi-novembre sur son « blog » personnel, sorte de journal intime que tous les internautes ont pu lire pendant des semaines. Ces messages dévoilent au fil de trente-trois pages la détresse d'une adolescente tourmentée par une déception amoureuse. Son petit ami l'a quittée. Clémence ne le supporte pas. La vie n'a plus de goût. La jeune fille va ainsi décrire ses sombres états d'âme pendant des semaines à travers des textes, des poèmes, souvent illustrés de photos d'elle, de son amoureux, de clichés d'amis... Combien d'internautes ont lu les inquiétantes confidences d'une adolescente attirée par le côté sombre des choses ? Impossible à dire.
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La Croix du 28/01/05


Rien vu...


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20 minutes du 28/01/05


Fontenay:lycéens toujours en grève
En grève depuis lundi, les élèves du lycée Pablo-Picasso de Fontenay-sous-Bois (Val-de-Marne) ont manifesté hier à Saint-Mandé. Ils réclament la titularisation d’un de leurs professeurs, employé comme vacataire, dont le contrat s’est achevé en fin de semaine dernière. Ils ont été rejoints par des lycéens de Vincennes et de Nogent.
« 300 professeurs vacataires dans le département du Val-de-Marne et des milliers en France se retrouvent sans rien quand ils ont terminé leurs 200 heures », a déploré Jean-François Voguet (PCF), sénateur-maire de Fontenay, qui devrait être reçu parmi une délégation au ministère de l’Education nationale à ce sujet.
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Ouest-France du 28/01/05


Le choc des images, le poids de la réflexion
« Les élèves sont à ce point abreuvés d'images d'actualité sanglantes, de commentaires se référant au mot 'génocide', qu'il est parfois difficile de leur faire admettre que la Shoah est un génocide différent des autres. » Au moment où l'Europe se recueille à Auschwitz, cette réflexion d'un professeur d'histoire, sur une certaine difficulté à faire comprendre la place de l'extermination des Juifs dans l'histoire, doit être écoutée.
[…]Alors, choisissons la pédagogie et la réflexion contre le choc des images. Et faisons nôtre cette mise en garde de l'historienne Annette Wieviorka : « Si rien n'a été transmis avant, le voyage à Auschwitz est inutile. »
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Le Monde daté du 29/01/05


Un rapport préconise la sélection des étudiants étrangers
C'est une note confidentielle d'une trentaine de pages qui devrait remuer le monde universitaire français. Rédigé par Josy Reiffers, ancien directeur adjoint de cabinet de Luc Ferry, le rapport remis le 15 novembre 2004 au ministre de l'éducation nationale, François Fillon, dresse un état des lieux assez sombre des conditions d'accueil des étudiants étrangers en France. Son auteur, qui a également été président de l'université Bordeaux-II, insiste en particulier sur la faible attractivité des universités françaises et plaide, en écho avec le débat sur les quotas d'immigrés (Le Monde du 20 janvier), pour la mise en place d'une sélection des étudiants.
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L'enjeu universitaire

La France est l'un des cinq pays qui accueillent le plus d'étudiants étrangers, avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et l'Australie. Dans un monde s'exprimant de plus en plus en anglais, ce résultat peut paraître honorable. Et bénéfique, si l'on considère qu'une partie de ce 1,9 million de jeunes qui étudient hors de leur pays pourrait devenir le véhicule privilégié de l'influence française.
Mais il ne faut pas entretenir d'illusions au sujet des 240 000 étudiants étrangers - dont 50 % en provenance d'Afrique et du Maghreb - formés aujourd'hui dans les universités et, pour une minorité, dans les grandes écoles françaises. Certes, le nombre de ces étudiants a augmenté de près de 90 000 en cinq ans, mais les chiffres recouvrent des réalités disparates. Le rapport rédigé par l'ancien directeur adjoint du cabinet de Luc Ferry, Josy Reiffers, montre que, faute d'une stratégie clairement affichée, mais aussi d'une capacité d'hébergement décente, la France peine à attirer les meilleurs éléments. Ceux-ci rêvent, avant tout, des grandes universités américaines ou britanniques. Même les élèves des lycées français à l'étranger préfèrent les universités anglo-saxonnes ![...]
Plutôt que de "faire du chiffre" et de bourrer les amphis d'étrangers, à seule fin d'obtenir plus de crédits de la Rue de Grenelle, sans politique de recrutement, de formation ni de suivi, les responsables des universités feraient mieux d'offrir des cursus intéressants et d'améliorer le logement des étudiants. Ceux-ci sont trop souvent hébergés, aujourd'hui, dans des bâtiments surpeuplés et dans des cités universitaires vétustes.
La France doit se doter d'une politique cohérente si elle veut tenir son rang dans l'enseignement supérieur et, par voie de conséquence, dans la recherche. Et si elle veut entretenir et développer, dans le monde, une influence intellectuelle et politique aujourd'hui incertaine.
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Les Etats-Unis tentent de convaincre qu'ils sont toujours "ouverts"
Le gouvernement américain essaie d'encourager les étudiants étrangers à revenir étudier aux Etats-Unis. Depuis les attentats de septembre 2001, leur nombre a baissé. En 2003-2004, le nombre de demandes d'inscription a été de 572 500, soit une diminution de 2,4 % par rapport à l'année précédente. Selon l'organisme centralisateur, l'Institute of International Education, c'est la première fois depuis 1971 que le nombre d'étudiants étrangers n'augmente pas.
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Deux adolescentes se seraient jetées d'une falaise à la suite d'un "pacte morbide"
Des photos d'anges et de scarifications, de multiples taches de sang, des poèmes qui parlent de mort et d'un grand amour déçu. Clémence, 14 ans, ne faisait plus mystère de son envie de mourir, qu'elle annonçait tous les jours ou presque dans les pages de son "blog", un journal intime qu'elle diffusait depuis le 15 novembre 2004 sur Internet. Pour se présenter, elle avait choisi un pseudonyme : "Ange-de-tristess".L'adolescente a disparu, mardi 25 janvier, trois jours après avoir posté un dernier message d'adieu sur son "Skyblog".[…]
Tristesse, colère, culpabilité... Au collège Claude-Monnet de Coulogne, deux psychologues ont reçu, jeudi, des dizaines d'élèves désemparés, les yeux souvent rougis. "Elle montrait toujours un air joyeux, elle était bien avec tout le monde, soupire, incrédule, une élève de troisième. Et puis lundi, il avait neigé, on se lançait des boules, elle nous a dit qu'elle ne reverrait plus jamais la neige."
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jeudi, janvier 27, 2005

Revue de presse du jeudi 27 janvier 2005

Vos journaux sont encore pleins aujourd’hui d’articles consacrés à Auschwitz. Je ne les ai pas tous sélectionné ici mais choisi uniquement ceux qui avaient un rapport avec l’enseignement.
Mais d’autres sujets sont évoqués. A lire en particulier un article sur la semaine de 45 heures des lycéens dans le Figaro qui n’oublie pas de pointer les contradictions du système (et des parents !) face à cette question de la réduction de la charge de travail.
On lira aussi dans le Monde, une réflexion sur l’application de la loi sur les délits non intentionnels. Les enseignants (et encore plus les chefs d’établissements) sont concernés par cette délicate question de la responsabilité.
Bonne Lecture...
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Libération du 27/01/05


Panne d'ascenseur social dans un lycée de Saint-Denis

Fût-elle justifiée, la décision tombe mal. Le ministère de l'Education nationale a décidé de fermer une de ses deux classes préparatoires aux grandes écoles d'ingénieurs implantée depuis dix-sept ans au lycée Paul-Eluard de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), établissement classé sensible. Le lycée, informé le 7 décembre selon le rectorat, affirme n'avoir appris la nouvelle que jeudi dernier. Date à laquelle il s'est mis en grève jusqu'à hier, sans obtenir satisfaction. Pourtant, enseignants et élèves n'ont pas lésiné sur les symboles.
Il y avait de quoi. Alors que François Fillon prétend, avec sa future loi d'orientation, remettre en marche l'ascenseur social, fermer une porte d'accès à l'élite aux élèves du 93 fait tache. A fortiori lorsque le motif avancé est purement comptable : avec onze élèves inscrits cette année, cette classe ne répond pas au cahier des charges académique. Dit autrement : l'Etat n'est pas prêt à donner plus à ceux qui ont moins à n'importe quel prix.
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Le Figaro du 27/01/05


La semaine de 45 heures des lycéens
Les lycéens travailleraient-ils plus que leurs parents ? Sans doute pas tous... Mais il suffit de se pencher sur les horaires officiels et d'y ajouter le travail demandé à la maison pour constater que l'emploi du temps d'un élève de lycée normalement assidu atteint vite 40 heures par semaine, souvent 45. Une charge importante au regard de l'évolution du temps de travail des adultes, surtout depuis l'émergence des 35 heures
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«Nos enfants en font trop, mais ils n'ont pas le choix»
Les parents qui se plaignent de la quantité de travail demandée au lycée ne manquent pas. Les parents qui dépensent une énergie folle à demander à leurs enfants d'en faire plus sont aussi nombreux. Pas étonnant : ce sont les mêmes !
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L'Humanité du 27/01/05


Jeunes, passage de témoins

Lundi, Jean-Pierre Raffarin, en présence du grand rabbin de France Joseph Sitruk, du cardinal Philippe Barbarin, archevêque de Lyon, et du président du conseil régional musulman Hamlaoui Mékachera, avait visité le mémorial d’Izieu (Ain), où une quarantaine d’enfants juifs furent raflés et envoyés dans les camps de la mort. Il s’agissait du premier déplacement d’un premier ministre sur ce lieu depuis son inauguration par le président François Mitterrand, en avril 1994. Joseph Sitruk, s’adressant à une trentaine d’élèves de troisième, a précisé : « Sachez que le racisme ne commence pas à la déportation, ni à l’élimination. Il commence à l’insulte. »
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La mémoire, la morale et l’histoire
Entretien avec Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherches au CNRS, auteur d’Auschwitz, soixante ans après.


[…]J’ai été professeur d’histoire pendant vingt ans et j’ai accompagné un voyage de lycéens en 1988. Je pense que quand on emmène des jeunes pour les éduquer, on ne peut pas leur parler comme s’ils étaient des graines de futurs nazis. Un éducateur enseigne pour construire un homme, il s’agit d’une sorte d’utopie de l’enseignant. Et il y a beaucoup de questions propres à l’organisation même des voyages. […]
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Le Parisien du 27/01/05


« Je compte sur vous pour ne pas oublier »
Maxi Librati garde son flegme et son élégance. Toujours. Souriant, il distille des formules qui font mouche en direction des lycéens qu'il accompagne régulièrement à Auschwitz. « Moi, je peux toujours être élégant, alors que ces salauds de nazis sont morts depuis longtemps », lâche-t-il, pince-sans-rire, en dévoilant une chemise de soie qu'il a lui-même dessinée. Elle masque le numéro de matricule 145922 tatoué sur son avant-bras.
Maxi a réussi dans la confection, il possède une boutique avenue Montaigne à Paris. « J'ai eu de la chance, avec une volonté incroyable de travailler. Mais la richesse n'est rien. La seule chose qui vaille la peine que l'on s'y intéresse, c'est comprendre pourquoi un nouveau génocide s'est produit au Rwanda en 1994, après celui des Juifs », médite-t-il en arpentant les vestiges du camp où il retourne dix fois par an. En décembre encore, des lycéens de Mantes-la-Jolie écoutaient cet homme de 80 ans, l'esprit pétillant, leur transmettre son « devoir de mémoire ».
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La Croix du 27/01/05


Auschwitz, lieu de mort et de mémoire
D’importantes cérémonies se dérouleront juedi 27 janvier sur le site du camp d’extermination nazi d’Auschwitz-Birkenau. Soixante ans après la libération du camp, la transmission de la mémoire est un enjeu déterminant
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20 minutes du 27/01/05


Retrouver le fil de l’histoire par l’école
Six cents élèves mobilisés depuis le début de l’année scolaire pour mieux connaître et mieux faire connaître la Shoah. Le lycée et collège Jacques-Decour à Paris (9e) s’est énormément investi pour organiser deux journées de la mémoire de l’Holocauste, aujourd’hui et demain. Mais le travail des enseignants et des élèves, toutes classes confondues, va bien au-delà. C’est aussi une manière d’appréhender l’histoire pour se l’approprier. Et pas seulement cette année, puisque ce thème est inscrit dans le projet d’école depuis 2003. « La question qui est posée, c’est comment enseigner la Shoah, explique Jacqueline Bensamoun, proviseure-adjoint. Il y a bien le socle, l’enseignement historique des faits, des dates, du contexte historique et économique. Mais ce n’est pas suffisant, il faut expliquer les mécanismes qui ont conduit à cette tragédie pour permettre de comprendre des faits difficiles à appréhender. Cela passe par des rencontres émotionnelles avec des témoins et des spécialistes capables de donner des outils aux élèves. »
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Ouest-France du 27/01/05


Rien vu...


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Le Monde daté du 28/01/05


La mémoire de la Shoah s'est construite par à-coups, au gré d'une succession de crises
Pourquoi paraît-on célébrer le 60e anniversaire de la fin du cauchemar concentrationnaire avec plus d'éclat encore que le cinquantenaire ? Pour Jean-Charles Szurek, un historien français qui travaille sur la mémoire de la Shoah en Pologne, "on a un sentiment de dernière fois".
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La délicate interprétation de la loi sur les délits non intentionnels
Alors que la justice examinera, à partir du lundi 31 janvier, les responsabilités dans l'affaire de l'incendie du tunnel du Mont-Blanc, la loi promue par le sénateur Pierre Fauchon en 2000 pour atténuer la responsabilité pénale des élus est diversement appliquée.
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Les enseignants soumis à des décisions contradictoires

L'affaire "Boubet", du nom d'un instituteur condamné à cinq mois d'emprisonnement avec sursis pour homicide involontaire, a laissé les enseignants désemparés face à l'exercice de leurs responsabilités. Alors qu'ils se croyaient à l'abri des risques de "judiciarisation excessive" grâce à la loi Fauchon, la confirmation, le 2 décembre 2004 en appel, de la condamnation de Philippe Boubet les a plongés dans un sentiment d'insécurité en attendant la décision de la Cour de cassation sur cette affaire.
Les faits remontent au 20 décembre 1996. A la veille des vacances de Noël, au deuxième étage de l'école Victor-Hugo d'Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), M. Boubet terminait les préparatifs pour un départ prochain en classe de neige. Pendant ce temps, ses élèves de CM1-CM2 écoutaient de la musique, dansaient ou faisaient des jeux de société. Sarah, 10 ans, avait quitté la table, où elle jouait aux échecs, puis pris une chaise pour monter sur le rebord de la fenêtre de laquelle elle était tombée.
Considérant que M. Boubet "connaissait la dangerosité liée à l'ouverture des fenêtres" ; que la probabilité que les enfants s'assoient sur leur rebord "était d'autant plus grande" qu'ils avaient "une liberté accrue"dans la classe ce jour-là et que, préparant le départ en classe de neige, M. Boubet ne pouvait "s'acquitter de son devoir de surveillance avec une vigilance équivalente à celle qui était habituellement la sienne", la cour d'appel a conclu à une "faute caractérisée" de sa part.[…]
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mercredi, janvier 26, 2005

Revue de presse du mercredi 26 janvier 2005

Aujourd'hui, 100 000 handicapés sont accueillis de la maternelle à l'université, dont les deux tiers en primaire. Pourtant un amendement au projet de loi sur le handicap aurait eu pour conséquence de réduire la possibilité de scolariser les enfants handicapés. C’est ce qui a déclenché des actions de la part des parents. Plusieurs journaux reviennent aujourd’hui sur l’intégration des enfants en situation de handicap dans l’école. (Le Figaro, Le Parisien)
Vous trouverez aussi dans vos journaux toujours des articles sur le 60ème anniversaire de la libération des camps. (Libération, Le Monde
Bonne Lecture...
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Libération du 26/01/05


Pédagogie d'Auschwitz Par Pierre MARCELLE
Souhaitons, souhaitons très fort que caméras et commémorations ne viennent pas, à la douleur indicible et aux larmes inépuisables, faire fonction de viatique avant que, le jour d'après ou le mois suivant, tout se poursuive comme devant ; ou que tout recommence. Communier dans cette humanité, pleurer pour soulager cette douleur, oui. Même en sachant la vanité d'une l'entreprise ? Oui. Même en sachant la vanité des «Plus jamais ça», que les anéantis n'en reviendront pas, et que d'autres suivront. Oui. Entendre, cependant, le risque qu'évoque la Licra, de «contre-productivité» d'un «travail de mémoire» qui s'arrêterait à des incantations, et où l'exclusion de deux gamins d'un lycée de Montreuil ferait fonction d'exorcisme. Il ne s'agit pas de les absoudre, ces deux-là qui, lors d'une visite scolaire au camp d'extermination d'Auschwitz, insultèrent les exterminés. Il s'agit de rappeler que la pédagogie ne se nourrit pas seulement de livres, de films et de leçons, bien emballés dans un «socle minimal» (ou une pierre tombale) ; elle se nourrit aussi de l'actualité de son objet.[…] Et de même ne pourront-ils s'empêcher de comparer leur sort à celui de ce Bruno Gollnisch, du FN, toujours professeur d'université, lui, après qu'il eut contesté la réalité de ces chambres à gaz qu'on leur reproche à eux d'avoir profanées. Ils se demanderont de la sorte si sera exclu de la succession du trône d'Angleterre ce prince Harry, autrement nanti en capital culturel, lui, après qu'il se fut déguisé en officier nazi. Mais Gollnisch insinuait et le prince s'amusait. On les tancera. Le vice du premier et la dérision du second ne sauraient, n'est-ce pas, se comparer à leur propre irresponsabilité. C'est vrai : Bruno et Harry, eux, ont agi responsablement.
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Le Figaro du 26/01/05


Vers un meilleur accueil des enfants handicapés à l'école
L'accès des enfants handicapés à l'école dite «ordinaire» a été l'objet, hier, d'une ultime épreuve de force entre parlementaires et associations à l'occasion de la mise au point finale du projet de loi sur le handicap. Députés et sénateurs de la commission mixte paritaire ont partiellement satisfait les représentants de parents qui souhaitent avoir plus de poids dans la décision de scolariser ou non leur enfant dans des écoles comme les autres.
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Chirac : «L'antisémitisme n'est pas une opinion, c'est une perversion»
Jacques Chirac a inauguré hier le mémorial de la Shoah à Paris, tandis que Simone Veil est revenue à Drancy, quelque soixante ans après y avoir été internée. Elle y a rencontré quatre classes de Seine-Saint-Denis qui ont travaillé sur le thème de la déportation.
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L'Humanité du 26/01/05


La France rappelle la Shoah à sa mémoire
Après trois années de travaux, le bâtiment ouvrira ses portes au public demain, jeudi 27 janvier, date du 60e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz. L’ancien mémorial du Martyr juif inconnu, jusqu’alors centre de recherche, se fait aujourd’hui musée. « Parce qu’il faut utiliser cette période pour prévenir l’homme contre lui-même », explique Éric de Rothschild, président de la structure. « Parce que jamais la chaîne des souvenirs ne doit se rompre », dira quant à lui Jacques Chirac.
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Le Parisien du 26/01/05


Les parents combattent la nouvelle loi handicap

Les parents d'enfants handicapés ne baissent pas les bras. Le Parlement, pourtant, vient de leur compliquer encore la vie, juge l'association Grandir à l'école, après l'adoption définitive, hier, d'un article polémique de la nouvelle loi sur le handicap. Il instaure une procédure de conciliation pour rechercher un terrain d'entente entre les parents et l'établissement scolaire. Mais, pour l'association, qui milite pour l'intégration scolaire des petits handicapés en milieu ordinaire, cette nouvelle procédure rendra « l'avis des parents presque inaudible ». Principale crainte : «Si l'établissement refuse de laisser l'enfant continuer son parcours à l'école, on ne pourra quasiment plus s'y opposer. Jusqu'à présent, même s'il fallait parfois se battre au tribunal administratif, les parents avaient le dernier mot », explique Bruno Dubois, président de Grandir à l'école.
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«L'école, c'est une sacrée chance pour Julia»
C'est une petite blondinette de 9 ans. Une écolière facétieuse à la langue bien pendue, énergique et souriante... mais différente.Malgré sa trisomie, c'est d'humeur légère que Julia file tous les matins sur le chemin de l'école Larmeroux, dans le centre de Vanves (Hauts-de-Seine). Elle y retrouve François, Anne-Lise, Victor et Margaux, ses amis qui, eux, ne sont pas nés avec un chromosome de « trop ». Elle se laisse entraîner dans de folles parties de cache-cache, joue au foot, à la marelle, rit aux éclats. Ni mascotte ni souffre-douleur. « Tout simplement à sa place, avec les autres », souffle Sophie Cluzel, sa maman
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Les familles « sèchent » l'école pour skier
«Les clubs de nos différents Paladien (NDLR : hôtels), à Morzine, à Tignes ou à La Plagne, sont en ce moment bourrés d'enfants. » C'est le constat de Nouvelles Frontières. « Ce sont surtout des écoliers de maternelle ou de petites classes en primaire, précise le voyagiste.Lorsqu'ils sont plus grands, vers 8 ans, les parents hésitent à leur faire rater l'école. » A la Maison de Savoie, on confirme la tendance : « Actuellement, on note une vraie demande des familles hors vacances scolaires. »
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Dominique, un instit à la neige
Montagnard pur sucre, cheveux poivre et sel, affable, Dominique Gandon, la cinquantaine, dirige l'activité Cartables à la neige au coeur de la station de sports d'hiver de Ceillac-en-Queyras qui culmine à 1 700 m d'altitude, près de Gap dans les Hautes-Alpes. Au centre d'une salle vaste et lumineuse, avec vue imprenable sur la montagne, la voix haute du maître d'école résonne : « Sortez vos cahiers. Le programme de votre instit. Et au travail ! », lance-t-il à ses écoliers en inscrivant à la craie ses nom et prénom au tableau.
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La Croix du 26/01/05


En famille, il faut savoir compter
Les enfants coûtent cher ! Il est néanmoins très difficile d’isoler, dans les budgets, les dépenses liées aux enfants, tant celles-ci sont partie intégrante de la vie de la famille. «En gros, on évalue la présence d’un enfant à un surcoût d’environ 20 % à chaque enfant de moins de 14 ans supplémentaire, et un surcoût de l’ordre de 30 % pour les plus de 14 ans», estime Jérôme Accardo, chef de la division «Conditions de vie des ménages» à l’Insee (lire Repères). Ce surcroît de consommation est financé en partie par des revenus plus élevés, notamment du fait de la redistribution (quotient familial, allocations…).
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20 minutes du 26/01/05


Rien vu...


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Ouest-France du 26/01/05


Retrouver l'esprit de découverte
Alors que nous sommes au seuil de l'inconnu, bouleversés par son immensité, entraînés par son mouvement infini, les chercheurs s'inquiètent de ce que la jeunesse se détourne de plus en plus des sciences en général et de la physique en particulier. C'est d'autant plus incompréhensible que cette dernière a « non seulement révolutionné notre compréhension de l'univers, mais également notre univers quotidien. Nous consommons chaque jour ses applications : la télévision, le téléphone portable, les lecteurs lasers... », observe le physicien Etienne Klein
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Le Monde daté du 27/01/05


Pour en finir avec le mot Holocauste, par Jacques Sebag
2005 célèbre le 60e anniversaire de la libération des camps. N'est-il pas de notre devoir de demander solennellement que la journée du 27 janvier, visant à perpétuer la mémoire des crimes nazis et nommée "Journée de la mémoire de l'Holocauste et de la prévention des crimes contre l'humanité", soit rebaptisée "Journée de la mémoire de la Shoah, du génocide nazi, et de la prévention des crimes contre l'humanité" ?
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mardi, janvier 25, 2005

Revue de presse du mardi 25 janvier 2005

« Transmettre, nécessairement transmettre » nous dit Samuel Pisar dans le Monde à propos de la Shoah. Oui, mais comment ? Le même journal rappelle que « L'attitude réfractaire de certains élèves oblige les enseignants à repenser leurs cours sur la Shoah ». Il propose un dossier très fourni et bien construit autour de cette question pédagogique. On retiendra en particulier l’interview d’Annette Wieviorka qui s’interroge sur l’utilité des voyages à Auschwitz et sur la nécessaire différence entre enseignement de l’histoire et morale.
" Nous nous donnons bonne conscience, alors que nous devrions nous inquiéter du monde que nous avons fait et dans lequel beaucoup de jeunes vivent dans des conditions déplorables. Que signifient nos leçons sur la République, l'intégration, l'antiracisme alors qu'ils subissent l'exclusion, les discriminations liées à leurs origines et ont tant de mal à imaginer leur place dans la société ? " ainsi conclut-elle son intervention.
Bonne Lecture...
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Libération du 25/01/05


Le scolaire sur le pied de guerre

Livre. Philippe Meirieu ravive, dans un essai libre de tout dogme, la vieille querelle des écoles.
Nous mettrons nos enfants à l'école publique... par Philippe Meirieu, Mille et Une Nuits,
112 pp., 9 €.
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Vice de forme de la réforme Fillon
Par Jean HOUSSAYE

Vu sous l'angle pédagogique, le projet de loi sur l'école de François Fillon pourrait à première vue, en dehors de l'habileté à vouloir satisfaire tout le monde a minima, paraître disparate. Or il y a une cohérence entre tous ces éléments de la loi et de son contexte : l'appel à revenir aux «bonnes vieilles méthodes qui ont fait leur preuve» ; l'incitation à restaurer l'autorité chez les enseignants ; le renforcement des redoublements ; la curieuse inscription dans le texte de la «liberté pédagogique de l'enseignant» ; le décrochage du bac des TPE (travaux personnels encadrés), emblème dérisoire de la dernière réforme des lycées ; l'institutionnalisation de trois heures de soutien pour les élèves qui ne maîtriseraient pas le socle commun de la scolarité obligatoire.
Quelle est la cohérence pédagogique de toutes ces mesures ? Tourner la page de ce qui a été inscrit dans les textes depuis plus de vingt ans et dont le nom n'est même pas prononcé ici : la pédagogie différenciée. Voici la victime cachée de la réforme. La pédagogie différenciée se voit ici signifier son arrêt de mort au profit d'un retour à la pédagogie traditionnelle.
[…]Le fait de dispenser le même enseignement dans la classe au même moment à l'ensemble des élèves produit de l'échec scolaire et ne permet surtout pas de répondre à un tel échec. La pédagogie de soutien, en tant que supplément pédagogique de la pédagogie traditionnelle, ne parviendra pas à renverser cette fabrication de l'échec, même si elle donnera bonne conscience aux acteurs. Et c'est pourquoi, en 1983, le ministre Savary prônera la pédagogie différenciée, véritable remise en cause et subversion du mode simultané. Elle deviendra la référence dans les textes officiels mais n'aura jamais les moyens de sa mise en oeuvre.
Fausse «nouveauté» mais véritable régression pédagogique, la pédagogie de soutien fait sortir du quotidien de la classe la question de la prise en compte des différences entre les élèves. A ce titre, elle justifie la pédagogie traditionnelle, l'encourage, lui donne bonne conscience. La loi Fillon sur l'école signe la mort de la pédagogie différenciée, le retour de la pédagogie de soutien et la restauration de la pédagogie traditionnelle.[…]
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Le Figaro du 25/01/05


Rien vu...


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L'Humanité du 25/01/05


Pas de prépa pour les ZEP
François Fillon maîtrise l’art du discours mais sa façon de faire manque de classe. De classe prépa, en l’occurrence, puisque ses services prévoient de supprimer celle du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis, dans le 93, seul établissement classé ZEP à disposer d’une telle section (l’Humanité du 24 janvier). Hier, plus d’un millier d’élèves ont débrayé et ont manifesté devant le ministère de l’Éducation afin de protester contre cette perspective.
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grève Les lycéens prennent vapeur
Jeudi dernier, à Nantes, les lycéens prenaient en masse la tête de la manifestation des services publics pour protester contre le projet de loi Fillon. Et depuis bientôt dix jours, leur colère explose ici et là dans les établissements. Ainsi hier, environ 400 élèves du lycée Adolphe-Chérioux à Vitry (94) votaient la grève reconductible et parlaient d’aller faire débrayer les établissements alentour. Au lycée Pablo-Picasso, à Fontenay, dans le Val-de-Marne, les jeunes se sont mis en grève et ont investi les couloirs afin de protester contre le « remerciement » d’un enseignant vacataire, dont le contrat - 200 heures non renouvelables - prend fin ce mois-ci. Autant de motifs qui laissent imaginer que ces actions pourraient, très vite, faire boule de neige. Ce qui, après tout, serait de saison.
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Le Parisien du 25/01/05


VOIX EXPRESS. Comment parlez-vous de la Shoah à vos enfants ?
Olivier 44 ANS « C'est un thème souvent abordé dans les médias. Et même si les images sont parfois dures, je ne tiens absolument pas à protéger mes trois enfants. Il faut créer un électrochoc sur les jeunes générations pour qu'elles n'oublient pas ce que fut cette atrocité.Mon travail de père, c'est de construire mon fils et mes deux filles au quotidien. Je les prépare à être responsable. »
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La Croix du 25/01/05


«Informer et sensibiliser les parents»
Selon le ministre de la santé et de la famille, qui reçoit mardi 25 janvier un rapport sur la pédo-pornographie sur Internet, «il faut informer et sensibiliser les parents»
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20 minutes du 25/01/05


Des lycéens en grève pour leur prof
Environ 250 élèves du lycée Pablo-Picasso de Fontenay-sous-Bois (94) ont manifesté hier après-midi devant le rectorat de Créteil pour obtenir l’intégration d’un de leurs profs de français, un vacataire dont le contrat s’achevait en fin de semaine dernière. Le matin, la plupart des élèves du lycée avaient déclenché une grève pour le même motif.
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Ouest-France du 25/01/05


Rien vu...


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Le Monde daté du 26/01/05


M. Chirac assure que "l'antisémitisme n'a pas sa place en France"
En inaugurant, mardi 25 janvier à Paris, le Mémorial de la Shoah, le chef de l'Etat devait rappeler aux Français leur devoir de mémoire à l'égard du martyre du peuple juif. Il invitait les enseignants à faire en sorte que leurs élèves "comprennent et n'oublient jamais".[…]
Se souvenir, transmettre. Le chef de l'Etat devait aussi adresser un message à l'école, comptant "sur tous les professeurs de France" pour amener leurs élèves au Mémorial, afin qu'ils "voient, comprennent et n'oublient jamais". Et se rendent compte qu'aucun propos antisémite n'est "excusable", ni "insignifiant". M. Chirac ne devait cependant pas évoquer le cas des deux élèves de Seine-Saint-Denis qui ont manifesté leur antisémitisme lors de leur voyage à Auschwitz (Le Monde daté 23-24 janvier).
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L'attitude réfractaire de certains élèves oblige les enseignants à repenser leurs cours sur la Shoah

Des élèves refusant de regarder le film d'Alain Resnais Nuit et brouillard. En plusieurs décennies d'enseignement de l'histoire, Marie-Paule Hervieu n'avait jamais fait face à pareil défi. C'était il y a trois ans. "Un petit groupe d'élèves de terminale ES s'est regroupé au fond de la salle. Ils ont abaissé leurs bonnets sur les yeux et se sont mis à faire du bruit, raconte cette professeure d'histoire d'un lycée parisien.Une élève m'a dit : "On en a assez du ressassement de l'histoire des juifs". Je me suis dit : le mot "ressassement" ne fait pas partie de son vocabulaire habituel : elle ne parle pas seulement en son nom. Je leur ai demandé de sortir de la classe. Plus tard, on en a reparlé, ils ont évolué. Au devoir suivant, ils ont choisi d'eux-mêmes le sujet sur la Shoah. C'est à la fois désespérant... et pas désespérant si l'on parvient à mettre les élèves devant des savoirs qu'ils n'ont pas."
Peut-on encore enseigner la Shoah dans les collèges et lycées français ?[…] Comment adapter sa pédagogie à ce contexte ? En replaçant la Shoah dans un rapport à l'humanité, aux droits de l'homme, plaide Mme Hervieu ; en la situant dans une perspective historique plus large, répond Nadine Lopes, enseignante au collège Jean-Moulin de Pontault-Combault (Seine-et-Marne). "J'explique que l'antisémitisme a existé avant Hitler, j'aborde l'affaire Dreyfus. Si l'on met en regard les valeurs de la démocratie et l'univers concentrationnaire, les gamins comprennent pourquoi ils n'en veulent pas." En confrontant les élèves aux témoins qui évoquent l'antisémitisme vécu en Pologne, la manière dont la IIIe République a refusé la naturalisation de leurs parents, ajoute Marie-Paule Hervieu. L'enseignante aguerrie critique ceux de ses collègues qui "prétendent transmettre des savoirs sans débat parce qu'ils ont peur de ne pas le maîtriser".
Les insuffisances de la formation des enseignants d'histoire sur le XXe siècle sont aussi dénoncées. De même que le report, depuis deux ans, de l'étude de la période 1939-1945 de la terminale vers la fin de l'année de première, en pleine période de week-ends à "ponts" et de fatigue. Signe aussi de sa mise à distance chronologique, la Shoah a disparu du baccalauréat.
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Entretien avec Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherches au CNRS"Si rien n'a été transmis avant, le voyage à Auschwitz est inutile"

« Je crois qu'il n'y a rien à voir à Auschwitz si on ne sait pas déjà ce qu'il y a à y voir. C'est un lieu. Or d'un lieu ne sourd aucun savoir. Le savoir, dans ce type de lieu, c'est celui que l'on apporte avec soi. Si rien n'a été transmis avant, le voyage à Auschwitz est inutile. Il faudrait se demander qui sont les jeunes que l'on emmène ainsi. Je me souviens d'un élève de BTS revenu ravi de sa journée parce qu'il avait pris son baptême de l'air. Dans la vie d'un adolescent, est-ce plus important d'avoir pris l'avion pour la première fois ou d'avoir été à Birkenau ? Les élèves se demandent aussi pourquoi on déploie toute cette énergie. Il est étonnant que l'on n'ait jamais fait une véritable enquête pour savoir ce qu'ils retirent de la visite et, avec le recul, ce que le voyage a produit chez les adultes qui l'ont fait voici dix ou quinze ans.[…]
Quels enseignements tirez-vous des incidents survenus avec les lycéens de Montreuil (Seine-Saint-Denis) -deux d'entre eux ont été exclus, dont un définitivement- lors d'un voyage à Auschwitz (Le Monde des 18 et 24 janvier) ?
Cette affaire pédagogique aurait dû être réglée à l'intérieur du lycée. Le comportement de l'adolescent qui a dit "Ils ont bien fait de les brûler" est évidemment inacceptable, mais à quoi sert-il de l'exclure ? Beaucoup de gens autour de moi, y compris des rescapés d'Auschwitz, sont choqués. Il aurait mieux valu l'obliger à travailler sur l'histoire du génocide. Quant à l'attitude de ceux qui se sont livrés à une bataille de boules de neige sur place, est-elle plus choquante que celle de cette journaliste que j'ai vue utiliser son portable depuis Auschwitz en lançant : "Devine où je suis !"?[…]
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D'abord enseigner l'histoire ou "devoir de mémoire" ?, par Sophie Ernst
philosophe de l'éducation, chargée d'études à l'institut national de recherche pédagogique.


Peut-on exprimer quelque inquiétude face à l'irrépressible vague du "devoir de mémoire", dès lors que la demande de transmission s'adresse spécifiquement à l'école ? On doit se souvenir que ce lieu spécifique a de multiples codes et contraintes de fonctionnement.Or l'exhortation aux enseignants est paradoxale : elle leur enjoint d'être à la hauteur du tragique et... de faire entrer ce tragique dans la routine du cadre scolaire. De faire éclater le cadre, dans le cadre.
Comment passer d'une sensibilité à vif, d'une focalisation médiatique aujourd'hui importante, demain oublieuse, à un régime institutionnel stable, régulier ? Comment marquer le caractère exceptionnel et le scandale moral de l'événement et l'intégrer dans un parcours scolaire fortement balisé ? Cet enseignement est difficile, et notre système scolaire ne sait pas bien le soutenir, accompagner les enseignants. Pas faute d'instructions officielles, de grande qualité, mais cela ne suffit pas pour un enseignement de masse.[…]
Proclamer un "devoir de mémoire"pour que "cela ne recommence pas", affirmer la nécessité d'une transmission aux jeunes, c'est vite dit, ça vous fait passer pour un antifasciste à bon compte. Et ce renvoi sur l'école permet d'économiser le véritable travail de réflexion collective. L'école ne peut pas tout, alors que les Français ont tendance à en attendre à la fois la régénération et la réparation de toute la société.
Il y a, pour chaque âge, une entrée possible, qui n'empêchera pas un approfondissement ultérieur. On n'a pas la même expérience ni les mêmes besoins à 10, à 15 et à 30 ans. Il faut peut-être toute une vie et une bonne dose de scepticisme pour comprendre en profondeur ce qui s'est passé, ce que fut le nazisme et pourquoi il advint. Et ce que peut l'école, elle le peut d'autant mieux qu'on ne lui donne pas des objectifs trop immenses, par elle seule supportés. Il est vain de croire qu'elle réussira à porter seule une réflexion que ses contemporains préfèrent éviter dans ce qu'elle a de plus dérangeant.
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Transmettre, nécessairement transmettre, par Samuel Pisar

Il y a soixante ans, les Russes libérèrent Auschwitz, pendant que les Américains s'approchaient de Dachau. Pour un rescapé de ces deux usines de la mort, se retrouver vivant après tant d'années frôle le surréalisme. Quand je suis entré, à 13 ans, dans l'enfer où Hitler éclipsa l'imagination de Dante, je mesurais mon espérance de vie en termes de jours, de semaines au plus.
Nous, les survivants, disparaissons les uns après les autres. Bientôt, l'Histoire parlera d'Auschwitz au mieux avec la voix impersonnelle des chercheurs et des romanciers, au pire avec la malveillance des révisionnistes et des provocateurs. Ce processus a commencé. Jeudi, les derniers d'entre nous, ainsi qu'une multitude de chefs d'Etat et de dignitaires, se rassembleront sur ce site maudit pour rappeler au monde que le passé peut devenir prologue ; que, dans les montagnes de cendres dispersées en cette paisible campagne polonaise où sombra jadis la barque de l'humanité, on peut discerner ce qui pourrait encore advenir.
Auschwitz, le plus grand abattoir humain de tous les temps, concerne non seulement ce passé, mais le présent et le futur d'un monde à nouveau enflammé, où la confluence entre idéologies fanatisées et moyens d'annihilation massive peut déclencher de nouvelles catastrophes. Pour en témoigner, je cherche la voix du petit "sous-homme" squelettique, le crâne rasé, les yeux noyés, qui vit encore en moi.[…]
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lundi, janvier 24, 2005

Revue de presse du lundi 24 janvier 2005

« Le monde se souvient des camps de la mort » C’est ce titre de Ouest France que j’ai choisi pour ouvrir cette chronique. La semaine sera en effet marquée par la commémoration de la libération des camps et donne lieu dans vos journaux à plusieurs dossiers assez complets sur ce sujet
Cela a, bien sûr, à voir avec l’éducation. Le «devoir de mémoire » n’est pas seulement l’affaire des profs d’histoire mais de tous. La connaissance est indispensable contre l’oubli et l’acte pédagogique consistant à préparer et sensibiliser est essentiel. C’est ce que nous rappelle cette regrettable affaire des « lycéens irrespectueux de la Shoah » (le Figaro, Le Monde). La proximité avec cette commémoration a évidemment fait monter la pression médiatique et a eu tendance à radicaliser les positions. Une question se pose : peut-on dire qu’il s’agit d’actes antisémites ou de provocations et de dérapages dans des comportements adolescents ? Il faut lire en tout cas la réponse de Claude Lanzmann, l’auteur de Shoah sur cette affaire (Le Parisien).
Bonne Lecture...
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Libération du 24/01/05


Au nom du père
par Gérard Pommier psychanalyste, maître de conférences (Nantes).

La filiation patronymique n'est pas seulement le véhicule de valeurs patriarcales. Elle garantit symboliquement à l'enfant sa place parmi les siens
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Le Figaro du 24/01/05


Sanctions contre des lycéens irrespectueux de la Shoah (édition du 22 janvier)
A Auschwitz, là où des centaines de milliers de juifs d'Europe furent anéantis, A., 16 ans, élève de première à Montreuil (Seine-Saint-Denis) avait lancé : «Ils ont bien fait de les brûler», tandis que quatre de ses camarades lycéens faisaient les imbéciles, prenant des photos dans des postures grotesques ou obscènes dans le musée.
A l'issue d'une contre-enquête, le rectorat de Créteil a confirmé hier les sanctions décidées le 10 décembre par le conseil de discipline du lycée Jean-Jaurès de Montreuil : l'exclusion définitive pour le premier, l'éviction temporaire pour un second, F., âgé de 17 ans, et des exclusions de huit jours pour les autres.
A l'époque, les lycéens avaient en partie reconnu les faits. Depuis, ils contestent la sanction et la désormais familière polémique sur la disproportion de la punition dans ces affaires de racisme et d'antisémitisme s'est installée. Des élèves se sont portés garant «du non antisémitisme» de A. Sa famille, effondrée, a produit des gages d'une éducation tolérante. Certains parents d'élèves évoquent un simple dérapage de gosses mal préparés et regrettent qu'un des «provocateurs» soit maintenant traité de «nazi». Enfin, certains racontent le mécontentement d'une partie des enseignants, après la «simple exclusion de huit jours» pour les trois premiers élèves mis en cause, décrits comme les vrais leaders. En conséquence, A. et F. ont ensuite été plus sévèrement sanctionnés.
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Droits et devoirs (édition du 21 janvier)
Quel fatras ! Il n'est pas facile de déterminer ce qui prime dans les revendications des enseignants, tant celles-ci sont multiformes. Elles concernent autant les salaires que les diminutions de postes, le pouvoir d'achat que le refus de plusieurs dispositions de la loi Fillon, moins anodine qu'elle ne paraît, moins décisive qu'il ne faudrait. Peut-être justement est-ce cet aspect «attrape-tout», évidemment voulu, qui explique le réel succès de la grève d'hier.
Les syndicats vont donc se réjouir d'une mobilisation qu'ils jugeront exemplaire. Le drame est que celle-ci s'ajoutera à des précédentes, tout aussi importantes, de la même manière que la réforme actuelle augmentera le nombre de celles qui ont déjà été tentées. Sans que ni les unes ni les autres ne parviennent à circonscrire le sinistre de l'enseignement. Au fond, l'échec est commun : pas plus que les braillements syndicaux, les espérances gouvernementales ne sont encore parvenues à bouger le bazar éducatif et à écorner la nomenklatura écolière.[…]
Que les enseignants réclament une augmentation de leur pouvoir d'achat, pourquoi pas ? Encore doivent-ils convenir que la nation est en droit de demander des contreparties et d'obtenir ce que ses réformes, démocratiquement votées, prévoient. Or, on est loin de ce bon sens puisque, le plus souvent, les organisations syndicales ne veulent entendre parler de rien en même temps qu'elles réclament tout. Beaucoup d'enseignants s'inquiètent de cette attitude absurde qui se conclut par l'échec scolaire. D'autres, en grand nombre hélas, ne veulent pas s'apercevoir qu'ils en font déjà les frais : ils perdent de leur prestige, ils décrochent du peloton de tête du pays, ils sont maintenant concurrencés dans leur charge, la plus belle qui soit, celle de transmettre le savoir. Pour le moment, la nation répond surtout à leur autisme par l'indifférence. Il n'est pas sûr qu'elle reste encore longtemps aussi passive.
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L'Humanité du 24/01/05


Chronique d’un soudain emballement médiatique (édition du 22 janvier)
Rappel des faits. Le vendredi 22 octobre, vers 15 h 30, à quelques heures des vacances de la Toussaint, deux ou trois enfants de la maternelle d’Altkirch malmènent une fillette de trois ans durant la récréation. Importantes ecchymoses sur le visage, griffures, morsures : la direction de l’école appelle le SAMU. Soignée à l’hôpital, la fillette est de retour chez elle en soirée. Choqués, les parents portent plainte le lendemain et alertent la presse.[…]
Cet emballement médiatique met en lumière le rôle crucial de l’AFP et des télévisions. La première dépêche de l’AFP joue le rôle de révélateur. Elle attire l’attention des médias nationaux, notamment des chaînes de télévision. Cependant, celles-ci ne peuvent traiter un sujet qu’à la condition de disposer d’images. La décision des parents de montrer des photos de leur fillette constitue sans doute le tournant dans l’affaire.[…]
Mais, en fin de compte, la rixe de la maternelle d’Altkirch était-elle banale ou bien exceptionnelle ? Selon le rectorat de Strasbourg, « il n’y a jamais eu en Alsace de cas de violence dans les maternelles avec ce niveau de gravité ». En revanche, au plan national, les statistiques de l’éducation nationale démentent toute augmentation significative du nombre d’agressions d’enfants par d’autres enfants dans les maternelles. La rixe de la maternelle d’Altkirch s’avère donc doublement exceptionnelle : par sa rareté et en raison de l’emballement médiatique dont elle fut le sujet.
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Pas de classe préparatoire pour les ZEP
Les enseignants et élèves du lycée Paul-Eluard de Saint-Denis ont appris, jeudi dernier, la fermeture de la classe préparatoire scientifique de leur établissement, en constatant sa disparition sur le serveur Internet des inscriptions. La nouvelle a déclenché dès vendredi une grève des enseignants dans l’unique lycée classé en ZEP accueillant une classe préparatoire. « Selon l’administration, le nombre d’élèves dans cette classe est insuffisant, indique Goulven Kervien, délégué départemental du SNES et professeur d’histoire à Paul-Eluard. Nous considérons au contraire que, dans ce département défavorisé, cette classe a permis à des centaines d’élèves de devenir ingénieurs. » Cette fermeture en catimini fait apparaître la « charte de l’égalité des chances et des formations d’excellence », signée en grande pompe par Fillon et Borloo pour ce qu’elle est : de la poudre aux yeux.
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Le Parisien du 24/01/05



France 3 consacre une nuit à «Shoah»
Un homme entonne une mélopée sur une barque qui glisse lentement le long d'une rivière. Nous sommes à Chelmno-sur-le-Ner, en Pologne, et la nature semble paisible. C'est pourtant là qu'une quarantaine d'années plus tôt, Simon Srebnik, l'homme qui chante, a été obligé, à l'âge de 13 ans et demi, d'enterrer les cadavres des Juifs qui venaient d'être gazés. Puis, plus tard, de les exhumer et de les brûler... Ainsi débute «Shoah», le film de Claude Lanzmann proposé ce soir, à partir de 20 h 55, sur France 3, à trois jours du soixantième anniversaire de la libération d'Auschwitz.
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Claude Lanzamnn « Une arme contre l'antisémitisme »
Des adolescents de Montreuil, partis avec leur classe à Auschwitz, viennent d'être exclus du lycée pour s'être mal tenus là-bas. L'un d'eux a dit « On a bien fait de les brûler. » Votre avis ?
Je suis contre ces exclusions, j'en ai un peu marre de cette pression considérable. Ces propos, évidemment, sont inacceptables. Mais, avec ces gosses-là, on part à Auschwitz le matin, on revient le soir, on les plonge d'un coup dans une piété absolue. C'est peut-être ça, l'effet pervers de « Shoah » : ces pèlerinages express, c'est devenu plus simple, au fond, que de regarder le film. Je sais bien que c'est compliqué pour les enseignants, je ne les critique surtout pas, mais Auschwitz n'est pas le pèlerinage absolu. Auschwitz, ça se mérite.
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La Croix du 24/01/05


Rien vu...


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20 minutes du 24/01/05


Centres éducatifs : premier bilan
Des résultats encourageants selon le garde des Sceaux. D’après des chiffres fournis par le ministère de la Justice, la moitié des mineurs placés en centres éducatifs fermés (CEF), dispositifs créés en 2002, ont un bilan positif durant leur placement.
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Un lycée ZEP de Saint-Denis s’accroche à sa classe prépa
Une grève pour sauvegarder l’exception. La classe préparatoire scientifique PCSI (physique, chimie, sciences de l’ingénieur) du lycée Paul-Eluard, à Saint-Denis (93), est la seule de France à être située en zone d’éducation prioritaire (ZEP). Tremplin vers de prestigieuses écoles d’ingénieurs, elle est pourtant menacée de fermeture, selon ses enseignants.
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Toulouse : A l’Insa, on apprend en pratiquant
Adieu les cours magistraux, vive l’apprentissage par projet et les cours à la carte. Depuis plus d’un an, les responsables pédagogiques de l’Institut national des sciences appliquées (Insa) à Toulouse ont mis en place une nouvelle technique d’enseignement auprès d’une partie de leurs étudiants. « Habituellement, les élèves acquièrent dans un premier temps des connaissances et les mettent en application à travers un projet. Avec “l’apprentissage par projet”, on inverse les choses », résume Bernard Bourret, directeur des études de l’Insa.
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« Pour faire de la science, il faut être bien ! »
Daniel Borderies
Responsable du Café des sciences et de la société*, organisé par le Sicoval.
Comment est né votre Café des sciences ?
Tout est parti en 1999. Nous étions en plein épisode de la vache folle, les gens émettaient des doutes envers la science. Nous avons voulu ouvrir un espace où chacun pourrait exprimer ses craintes.
Comment se déroulent vos soirées thématiques ?
Dans une ambiance conviviale. C’est comme pour le banquet de Platon : pour faire de la science, il faut être bien ! Nous mangeons, nous accueillons des jeunes musiciens et nous discutons autour d’un thème. C’est notre façon de montrer que la science fait aussi partie de la culture.
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Ouest-France du 24/01/05


Le monde se souvient des camps de la mort
Le 27 janvier 1945, il y a soixante ans, Auschwitz-Birkenau (Pologne) était le premier camp de la mort ouvert par les Soviétiques. Ce souvenir unique et terrifiant va donner lieu à de nombreuses cérémonies officielles, notamment aux Nations unies, aujourd'hui, et, jeudi, en Pologne. Regard sur l'histoire qui a conduit à l'Holocauste.
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Le Monde daté du 25/01/05


L'ignorance de la langue freine les échanges économiques entre la France et l'Allemagne (édition du 22 janvier)
« L'allemand, un atout pour des carrières en Europe » Le thème choisi cette année pour la journée franco-allemande du 22 janvier - instituée en janvier 2003 en France et en Allemagne - a été décliné toute la semaine dans de nombreuses écoles et institutions d'enseignement, et faisait l'objet vendredi 21 janvier d'un colloque à Paris sous l'égide des secrétaires généraux à la coopération franco-allemande, Claudie Haigneré et Hans Martin Bury. […]
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Confirmation des exclusions d'élèves après un voyage à Auschwitz (édition datée du 23-24 janvier)
Le recteur de Créteil, Bernard Saint-Girons, a confirmé, vendredi 21 janvier, les sanctions d'exclusion prises par le conseil de discipline du lycée Jean-Jaurès de Montreuil (Seine-Saint-Denis), les 9 et 10 décembre, contre deux élèves ayant eu "un comportement inacceptable" lors d'une visite du camp d'extermination d'Auschwitz, le 24 novembre. […]
M. Saint-Girons a, par ailleurs, annoncé la désignation d'une mission d'inspection "pour analyser les conditions dans lesquelles ce voyage a été préparé et observer le travail pédagogique de réparation" décidé par le chef d' établissement pour les élèves exclus provisoirement. Outre A. et F., trois élèves avaient été exclus pour huit jours et un pour une journée.
Cette mission aura également la responsabilité "de formuler des propositions de nature à suivre l'organisation et l'accompagnement pédagogiques de visites de lieux de mémoire". "S'il apparaît qu'on puisse tirer des éléments utiles pour l'organisation des voyages à venir, il faut pouvoir le dire", estime M. Saint-Girons.
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Les lycéens de Montreuil et le prince Harry, par Michel Retail enseignant, professeur d'histoire.
Le comportement de quelques lycéens d'un établissement de la banlieue parisienne, lors d'un voyage à Auschwitz, interroge. Agir comme l'ont fait ces adolescents dans le plus grand camp d'extermination nazi est choquant, une insulte à la mémoire des victimes.
Comment des adultes en responsabilité de les éduquer doivent-ils réagir ? Il n'est pas facile de répondre à cette question. Nous sommes tentés de faire preuve de la plus grande sévérité, sous l'emprise d'une indignation légitime afin, la sanction ayant valeur d'exemple, d'empêcher que de tels actes se reproduisent. Mais nous sommes des adultes face à des jeunes en situation d'apprentissage. La sanction est nécessaire, mais laquelle est utile en pareille circonstance ? Sans se battre la coulpe ni minimiser les actes, nous devons d'abord nous interroger sur la transmission du savoir. Visiblement, ces jeunes n'ont pas compris l'importance de la Shoah dans l'histoire contemporaine et celle de l'humanité.
Ce voyage, organisé en décembre, entrait sans doute dans le cadre de la célébration du soixantième anniversaire de la "découverte" des camps, selon le terme utilisé par Annette Wieviorka dans son dernier ouvrage, préféré à celui de "libération". La période choisie était ainsi davantage motivée par ce contexte que par les programmes scolaires. "La politique nazie d'extermination" figure bien au programme de la classe de première, mais elle est plutôt enseignée en fin d'année scolaire. Certes, ces jeunes viennent de collèges dans lesquels la seconde guerre mondiale est enseignée. Mais, aussi ahurissant que cela puisse paraître, la "volatilité" des connaissances s'applique également à un événement d'une telle ampleur.[…] tous les enseignants peuvent être confrontés à des situations où une minorité d'élèves dérape. Je me souviens ainsi d'un petit groupe, parmi mes élèves de troisième - pourtant censément préparés -, très indiscipliné, lors d'une visite au Mémorial de Caen.
Nous savons qu'un jeune est capable, dans le contexte d'un groupe, de se faire remarquer pour trouver une place. La transgression permet de grandir et nous sommes dans notre rôle d'adulte lorsque nous nous y opposons. Il y a sans aucun doute des degrés dans la transgression ; et celle qu'ont manifestée les lycéens de Montreuil est indigne, parce qu'elle s'est déroulée dans un lieu chargé d'une histoire très douloureuse. Mais il faut rappeler qu'au même moment le prince Harry s'est déguisé en SS pour se rendre intéressant lors d'un rallye. Cette idée bien saugrenue, qui dénote une absence étonnante de discernement, n'est pas si éloignée de l'affaire qui a récemment retenu notre attention. Il ne s'agit pas d'excuser la conduite de ces élèves, mais de la mettre en perspective ; et dire, aussi, qu'elle n'est pas l'apanage des seuls jeunes de banlieue.
Enfin, ce qui semble une évidence ne l'est pas nécessairement pour les jeunes d'aujourd'hui - et même pour certains adultes. La connaissance de la Shoah, la compassion pour les victimes, l'intérêt pour cette question, la conscience de l'événement ne sont pas universellement et a priori partagés. Des hommes et des femmes ordinaires peuvent, en toute bonne foi, tenir des propos simplistes, voire effrayants, sur la seconde guerre mondiale et plus précisément sur la question de la "solution finale". Ce qui rend l'enseignement de la Shoah plus nécessaire que jamais.
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La mémoire de la Shoah s'est construite par à-coups, au gré d'une succession de crises
Pourquoi paraît-on célébrer le 60e anniversaire de la fin du cauchemar concentrationnaire avec plus d'éclat encore que le cinquantenaire ? Pour Jean-Charles Szurek, un historien français qui travaille sur la mémoire de la Shoah en Pologne, "on a un sentiment de dernière fois". Comme ce fut le cas à l'été 2004 pour les célébrations du débarquement, le 60e anniversaire de l'entrée des troupes soviétiques à Auschwitz serait l'ultime rassemblement des survivants de l'événement. Pour Marie-Claire Lavabre, directrice de recherches au Cevipof et spécialiste de la mémoire collective, "on commémore d'autant plus qu'il y a de moins en moins de mémoire vive"[…]
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