vendredi, décembre 12, 2008

Revue de presse du vendredi 12 novembre 2008

La France a t-elle le profil grec ?
C’est la question à laquelle tente de répondre Laurent Joffrin dans un éditorial de Libération. Même s’il convient qu’il a toujours quelque risque à anticiper les mouvements sociaux, il considère qu’il y a quelque chose dans les différents mouvements où les profs et lycéens sont mobilisés qui ne demande qu’à s’agréger.
En tout cas, le même journal nous dit que le mouvement lycéen est observé avec beaucoup d’attention à l’Élysée. . Julien Dray,interviewé par Le Monde, estime que "le syndrome grec menace l'ensemble des pays parce qu'on est dans une crise très grave, avec une explosion des inégalités sociales". Le PS n'est pas le seul parti d'opposition à pointer ouvertement le risque.
Chez les Verts, Noël Mamère remarque que "les émeutiers grecs ne sont pas des anarchistes mais des gens formés à l'université" et impute la crise aux difficultés d'insertion que rencontrent de nombreux jeunes diplômés en Europe. Au Modem, Marielle de Sarnez pointe "le climat de dégradation extrême qui est celui de tout le système éducatif" français et insiste sur les mouvements de jeunes dans les lycées et les IUT. Comme le pointe Le Monde dans un tel contexte, le gouvernement navigue entre deux écueils : l'immobilisme et le trop-plein de réformes. A propos du lycée, on jugera sur pièces mardi prochain….

Quand on a un petit coup de mou, rien de tel qu’un article du Figaro Magazine pour vous réveiller… Ce texte d’Alexis Brezet concentre en quelques lignes et sous le titre “Le Mammouth et la piétaille”, tous les clichés et lieux communs sur les profs qui veulent toujours plus de moyens et sont incapables d’envisager le moindre changement. Merci, M.Brezet de ce texte qui permet de se requinquer et de savoir pourquoi on combat ces lieux communs et pourquoi on fait une revue de presse depuis plus de cinq ans…

Les "désobéisseurs" sont-ils en train de devenir un mouvement ? demandait le Café Pédagogique Les "désobéisseurs" ce sont les enseignants, généralement du premier degré, qui se sont proclamés en situation de "résistance" contre les mesures Darcos. Ils refusent de mettre en place les heures d'aide et d'appliquer les programmes de 2008.
Libération nous apprend que plusieurs d’entre eux se sont vus appliquer des retenues de salaires.
Au risque de répéter ce que nous disions dans une précédente chronique, les personnes qui font cela savent les risques qu’ils encourent et surtout que l’essentiel est dans la construction d’un rapport de forces.
Pour notre part, nous rappellerons surtout que nous aurions mieux compris s'il y avait eu la même sévérité pour ceux qui à l’époque avaient déclaré ne pas appliquer les programmes de 2002

Bonne Lecture...
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Libération du 12/12/08


A l’Elysée, la peur du dérapage
L’entourage du Président surveille de près les conflits, surtout chez les lycéens.
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La tension monte dans les lycées
Rassemblements marginaux mais violents, lycées occupés, proviseure agressée: le mouvement se radicalise. Les syndicats appellent à une journée d'action le jeudi 18 décembre contre les réformes Darcos.
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A vif
Editoral de Laurent Joffrin

Il y a toujours quelque risque à anticiper de vastes mouvements sociaux. […]Pourtant quelque chose d’insaisissable émane des conflits sociaux en cours, des mouvements de profs ou de lycéens, des protestations qui agitent tel ou tel secteur, telle ou telle profession. L’aggravation de la situation économique met à vif des difficultés anciennes : la précarité chiche dans laquelle vit une grande partie de la population, au premier chef la génération des 20-30 ans ; le recul constant de certains acquis sociaux au moment même où les revenus des classes les plus favorisées a augmenté comme jamais ; la stagnation du pouvoir d’achat plus d’un an après l’élection d’un président qui a fondé sa campagne sur son augmentation. L’Elysée, dit-on, observe avec intensité le moindre indice de révolte. Sage précaution : divisée, angoissée, désabusée, la France a le profil grec.
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Bruno Julliard se répète: c'est un scoop
Qui a lu le livre de Bruno Julliard "Génération CPE" (ed. Privé)? Le président de l'UNEF de l'époque y raconte le combat contre le Contrat Première Embauche, en 2006. Page 131, il évoque le double jeu de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur et ennemi juré du premier ministre Dominique de Villepin. Le 23 mars, il reçoit un coup de fil de lui. Les manifestations sont à leur apogée. "Il faut qu'on trouve une issue, dit Julliard, pour nous c'est le retrait du CPE". Sarkozy lui répond alors: "Je suis moi aussi pour le retrait". Puis les deux hommes évoquent les problèmes de violences dans les cortèges, la répression policière. En public, Sarkozy est bien sûr solidaire du gouvernement. Invité mercredi de la radio Le Mouv' et du site le post.fr, Julliard, qui vient d'être promu secrétaire national du PS à l'Education, a répété peu ou prou la même chose.
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Les profs «désobéisseurs» sanctionnés
Parce qu'ils refusent ouvertement d'appliquer les réformes Darcos, une dizaine d'instits ont des pénalités de salaire. La résistance s'organise sur la toile.
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Le Figaro du 12/12/08


Désobéissance de profs : 
de plus en plus de sanctions
Des syndicats d'enseignants appellent leurs adhérents à ne pas appliquer la réforme de l'école primaire.
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Le mouvement lycéen 
prend de l'ampleur
Au lendemain d'une journée de mobilisation nationale et malgré les déclarations de Xavier Darcos, les lycéens ont poursuivi leur mouvement jeudi. Des heurts ont eu lieu dans plusieurs villes de France.
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Bruno Julliard : «Sarkozy soutenait les anti-CPE»
L'ex-patron de l'Unef, aujourd'hui adjoint PS au maire de Paris, raconte que le ministre de l'Intérieur de l'époque l'avait appelé à la fin d'une manifestation pour l'assurer de «son plein soutien», sur fond de rivalité avec Dominique de Villepin.
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Le Monde daté du 12/12/08



La jeunesse grecque coincée entre chômage et bas salaires
L'explosion de colère sans précédent de la jeunesse grecque traduit un malaise profond, tant dans le secteur inadapté de l'éducation que dans le monde du travail, où les inégalités se sont creusées ces vingt dernières années.
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Diplômés mais déclassés, les jeunes des pays de l'Europe du Sud cumulent les difficultés
Milleuristes" espagnols, "generazione mille euro" à l'italienne, celle des 650 euros en Grèce, CPE en France... Les jeunes diplômés en pleine révolte en Grèce partagent, avec leurs voisins d'Europe du Sud, le triste record d'être payés au lance-pierre quand ils trouvent un emploi, précaire souvent. Diplômés mais déclassés, ils habitent chez papa et maman jusqu'à 30 ans et plus. Pour raisons financières, mais aussi, Méditerranée oblige, par attachement à la famille.
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Social, jeunesse, banlieues : la France gagnée par l'inquiétude
Il y a ceux qui en parlent ouvertement. Pour souffler sur les braises ou tout simplement prendre date. Et puis il y a ceux qui se taisent mais observent le phénomène avec une réelle inquiétude. La révolte des jeunes en Grèce peut-elle s'exporter en France ? "Oui", répondent en choeur Laurent Fabius et Julien Dray... "Ce qu'on voit en Grèce n'est pas du tout, malheureusement, hors du champ de ce qui peut arriver en France", a déclaré sur Europe 1 le député de Seine-Maritime, proche de Martine Aubry. Il souligne "la dépression économique, la désespérance sociale" et fustige "un gouvernement qui, vis-à-vis de la jeunesse, ne montre pas de compréhension". Proche de Ségolène Royal, Julien Dray estime que "le syndrome grec menace l'ensemble des pays parce qu'on est dans une crise très grave, avec une explosion des inégalités sociales". Le PS n'est pas le seul parti d'opposition à pointer ouvertement le risque.
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Le crachat au banc des accusés
Nul n'est censé ignorer la loi. Lorsqu'il s'est retourné au milieu d'une conversation pour cracher par terre devant son lycée, Madiale n'imaginait pas qu'il se retrouverait au banc des accusés quelques mois plus tard. Ce lycéen de 19 ans a cependant évité la condamnation, jeudi 11 décembre, devant le tribunal de police d'Evry (Essonne), le juge estimant que la citation à comparaître était irrégulière. Il risquait une amende de 3e classe, pouvant aller jusqu'à 450 euros, pour "non-respect d'un règlement sanitaire départemental", en vertu de l'article 7 du décret 2003-462 du 21 mai 2003.
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L’Humanité du 12/12/08 (un jour de retard)



Mobilisation tous azimuts dans l’éducation
École . Des centaines de manifestations, hier dans tout le pays, pour exiger du gouvernement qu’il « investisse » dans l’éducation. Xavier Darcos continue de balayer les critiques.
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Deux profs récalcitrantes convoquées
Deux enseignantes du premier degré refusent d’appliquer la réforme Darcos. Elles ont dû s’expliquer hier matin devant l’inspecteur d’académie.
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Les droits de l’enfant, un combat toujours d’actualité
Solidarité . Le directeur d’une association d’aide à l’enfance rappelle que des choix économiques se font au détriment des droits fondamentaux des plus jeunes.
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Une pétition demande la démission de Darcos
Lancée il y a deux semaines et demie, la pétition réclamant la démission de Xavier Darcos avait recueilli, hier, plus de 13 600 signatures électroniques. À l’origine de cet appel, une centaine de professeurs des écoles qui reprochent au ministre ses mesures prises depuis mai 2007 : suppression de la carte scolaire, nouveaux programmes, diminution de deux heures du temps hebdomadaire d’enseignement en primaire, suppression de 3 000 postes de RASED… « Nous voulons rester dignes de notre mission d’éducateur. Nous demandons que cessent la brutalité, la méfiance et le mépris. Nous demandons l’arrêt de cette politique et la démission du ministre qui l’incarne », conclut l’appel. Tous à vos souris !
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Le Parisien du 12/12/08



Jeu violent à l’école : la colère d’un père
JESSY, un petit écolier beauvaisien de 10 ans, a été victime du petit pont massacreur, vendredi dernier, dans la cour de récréation de l’école de l’Europe, à la Soie- Vauban. L’enfant croyait qu’il allait jouer au foot avec ses petits camarades, mais le jeu a rapidement dégénéré. Jessy s’est retrouvé plaqué au sol, frappé à la tête et aux jambes par ses camarades de CM 1 et CM 2.
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La Croix du 12/12/08



Rien vu...


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Les échos du 12/12/08



Enseignement supérieur : les directeurs d'IUT obtiennent des garanties financières à court terme
Les directeurs d'Instituts universitaires de technologie ont reçu l'assurance que leurs moyens seraient reconduits en 2009, au minimum à l'identique de 2008, une mesure accueillie favorablement, mais ils s'inquiètent sur le plus long terme, a déclaré l'association des directeurs d'IUT.

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20 minutes du 12/12/08



Athènes: «Ces émeutes traduisent un mal-être profond des jeunes Grecs»
Thalia Magioglou est chercheur en psychologie sociale à la Maison des sciences de l’homme à Paris. Elle revient sur les émeutes qui secouent Athènes depuis trois jours après qu’un jeune adolescent de 15 ans a été tué par un policier. Des affrontements qui traduisent une crise profonde de la jeunesse grecque, selon la spécialiste, et qui sont comparables aux émeutes de 2005 en France.
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Des étudiants et des lycéens appellent à manifester devant l'ambassade de Grèce à Paris
Alors que les manifestations tendent à perdre de leur vigueur en Grèce, les mouvements de solidarité se multiplient dans le reste de l'Europe. En France, après les événements devant le consulat de Grèce à Bordeaux et la fermeture de celui de Grenoble, des organisations étudiantes et lycéennes appellent à manifester, ce vendredi à 17h30, devant l'ambassade de Grèce à Paris.
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Le mouvement des lycéens ne faiblit pas dans l'ouest
Plusieurs milliers de lycéens ont manifesté à nouveau ce vendredi matin dans de nombreuses villes de l'ouest, notamment à Rennes, contre le projet de réforme des lycées, donnant lieu à quelques incidents à Brest et Nantes.
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La pensée de Dolto dans les esprits
Partout où l'enfant grandit, à l'école, à la crèche, dans le foyer familial, il y a un avant et un après-Dolto.
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Dolto : Une pédagogie désormais à côté de la plaque ?
Vingt ans après sa mort, les spécialistes de l'enfance s'écharpent encore sur les bienfaits et les dégâts supposés de la pensée de Françoise Dolto. Certes, plus personne n'ose remettre en cause le principe du respect de l'enfant en tant qu'être humain ayant droit à la parole, mais pour certains, ses conseils ne sont plus adaptés. « Ils étaient valables pour la jeunesse des années 1970 victime de refoulement et à l'estime de soi écrasée. Aujourd'hui le problème, c'est justement l'ego, le moi, le plaisir immédiat ! », s'insurge Didier Pleux, docteur en psychologie du développement et auteur de Génération Dolto (Odile Jacob), pour qui « Dolto doit rester une parenthèse ».
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Rue89 du 12/12/08



Témoignage Pourquoi j'ai choisi d'aller en IUT... et pourquoi j'y tiens
Benjamin, internaute de rue89, est étudiant à Besançon en IUT "information et communication". Après un collectif de profs à qui nous avions proposé de prendre la parole début novembre, cet étudiant vous propose son témoignage, alors que la mobilisation contre la loi LRU bat son plein.
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Ouest-France du 12/12/08



Le point dans l'Ouest sur la contestation lycéenne
Les blocus de lycées ont repris ce matin pour protester contre la loi Darcos et le Bac à la carte.
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Grèce : chez les « enragés » de Polytechnique
Après six jours d'échauffourées, les jeunes révoltés grecs se sont repliés dans les universitéset à l'École polytechnique d'Athènes. Ils cherchent un second souffle.
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Le Journal du Dimanche du 12/12/08



Lycée: La grogne s'étend
La tension chez les lycéens monte de jour en jour. Plusieurs manifestations ont eu lieu un peu partout en France, de très nombreux lycées sont bloqués par les élèves et quelques heurts entre policiers et jeunes ont eu lieu en cette nouvelle journée d'action. L'attitude de Xavier Darcos, qui commence à lâcher du lest, n'a pas calmé les élèves. Le mouvement commence à inquiéter les pouvoirs publics.
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Le Nouvel Obs Permanent du 12/12/08


L'Education nationale en grève en janvier
Les syndicats de l'Education n'ont pas encore fixé de date précise. Ils appellent à la mobilisation pour l'emploi, le pouvoir d'achat et "les conditions d'une relance économique".
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Lycéens : l'Unsa-Education condamne la violence
Le syndicat "condamne toute violence", tout en accusant le ministre de l'Education Xavier Darcos de "faire le jeu des plus radicaux" par son "mépris" du dialogue social.
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Les lycéens appelés à manifester le 18 décembre
L'Union nationale lycéenne, à l'origine de cette nouvelle mobilisation, les appelle également à occuper "les lycées avec les professeurs dans la nuit du 15 décembre".
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Manifestations : de nouveaux heurts entre police et lycéens à Brest
Parallèlement, les manifestations lycéennes reprennent dans plusieurs villes de l'Ouest, notamment à Rennes, Quimper et Caen, où plusieurs établissement ont été bloqués.
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5.000 lycéens ont manifesté à La Réunion
Ils protestaient contre le projet de réforme des lycées du gouvernement. Des incidents se sont produits avec la police.
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L’Express.fr du 12/12/08


Nouveaux heurts entre jeunes et policiers à Athènes
Après le calme relatif de jeudi soir, la violence a brièvement repris dans les rues d'Athènes. Jets de cocktails Molotov et divers projectiles contre gaz lacrymogènes, la manifestation des élèves et étudiants a débuté sous haute tension.
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Le Café Pédagogique du 12/12/08


Lycée : donner sa langue au chat
C'est la mode rue de Grenelle. Le soir même du 16 décembre, après la présentation à la presse de la réforme du lycée, Xavier Darcos s'adressera aux lycéens par un chat. Avec la logique propre à ce ministère, le ministre est imité, avec une demi heure de décalage, par le recteur de Versailles. On verra si le chat descend ensuite les échelons hiérarchiques…
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Les sanctions renforcent l'opposition des enseignants "résistants"
Les "désobéisseurs" sont-ils en train de devenir un mouvement ? Les "désobéisseurs" ce sont les enseignants, généralement du premier degré, qui se sont proclamés en situation de "résistance" contre les mesures Darcos. Ils refusent de mettre en place les heures d'aide, d'appliquer les programmes de 2008. Ils franchissent le Rubicon de l'obéissance à la hiérarchie et à ses instructions. Soumis maintenant à la pression de la hiérarchie, qui sanctionne par exemple Bastien Cazals d'une retenue sur salaire, ils maintiennent leur position et appellent à la solidarité. Ils affichent la volonté de "construire un mouvement durable, responsable et efficace". Et ils ont de bonnes chances d'y parvenir : malgré ses pannes à répétition, le site "Darcos démission" a réuni 14 000 signatures, celui de B. Cazals environ un millier.
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Une sélection dans les dépêches du 12/12/08



Réforme du lycée: des milliers de manifestants dans toute la France
Plusieurs milliers de lycéens ont à nouveau manifesté vendredi, généralement dans le calme, contre le projet de réforme des lycées dans de nombreuses villes de l'Hexagone, notamment dans l'Ouest, ainsi qu'à La Réunion où quelques incidents ont été signalés.
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Des lycéens "pour une réforme", mais dont ils soient "acteurs"
Les lycéens fortement mobilisés depuis plus d'une semaine dans l'Ouest contre la réforme du lycée voulue par le ministre de l'Education Xavier Darcos se disent "pour une réforme", mais veulent être consultés et ne rien se voir "imposer".
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Supérieur: les syndicats quittent une réunion sur la formation des enseignants
Tous les syndicats enseignants du supérieur ont quitté vendredi une réunion avec des représentants de la ministre Valérie Pécresse, afin de dénoncer le "flou" du gouvernement sur la formation des enseignants, a affirmé le syndicat Snesup-FSU dans un communiqué.
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L'Education nationale signe des conventions avec 4 fédérations sportives
Le ministre de l'Education nationale, Xavier Darcos, a signé vendredi matin avec quatre fédérations sportives (handisport et sport adapté, canoë-kayak, judo et escrime) des conventions visant à améliorer la pratique du sport à l'école.
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1 commentaire:

Anonyme a dit…

Nous sommes ici / Nous sommes partout / Nous sommes une image du futur

* http://www.youtube.com/watch?v=oZgTekSb-0I
* http://www.boston.com/bigpicture/2008/12/2008_greek_riots.html
* http://emeutes.wordpress.com/
* http://www.non-fides.fr/spip.php?article132

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DECLARATION DE L’ASSEMBLEE GENERALE DES TRAVAILLEURS INSURGES D'ATHENES
Depuis le bâtiment libéré de la GSEE - mercredi 17 décembre 2008

Nous déterminerons notre histoire nous-mêmes ou nous la laisserons être déterminée sans nous.

Nous, travailleurs manuels, employés, chômeurs , intérimaires et
précaires, natifs d'ici ou immigrés, ne sommes pas des téléspectateurs
passifs. Depuis le meurtre d’Alexandros Grigoropoulos samedi soir,
nous participons aux manifestations, aux affrontements avec la police,
aux occupations du centre ville comme des alentours. Nous avons
maintes et maintes fois dû abandonner le travail et nos obligations
quotidiennes pour prendre les rues avec les lycéens, les étudiants et les
autres prolétaires dans cette lutte.

NOUS AVONS DECIDE D’OCCUPER LE BATIMENT DE LA CONFEDERATON GENERALE DES TRAVAILLEURS EN GRECE (GSEE)

Pour le transformer en un espace de libre expression et un point de rendez-vous pour les travailleurs,

Pour dissiper les mythes encouragés par les médias sur l’absence
de travailleurs dans les affrontements, mythes selon lesquels la rage de ces derniers jours
ne serait que l’œuvre de quelques 500 « cagoulés » (koukoyloforon),
«hooligans », ou autres histoires farfelues, alors que dans les
journaux télévisés les travailleurs sont présentés comme des victimes
de ces affrontements, et alors que la crise capitaliste en Grèce et
dans le monde mène à d'innombrables licenciements que les médias et
leurs dirigeants considèrent comme un « phénomène naturel ».

Pour démasquer le rôle honteux de la bureaucratie syndicale dans le
travail de sape contre l’insurrection, mais aussi son rôle honteux
en général. La Confédération Générale des Travailleurs en Grèce (GSEE)
et toute l’intégralité de la machinerie syndicale qui la soutient
depuis des dizaines et des dizaines d’années, sape les luttes, négocie
notre force de travail contre des miettes, perpétue le système
d’exploitation et d’esclavage salarié. L’attitude de la GSEE mercredi
dernier parle d’elle même : la GSEE a annulé la manifestation des
grévistes pourtant programmée, se rabattant précipitamment sur un bref
rassemblement place Syntagma, tout en s’assurant simultanément
que les participants se disperseraient très vite, de peur que le
le virus de l’insurrection ne les infecte.

Pour ouvrir cet espace pour la première fois, comme une
continuation de l’ouverture sociale créée par l’insurrection elle-même,
espace qui a été construit avec notre contribution mais dont nous avons
été jusqu’ici exclus. Pendant toute ces années nous avons confié notre
destin à des sauveurs de toute nature et avons fini par perdre
notre dignité. Comme travailleurs, nous devons commencer à assumer nos
responsabilités et cesser de faire reposer nos espoirs en des
leaders « sages » ou en des représentants « compétents ». Nous devons
commencer à parler de notre propre voix, nous rencontrer, discuter,
décider et agir par nous même contre les attaques généralisées que
nous endurons. La création de collectifs de résistance « de base » est
la seule solution.

Pour propager l’idée de l’auto-organisation et de la solidarité sur
les lieux de travail, de la méthode des comités de lutte et des
collectifs de base, et abolir les bureaucraties syndicales.

Pendant toutes ces années nous avons gobé la misère, la résignation et
la violence au travail. Nous nous sommes habitués à compter nos blessés
et nos morts - les soit disant « accidents du travail ». Nous nous
sommes habitués à ignorer que les immigrés - nos frères de classe -
étaient tués. Nous sommes fatigués de vivre avec l’anxiété de devoir
assurer notre salaire, de pouvoir payer nos impôts et de se garantir
une retraite qui ressemble maintenant à un rêve lointain.

De même que nous luttons pour ne pas abandonner nos vies dans les
mains des patrons et des représentants syndicaux, de même nous
n’abandonnerons pas dans les mains de l’Etat et de ses mécanismes
juridiques les insurgés arrêtés .

LIBERATION IMMEDIATE DES DETENUS

RETRAIT DES CHARGES CONTRE LES INTERPELLES

AUTO-ORGANISATION DES TRAVAILLEURS

GREVE GENERALE

ASSEMBLEE GENERALE DES TRAVAILLEURS DANS LES BATIMENTS LIBERES DE LA GSEE Mercredi 17 décembre à 18 heures

L’assemblée générale des travailleurs insurgés
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http://athens.indymedia.org/front.php3?lang=el&article_id=948843
17 DECEMBRE 2008

A PROPOS DE L'INTERRUPTION, PAR DES PROTESTATAIRES, DE LA DIFFUSION DE LA CHAINE NATIONALE GRECQUE LE 16 DEC 2008 A 15H10

Notre action est une réponse aux pressions accumulées qui ravagent nos vies, et pas simplement un enflammement sentimental lié au meutre de Alexandros Grigoropoulos par la police grecque.

Nous ne sommes qu'une des organisations spontanées qui participent à la révolte sociale en cours.

En un geste symbolique pour éviter que les médias ne nous subjuguent, nous les citoyens civils, nous interrompons la diffusion de la chaîne nationale grecque (NET). Nous pensons que les médias cultivent systématiquement un climat de peur, nous vendent de la désinformation pour de l'information, et dépeignent un soulèvement aux multiples facettes comme une flambée de violence inconsidérée.

L'explosion de troubles civils est expliquée en termes criminels plutôt que politiques. Sélectivement, des évènements cruciaux sont balayés sous le tapis. Le soulèvement est servi comme un divertissement, quelque chose à regarder avant qu'un autre feuilleton n'arrive. Les médias servent à supprimer toute pensée libre et originale dans notre vie quotidienne.

Organisons-nous nous-mêmes. Aucune autorité n'apportera de solution à nos problèmes. Rassemblons-nous et organisons nos espaces publics -rues, squares, parcs et écoles- en zones de libre expression et de communication. Rassemblons-nous, face à face, côté à côte, pour exprimer notre cause et le cours de notre action en une chose commune.

Surmontons notre peur, éteignons nos télés, sortons de nos maisons, continuons à faire valoir nos droits, et prenons nos vies en main.

Nous condamnons la violence policière et appelons à la libération immédiate de tous les protestataires emprisonnés.

Nous sommes pour l'émancipation, la dignité humaine et la liberté.
http://www.youtube.com/watch?v=xeWKwQ4iHsE
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Lettre ouverte des travailleurs d’Athènes à ses étudiants, dans le contexte des bouleversements sociaux qui ont suivi l’assassinat policier d’un jeune garçon.
17 decembre 2008

Notre différence d’âge et l’éloignement rendent difficile la discussion dans la rue; c’est pourquoi nous vous envoyons cette lettre.

La plupart d’entre nous ne sont pas (pour l’instant) devenus chauves ou bedonnants. Nous avons fait partie du mouvement de 1990-1991, dont vous avez dû entendre parler. A l’époque et alors que nous occupions nos écoles depuis 30/35 jours, les fascistes tuèrent un enseignant parce qu’il avait outrepassé son rôle (qui est d’être un gardien) et qu’il avait rejoint le mouvement adverse; il nous avait rejoint dans notre combat. Alors même les plus forts d’entre nous rejoignèrent la rue et ses émeutes. Pourtant, à l’époque, nous n’envisagions même pas ce que vous faites si facilement aujourd’hui : attaquer les commissariats (bien que nous chantions : “Brûlons les commissariats !”…).

Vous avez donc été plus loin que nous, comme il arrive toujours au cours de l’histoire. Bien sûr, les conditions sont différentes. Dans les années 90, ils nous firent miroiter des perspectives de succès personnel et certains d’entre nous y crûrent. Maintenant plus personne ne peut croire leurs contes de fées. Vos grands frères nous l’ont prouvé durant le mouvement étudiant 2006/2007; à votre tour, vous leur rédégueulez en pleine face leurs contes de fées.

Jusqu’ici tout va bien.

Maintenant les questions intéressantes mais difficiles vont apparaître.

Nous allons vous dire ce que nous avons appris de nos combats et de nos défaites (parce qu’aussi longtemps que ce monde ne sera pas le nôtre, nous serons toujours les vaincus) et vous pourrez vous servir comme vous le souhaitez de ce que nous avons appris :

Ne restez pas seuls; faites appel à nous ; contactez autant de personnes que possible. Nous ne savons pas comment vous pouvez le faire, mais vous y arriverez certainement. Vous avez déjà occupé vos écoles et vous nous dites que la raison la plus importante est que vous n’aimez pas vos écoles. Impeccable. Maintenant que vous les occupez, changez leur rôle. Partagez vos occupations de bâtiments avec d’autres personnes. Faites que vos écoles soient les premiers bâtiments à accueillir de nouvelles relations. Leur arme la plus puissante est de nous diviser. De la même façon que vous n’avez pas peur d’attaquer leurs commissariats parce que vous êtes ensemble, n’ayez pas peur de nous appeler pour que nous changions nos vies tous ensemble.

N’écoutez aucune organisation politique (qu’elle soit arnachiste ou n’importe quoi d’autre) Faites ce que vous avez besoin de faire. Faites confiance aux gens, pas aux idées et aux schémas abstraits. Ayez confiance en vos relations directes avec les gens. Ne les écoutez pas quand ils vous disent que votre combat n’a pas de contenu politique et qu’il devrait en avoir un. Votre combat est le contenu. Vous n’avez que votre combat et il ne tient qu’à vous seuls de conserver son avance. C’est seulement votre combat qui peut changer votre vie, à savoir vous-même et vos vraies relations avec vos camarades.

N’ayez pas peur de la nouveauté. Chacun de nous en vieillissant a des idées gravées dans le cerveau. Vous aussi, bien que vous soyez jeunes. N’oubliez pas l’importance de cela. En 1991, nous avons senti l’odeur du nouveau monde et ne l’avons pas trouvé très agréable. On nous apprenait qu’il y a des limites à ne pas dépasser. N’ayant pas peur des destructions d’infrastructures. N’ayant pas peur des vols dans les supermarchés. Nous avons produit tout cela, c’est à nous. Comme nous dans le passé, vous avez été élevés pour produire des choses qui ensuite ne vous appartiennent plus. Reprenons tout cela et partageons-le. Comme nous partageons nos amis et notre amour parmi nous.

Nous nous excusons d’écrire cette lettre rapidement, mais nous l’avons écrite sur notre lieu de travail, à l’insu de notre patron. Nous sommes prisonniers du travail comme vous l’êtes de l’école.

Nous allons maintenant mentir à notre patron et quitter notre boulot sous un faux prétexte, pour vous rejoindre à Syntagma, les pierres à la main.
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(Le texte suivant a été distribué mardi dernier aux étudiants encerclant le siège de la police, par des gens de l’Association des Immigrés Albanais.)
16 DECEMBRE 2008

Ces jours sont les nôtres, aussi.

Après l’assassinat d’Alexis Grigoropoulos, nous avons connu un état d’agitation sans précédent, une explosion de colère qui semble infinie. Il semble que ce soient les étudiants qui ont été à l’origine de ce soulèvement, qui avec une passion inépuisable et une chaleureuse spontanéité ont renversé la situation dans son ensemble. Vous ne pouvez pas arrêter quelque chose que vous ne contrôlez pas, quelque chose qui s’organise spontanément et dans des conditions que vous ne comprenez pas. C’est la beauté du soulèvement. Les élèves du secondaire font l’histoire et laissent à d’autres le soin de l’écrire et de la classer idéologiquement. Les rues, les objectifs, la passion leur appartiennent.

Dans le cadre de cette mobilisation élargie, derrière les manifestations étudiantes à l’avant-garde, il y a une participation massive de la deuxième génération d’immigrés et également de nombreux réfugiés. Les réfugiés viennent à la rue en petit nombre, avec peu d’organisation, mais de la spontanéité et de l’impétuosité. À l’heure actuelle, ils sont les plus actifs parmi les étrangers vivant en Grèce. Quoi qu’il en soit, ils ont très peu à perdre.

Les enfants d’immigrés se mobilisent en masse et dynamiquement, principalement au travers des actions de l’école secondaire et de l’université ainsi que via les organismes de gauche et d’extrême gauche. Ils sont la partie la mieux intégrée de la communauté immigrée, sa partie la plus courageuse. Ils sont différents de leurs parents, qui sont arrivés ici la tête basse, comme s’ils mendiaient un morceau de pain. Ils font partie de la société grecque, puisqu’ils n’ont jamais vécu ailleurs. Ils ne mendient rien, ils demandent l’égalité avec leurs camarades grecs. Égaux en droits, dans la rue, dans leurs rêves.

Pour nous, les immigrés organisés politiquement, il s’agit d’un second Novembre 2005 Français. Nous n’avons jamais eu l’illusion que lorsque les peuples se soulèveraient de rage, nous serions en mesure de les diriger d’aucune manière. Malgré les luttes que nous avons menées toutes ces années, nous n’avons jamais réussi à atteindre un tel niveau de réponse que celui d’aujourd’hui. Maintenant il est temps à la rue de parler: Le cri assourdissant que nous entendons est pour les 18 ans de violence, de répression, d’exploitation et d’humiliation. Ces jours sont les nôtres, aussi.

Ces journées sont pour les centaines d’immigrés et de réfugiés qui ont été assassinés aux frontières, dans les commissariats de police et sur les lieux de travail. Ils sont pour tous ceux qui ont été assassinés par les flics et les milices. Ils sont pour tous ceux qui ont été assassinés pour avoir osé franchir la frontière et travailler jusqu’à la mort, pour n’avoir pas baissé la tête, ou pour rien. Ils sont pour GRAMOZ PALOUSI, LOUAN MPERNTELIMA, ENTISON GIAXAI, TONI ONOUXA, AMNPTOURAKIM INTRIZ, MONTASER MOXAMENT ASTRAF et tant d’autres que nous n’avons pas oubliés.

Ces jours sont pour la violence policière quotidienne qui reste impunie et sans réponse. Ils sont pour les humiliations à la frontière et aux centres de détention d’immigrés, humiliations qui continuent à ce jour. Ils sont pour l’injustice criante des tribunaux grecs, pour les immigrés et les réfugiés injustement en prison, pour la justice nous est refusée. Même aujourd’hui, dans ces jours et ces nuits de révolte, les immigrés paient un lourd tribu aux attaques de l’extrême-droite et des flics, avec des peines d’emprisonnement et d’expulsion que les tribunaux distribuent avec un amour chrétien aux infidèles que nous sommes.

Ces jours sont pour l’exploitation continue et sans relâche depuis 18 ans maintenant. Ils sont pour les luttes qui n’ont pas été oubliées: dans les faubourgs de Volos, les travaux olympiques, la ville d’Amaliada. Ils sont pour la peine et le sang de nos parents, pour le travail non déclaré, pour les horaires de travail interminables. Ils sont pour les transferts financiers et les frais d’envoi, les contributions que nous versons à la communauté et qui ne sont jamais reconnues. Ils sont pour les papiers d’identité que nous chercherons pendant le reste de notre vie, tel un billet de loterie gagnant.

Ces jours sont pour le prix que nous devons payer pour simplement exister et respirer. Ils sont pour tous les moments où nous avons serré les dents face aux insultes, face aux reniements quotidiens. Ils sont pour tous les moments où nous n’avons pas réagi quand bien même nous avions les meilleurs raisons au monde de le faire. Ils sont pour toutes les fois où nous avons réagi et où nous nous sommes retrouvés seuls parce que nos morts et notre rage ne correspondaient pas aux formes existantes admises, n’apportaient pas de votes, n’étaient pas vendeurs au prime time de l’actualité.

Ces jours-ci appartiennent à tous les marginaux, aux exclus, aux personnes affligées de noms difficilement prononçables et d’histoires incompréhensibles. Ils appartiennent à tous ceux qui meurent chaque jour dans la mer Egée et le fleuve Evros, à tous ceux assassinés à la frontière ou dans une rue du coeur d’Athènes. Ils appartiennent à la communauté rom de Zefyri, aux toxicomanes d’Eksarhia. Ces jours-ci appartiennent aux enfants de la rue Mesollogiou , aux non intégrés, aux étudiants incontrôlable. Grâce à Alexis, ces jours-ci nous appartiennent à tous.

18 ans de rage silencieuse, c’est trop.
A nos rues, pour la solidarité et la dignité!
Nous n’avons pas oublié, nous n’oublierons pas - Ces jours-ci sont les vôtres aussi
Luan, Tony, Mohamed, Alexis …
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Alignés au mur, fils de pute ! Nous sommes arrivés pour prendre ce qui nous appartient…
14 décembre 2008 - Initiative du Comité d’Occupation de l’Ecole Athénienne d’Economie et d’Affaires

En ces jours de rage, le spectacle comme une relation de puissance, une relation qui imprime son souvenir sur les objets et les corps, est confronté à un diffus contre-pouvoir qui déterritorialise le vécu, lui permettant de s’éloigner de la tyrannie de l’image pour s’aventurer dans le domaine des sens. Les sens ont toujours été perçus comme antagonistes (ils réagissent toujours contre quelque chose), mais dans les conditions actuelles, ils se dirigent vers une polarisation de plus en plus aiguë et radicale.

Des caricatures soi-disant pacifiques des médias bourgeois ( “la violence est toujours inacceptable, partout dans le monde”), nous ne pouvons que nous gausser : leur loi, leur loi d’esprit obéissant et consentant, de dialogue et d’harmonie ne sont rien d’autre qu’un bestial plaisir bien calculé : un carnage garanti. Le régime démocratique sous son verni pacifique ne tue pas un Alex chaque jour, précisément parce qu’il tue des milliers de Ahmets, Fatimas, JorJes, Jin Tiaos et Benajirs: parce qu’il assassine systématiquement, structurellement et sans remords l’ensemble du tiers monde, qui est le prolétariat mondial. C’est de cette façon, à cause de ce quotidien massacre à froid, qu’est née l’idée de liberté : la liberté non pas comme un prétendu bienfait humain, ni comme un droit naturel pour tous, mais comme le cri de guerre des damnés, comme le principe de la guerre.

La classe bourgeoise et son histoire officielle nous lavent le cerveau avec la légende d’un progrès graduel et stable de l’humanité au sein duquel la violence n’est qu’une désolante exception découlant d’un sous-développement économique, culturel et émotionnel. Pourtant, nous tous qui avons été écrasés entre les pupitres d’école, derrière les bureaux, les usines, ne savons que trop bien que l’histoire n’est rien d’autre qu’une succession d’actes bestiaux reposant sur un système de règles mortifères. Les gardiens de la normalité déplorent que la loi ait été violée par la balle du revolver de Korkoneas le Porc (le flic tueur). Mais qui ne sait pas que la vigueur de la loi est simplement la force de la puissance ? Que c’est la loi elle-même qui permet le recours à la violence contre la violence? La loi est vide de bout en bout, elle n’a aucun sens, ni aucun autre but que celui de déguiser la force du pouvoir.

Dans le même temps, la dialectique de la gauche tente de codifier le conflit, la bataille et la guerre, avec la logique de la synthèse des contraires. De cette manière, il construit un ordre, un état pacifié au sein duquel tout a sa propre petite place. Pourtant, le destin du conflit n’est pas la synthèse - comme le destin de la guerre n’est pas la paix. L’insurrection sociale contient la condensation et l’explosion de milliers de négations, pourtant elle ne contient en aucune de ses sous-parties, ni en aucun de ses moments, sa propre négation, sa propre fin. C’est toujours avec une certitude lourde et sombre qu’arrivent les institutions de médiation et de normalisation, de la gauche promettant le droit de vote dès 16 ans, le désarmement mais le maintien des porcs, l’État-providence, etc. En d’autres termes, en voilà qui souhaitent tirer un gain politique de nos blessures. La douceur de leur compromis suinte le sang.

Ceux qui sont contre la violence sociale ne peuvent pas être tenus pour responsables de ce qu’ils n’assument pas: ils sont destructeurs de bout en bout. Si les luttes contemporaines ont quelque chose à nous apprendre, ce n’est pas leur triste consensus sur un objet (la classe, le parti, le groupe), mais leur processus systématiquement anti-dialectique: pour eux, l’acte de destruction ne contient pas nécessairement une partie créative. En d’autres termes, la destruction de l’ancien monde et la création d’un nouveau monde sont pour eux deux processus discrets mais continus. Pour nous, la question est plutôt quelles méthodes de destruction de l’existant peuvent être développées en différents lieux et moments de l’insurrection ?

Quelles méthodes peuvent non seulement maintenir le niveau et l’ampleur de l’insurrection, mais contribuer à son amélioration qualitative ? Les attaques de commissariats, les affrontements et les barrages routiers, les barricades et les batailles de rue, sont maintenant un phénomène social quotidien dans les villes et au-delà. Et ils ont contribué à une déréglementation partielle du cycle de production et de consommation. Et pourtant, ils ne sont qu’une attaque partielle de l’ennemi; il est évident que nous restons piégés dans une seule et unique dimension de l’attaque contre les relations sociales dominantes. Car le processus de production et de circulation des marchandises en lui-même, autrement dit le capital comme relation, n’est qu’indirectement touché par les mobilisations. Un spectre plane sur la ville embrasée : celui de la grève générale sauvage à durée indéterminée.

La crise capitaliste mondiale a ôté aux patrons leur réponse la plus énergique et la plus mensongère à l’insurrection: «Nous vous offrons tout et pour toujours, alors que tout ce qu’eux peuvent vous offrir n’est qu’un présent incertain”. Avec ses entreprises qui s’effondrent les unes après les autres, le capitalisme et son Etat ne sont plus en mesure d’offrir quoi que ce soit d’autre qu’un lendemain pire de jour en jour, une situation financière asphyxiante, des licenciements, la suspension des pensions de retraite, des coupes dans les budgets sociaux, la fin de la gratuité de l’enseignement. Au contraire, en seulement sept jours, les insurgés ont prouvé par la pratique ce qu’ils peuvent faire: transformer la ville en un champ de bataille, créer des enclaves de communes dans l’ensemble du tissu urbain, abandonner l’individualité et sa sécurité pathétique, rechercher la formation de leur force collective et la destruction totale de ce système meurtrier.

À ce moment historique de la crise, moment de rage et de rejet des institutions auquel nous sommes finalement parvenus, la seule chose qui peut transformer le système de déréglementation en une révolution sociale est le rejet total du travail. Quand les combats se dérouleront dans des rues assombries par la grève de la compagnie d’électricité, lorsque les affrontements auront lieu au milieu de tonnes de déchets non collectés, lorsque les tramways seront abandonnés au milieu des rues, bloquant les flics, lorsque l’enseignant en grève allumera le cocktail molotov de son élève révolté, nous serons enfin en mesure de dire: Camarade, “les jours de cette société sont comptés ; ses raisons et ses mérites ont été pesés, et trouvés légers”. Aujourd’hui, cela n’est plus un simple fantasme, mais une possibilité réelle dans la main de chacun : la possibilité d’agir concrètement sur le concret. La possibilité d’apercevoir les cieux.

Si tout cela, à savoir l’extension du conflit dans la sphère de la production-distribution, avec ses sabotages et ses grèves sauvages, semble prématuré, ce ne serait que parce que nous n’avons pas réalisé à quelle vitesse le pouvoir se décompose, à quelle vitesse les méthodes de confrontation et les formes de contre-povoir se diffusent socialement : des lycéens qui caillassent les commissariats aux employés municipaux et aux voisins qui occupent les mairies. La révolution ne se fait pas par la croyance et la foi en des conditions historiques à venir. Elle se fait en saisissant n’importe quelle occasion d’insurrection dans chaque aspect de la vie sociale, en transformant notre animosité envers les flics en une grève définitive aux pieds de ce système.

Dehors les porcs!
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“Nous n’oublions pas, nous ne pardonnons pas” – journée d’action internationale contre les meurtres d’État le 20 décembre 2008.
13 decembre 2008

Aujourd’hui (vendredi) l’assemblée de la Polytechnique occupée d’Athène a décidé de faire un appel pour des actions de résistance en mémoire de toute la jeunesse assassinée, des migrants et de tous ceux qui doivent combattre contre les laquais de l’État en Europe et dans le monde. Nous pensons à Carlo Giuliani, aux jeunes des banlieues françaises, à Alexandros Grigopoulos et à d’autres qui sont innombrables sur toute la planète. Nos vies n’appartiennent pas aux états et à leurs assassins ! La mémoire de nos frères et soeurs, amis et camarades assassinés reste vive grâce à nos luttes ! Nous n’oublions pas nos frères et nos soeurs, nous ne pardonnons pas leurs meurtriers. S’il vous plaît traduisez et faites passer ce message pour une journée commune d’actions coordonnées de résistance dans le plus grand nombre d’endroits possibles !

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Nous sommes ici / Nous sommes partout / Nous sommes une image du futur
13 decembre 2008

Si je ne brûle pas
Si tu ne brûles pas
Si nous ne brûlons pas
Comment les ténèbres viendront à la lumière ?
(Nazim Hikmet, “Kerem Gibi”)

C’est en serrant les dents de peur que les chiens grognent : Retour à la normalité – le festin est terminé ! Les philologues de l’assimilation ont déjà commencé à affûter leurs caresses les plus tranchantes : “Nous sommes prêts à oublier, à comprendre, à excuser la promiscuité des derniers jours, mais maintenant tenez vous bien ou alors nous emmèneront nos sociologues, nos anthropologues, nos psychiatres ! Comme de bons pères nous avons toléré avec retenue vos éruptions émotionnelles – maintenant regardez comment les comptoirs, les bureaux et les magasins sont vides ! Le temps est venu d’en revenir, et qui que ce soit qui refuse cette tâche sacrée sera durement frappé, sociologisé, psychiatrisé. Une injonction plane sur la ville : “Es-tu à ton poste ?” La démocratie, l’harmonie sociale, l’unité nationale et tous les autres grands coeurs puant la mort ont déjà tendus leurs bras morbides.

Le pouvoir (depuis le gouvernement jusqu’à la famille) vise non seulement à réprimer la généralisation de l’insurrection, mais à produire une relation d’assujettissement. Une relation qui définit la vie politique comme une sphère de coopération, de compromis et de consensus. “La politique à suivre est une politique du consensus; le reste nous mènerait à la guerre, aux émeutes et au chaos”. La vraie traduction de ce qu’ils nous disent, de l’effort qu’ils mettent à nier le cœur de notre action, à nous séparer et à nous isoler de ce que nous pouvons faire : non pas d’unir les deux dans l’un, mais bien de rompre sans cesse l’un en deux. Leurs appels répétés à l’harmonie, à la paix et à la tranquillité, à la loi et à l’ordre, nous demandent de développer une dialectique. Leurs vieux trucs sont désespérément transparents et leur misère est visible dans les gros ventres des patrons syndicaux, dans les yeux délavés des intermédiaires qui sont comme ceux des charognards qui tournent autour des conflits pour manger le cadavre de toutes passions pour le réel. Nous les avons vu en Mai, nous les avons vu à Los Angeles et à Brixton, et nous les voyons faire lorsqu’ils grugent les os de la Polytechnique en 1973. Nous les avons encore vu hier lorsque, plutôt que d’appeler à une grève générale permanente, ils se sont mis à genoux devant la légalité en annulant la manifestation de grévistes. Ils savent très bien que la route pour la généralisation d’une insurrection passe par le champ de la production – à travers l’occupation des moyens de production de ce monde qui nous écrase.

Demain est encore un jour où rien n’est certain. Et qu’est-ce qui pourrait être plus libérateur que cela après tellement de longues années de certitude ? Une balle a été capable d’interrompre la séquence brutale de tous ces jours identiques. L’assassinat d’un garçon de 15 ans a été le moment d’un déplacement suffisamment fort pour renverser le monde. Et ce qui semblait si difficile s’est avéré être si simple.

C’est ce qui est arrivé, c’est tout ce que nous avons. Si quelque chose nous fait peur c’est bien de revenir à la normalité. Parce que dans la destruction et le pillage des rues de nos villes de lumières nous ne voyons pas seulement les résultats de notre rage, mais aussi la possibilité de commencer à vivre. Nous n’avons plus rien d’autre à faire que de nous installer dans cette possibilité pour la transformer dans une expérience vécue : en nous basant sur le plan de la vie quotidienne, notre créativité, notre pouvoir de matérialiser nos désirs, notre pouvoir non pas de contempler mais de construire le réel. Ceci est notre espace vital. Tout le reste est mort.

Ceux qui veulent comprendre comprendront. Il est maintenant temps de briser les chaînes invisibles qui nous maintenait tous et chacun dans notre petite vie pathétique. Cela ne demande pas seulement ou nécessairement d’attaquer une station de police ou de brûler des commerces ou des banques. Le temps où quelqu’un s’extirpe de son sommeil et de la contemplation passive de sa vie, de sortir dans la rue pour parler et écouter, en laissant derrière lui ou elle tout ce qui est privé, suppose au plan de la sphère sociale la force déstabilisante d’une bombe nucléaire. Notre séparation alimente le monde capitaliste. Voilà le dilemme : avec les insurgés ou bien seuls, chacun de notre côté. Et c’est maintenant l’un des très rares moments où un tel dilemme peut prendre corps de manière si absolue et si réelle.
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“Nous sommes dans une guerre civile: Contre les fascistes, les banquiers, l’état et les médias qui veulent une société obéissante”
12 decembre 2008

Si vous croyez que la citation qui apparait dans le titre de cet article était prononcé par des anarchistes, hé bien, vous vous trompez. C’est un extrait de la déclaration publiée par l’association des employéEs de la banlieue d’Agios Dimitrios à Athènes. Voici une traduction rapide de la déclaration, tel que promis. Sachez que, selon quelques camarades membres de l’association, ils ont tenté de maintenir la forme du texte aussi sobre que possible dans le but d’inspirer autant de gens que possible de descendre dans les rues avec eux.

LA DÉCLARATION

Samedi dernier, la police grecque a assassiné un étudiant de 15 ans.
Son assassinat était la goutte qui a fait déborder le vase.

C’était le prolongement d’une action coordonnée par l’état terroriste et l’Aube Dorée qui vise les étudiantEs de niveau universitaire et secondaire, les migrantEs qui sont persécutéEs pour avoir été néEs avec la “mauvaise” couleur de peau et les employéEs qui se tuent au boulot sans aucune compensation.

Les dissimulations du gouvernement, ayant brûlé les forêts l’été dernier, est maintenant responsable pour les feux qui brûle dans les grandes villes. Le gouvernement protège les criminels financier, tous ceux impliqués dans le scandale des interceptions téléphoniques d’appareils portables, les pilleurs des fonds d’assurances ouvrières, ceux qui sont responsable des enlèvements de migrantEs et ceux qui protègent les banques et monastères qui volent les biens du peuple.

Nous sommes dans une guerre civile: Contre les fascistes, les banquiers, l’état et les médias qui veulent une société obéissante.

Il n’y a pas d’excuses possible mais ils tentent encore une fois de se servir de théories de conspiration pour calmer les gens.
Il fallait exprimer cette rage grandissante et ceci ne doit pas prendre fin.
La couverture médiatique est mondiale. Il était temps que le peuple se soulève.

La génération des pauvres, des sans-emploi, des employéEs précaires, des sans-abris, des migrantEs et des jeunes est la génération qui va casser toutes les vitrines et qui réveillera de leur sommeil, rempli de ce rêve américain éphémère, les citoyenNEs obéissantEs .

Ne suivez pas les nouvelles. La conscientisation est née dans la rue.
Lorsque la jeunesse est assassinée, les aînéEs ne doivent pas demeurer endormis.
Au revoir Alexandros, que ton sang soit le dernier sang innocent à couler.
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