samedi, janvier 09, 2010

Indécent

Il y a une vingtaine d’années dans le lycée où je travaillais à l’époque, un élève a poignardé un autre élève à la sortie du lycée devant la grille. Celui-ci en est mort. Le meurtrier (mineur) a passé de nombreuses années en prison. La dispute avait pour point de départ un motif futile : un vol de Tatoo (un modèle de lecteur de SMS de l’époque).
J’étais membre du conseil d’administration du lycée et je me souviens que le Proviseur nous avait réuni en urgence pour prendre un certain nombre de décisions. Tout d’abord que faire pour éviter que cela ne dégénère à l’intérieur de l’établissement ? J’avais proposé d’organiser une série de moments symboliques pour marquer le deuil et canaliser l’émotion. Je me souviens encore, des années après, de l’émotion forte lorsque nous avions réuni dans une des cours de ce gros lycée, l’ensemble des élèves et des personnels pour une minute de silence précédée d’un appel au calme du père de la victime. 2500 personnes qui se taisent ensemble, ça fait du bruit et ça remue jusqu’au tréfonds de soi-même. J’en ai le frisson encore aujourd’hui en évoquant ce moment. Nous avions aussi ouvert des registres où beaucoup d’élèves se sont exprimés de différentes manières pour témoigner de leur chagrin et de leur soutien.
Une autre décision unanime du conseil d’administration du lycée avait été de tenir éloignés de l’établissement les médias et de n’accorder aucune interview. De même, nous étions très méfiants vis-à-vis de la récupération politique et des demandes de visites de personnalités politiques.
A l’époque, il n’y a donc pas eu dans la presse de longs articles sur la « sanctuarisation des établissements scolaires » ou la recrudescence de la violence. Aucun ministre ou recteur n’est venu présenter un nouveau plan pour détecter les armes ou installer des caméras. Cet événement tragique n’a été présenté que comme ce qu’il était avant tout, c’est-à-dire un drame personnel qui a mis dans la peine deux familles.
Celle de la victime décédée bien sûr mais aussi celle du meurtrier qui était au final une victime aussi de cet accès de violence. Le jeune garçon plutôt tranquille n’était pas une “racaille”, il connaissait l’autre élève et habitait à peu de distance l’un de l’autre et le conflit aurait pu aussi bien se dérouler devant une cage d’escalier de la cité ou dans la rue.
Si j’évoque aujourd’hui ce qui est enfoui dans ma mémoire et qui remonte à plus de vingt ans c’est bien sûr en pensant à ce qui vient de se produire au Kremlin Bicêtre. Avec un sentiment de malaise en observant le traitement médiatique et politique actuel autour de ce fait-divers tragique. Comment peut-on généraliser et tirer des conclusions à partir d’un événement heureusement très rare et si particulier ? Comment peut-on justifier une politique sécuritaire et stigmatiser la jeunesse en s’appuyant sur un fait si singulier ?
Toutes ces déclarations et ces analyses à chaud me semblent indécentes et presque injurieuses pour les familles des victimes. Car, je le répète, le meurtrier qui a commis cet acte horrible qui conduit à détruire la vie a aussi détruit la sienne… Et mes pensées vont d’abord à tous ceux qui aujourd’hui sont dans le chagrin et qui attendent certainement plus de compassion que de déclarations intempestives.



Ajout du 10 janvier 2010 :Je rajoute quelques lignes pour préciser mon opinion et mon ressenti.
Ce qui m'interroge c'est que ce que j'évoque (c'est-à-dire le drame survenu il y a une vingtaine d'années) n'ait fait à l'époque que quelques lignes dans le Parisien et 30 secondes au journal télévisé et qu'aujourd'hui un drame similaire soit si amplifié et détourné de son sens. Que s'est-il passé en vingt ans ?
Précisons aussi que ce qui est indécent c'est l'emphase et l'excès dans le commentaire pas la présence des médias en tant que tel. Je respecte trop le travail des journalistes pour ne pas admettre que leur fonction est de rendre compte et que ce travail est nécessaire. J'attends simplement qu'ils ne sur-interpretent pas ce fait divers et qu'ils prennent de la distance pour ne pas donner prise aux tentatives de récupération.
En ce qui concerne les hommes politiques, je dois dire que la réaction du ministre, qui s'est déplacé sur les lieux, a été assez sobre et mesurée. Peut-être pourra t-on éviter finalement l'instrumentalisation (de part et d'autres, car en profiter pour réclamer des postes est aussi indécent) de ce qui est avant tout un drame privé...

15 commentaires:

Bertrand a dit…

sil les politiciens et les media avaient la moindre décence, cela se saurait.

Patdutroisdeux a dit…

Merci pour votre témoignage, qui met l'accent sur la différence de traitement entre deux époques d'un fait divers dramatique.
Quelle leçon en tirer, sinon la rationalisation de notre époque ?
Avec la complicité passive ou active des organes de presse et des politiques, une petite classe de privilégiés détourne de manière efficace le regard du plus grand nombre des difficultés de leur vie (faibles salaires, dégradation des services publics, chômage, exclusion, discrimination, ... )
Peut-être il y a vingt ans, la prégnance gaulliste à Droite (De Gaulle à peu-près: "je n'aime pas les socialistes, parce qu'ils ne sont pas socialistes, je n'aime pas les miens, parce qu'ils aiment trop l'argent"), avec ses incohérences, était-elle suffisamment forte pour qu'il y ait une retenue relative des politiques ?

Anonyme a dit…

> "le meurtrier qui a commis cet acte horrible qui conduit à détruire la vie a aussi détruit la sienne"

Tout à fait, le pauvre, j'en ai la larme à l'oeuil.. porter un coup de poignard sans raison, ce jeune doit sans doute être aussi pétri de valeurs et de logique que vous.. mdr.

En attendant mes enfants n'iront jamais dans un lycée public, je ne passerai pas mes journées la peur au ventre en attendant leur retour. Qui voudrait sacrifier ses enfants pour élever le niveau mental de jeunes irrécupérables (le nier c'est être aveugle ou fanatique).

Anonyme a dit…

Vous avez les moyens d'envoyer votre enfants dans un établissements privé je vous en félicite et les autres????

Philippe Watrelot a dit…

au courageux anonyme. C'est ce genre de commentaire que je craignais avec ce type de billet : ironique, méprisant. Tant de haine rassemblée en si peu de mots, c'est sidérant. Je me demande d'ailleurs si je ne vais pas le supprimer.
Lorsque j'écris cela sur le meurtrier, j'ai en mémoire le gamin d'il y a vingt ans qui était plutôt un bon élève, d'une famille stable, etc. Il aurait pu être de vos enfants, monsieur l'anonyme...
Quant à votre jugement sur les "irrécupérables", il justifie à lui seul mon militantisme. Oui c'est bien contre ces idées là que je me bats. Et le fanatisme et l'aveuglement, à la lecture de votre message, ne sont certainement pas de mon côté !

gabrielle lamotte a dit…

Merci M. Watrelot pour les valeurs que vous mettez en avant ici et dans les Cahiers pédagogiques!

lectrice assidue!

Stéphane a dit…

@ Mr Watrelot :

Méprisant.. C'est effectivement une forme de mépris (ne serait ce que pour la victime) que de défendre un agresseur qui viens de TUER un jeune sans AUCUNE RAISON.

Erreur de ma part, pas sans raison : non pas pour manger ou nourrir les siens, non pas pour défendre son honneur (à la limite), mais pour faire valoir son droit à cracher sur les femmes (lisez l'origine de l'histoire) et asservir les autres par la force. Ne le voyez vous donc pas ?

Supprimez mon message si vous voulez, je ne suis pas là pour faire de la propagande mais pour donner mon avis et écouter celui des autres, pour peux qu'ils soient logiques et circonstanciés.

Celà dit le profil du "gamin d'il y a vingt ans" que vous évoquez me semble bien loin du profil de l'agresseur actuel, il ne s'agit donc certainement pas d'une situation comparable.

Enfin votre militantisme acharné pour l'insertion de jeunes que je juge pour ma part "irrécupérables" est effectivement dangereux, pour moi et mes enfant en tout cas. Si vous en aviez le pouvoir, je jure que vous seriez capable d'obliger (sacrifier) mes enfants à fréquenter un de ces établissements en perdition pour le bienfait de l'humanité et pour aider ces jeunes à s'en sortir.

Je demande simplement à vivre en paix, vous demandez l'impossible au prix du bonheur des gens. Je ne demande aucun sacrifice aux autres, vous oui. Il me semble bien qu'il s'agit là d'une des caractéristiques que l'on retrouve chez beaucoup de fanatiques...

@ autre anonyme : je n'ai jamais parlé d'établissement privé, je ne suis pas riche non plus. :/

Anonyme a dit…

Je ne sais pas ce qu'il en est aujourd'hui. Mais avec le recul, je remarque que les « surveillants » jouent un rôle important (dans l'enfance que j'ai vécu en tout cas).

Les « surveillants » ... c'est assez informel. Mais comme enfant, on sait qu'ils nous regardent, qu'un « adulte » nous regarde, nous surveille. Comme enfant, on a quelqu'un vers qui se tourner, quelqu'un qui n'est pas professeur, quelqu'un qui ne fait ni partie du corps enseignant ni des parents, quelqu'un qui fait partie d'un sorte de troisième catégorie de personne : en somme presque juste « un adulte ».

Oui ... le surveillant : un « adulte » neutre, qui n'aurait aucun parti pris ... un peu un « ainé » (comme dans une famille, en fait).

C'est informel, mais je crois que c'est déterminant !

Houdoin a dit…
Ce commentaire a été supprimé par l'auteur.
en dehors a dit…

Merci pour ce vrai témoignage, car j'étais également en activité dans un collège de ZEP à Nîmes.
Nous avons vécus des moments similaires, du coup j'ai été très ému... Je partage vos valeurs et votre combat...vos mots sont d'une justesse saisissante.
Pour ce qui est du privé, moi qui en suis issue, les violences psychologiques, physiques et sexuelles comme le racket sont aussi au rendez vous...Nos enfants seront comme nous : lucides...enfin souhaitons leur...je voulais juste le dire.
Clémence.

Philippe Watrelot a dit…

@Stéphane (qui n'est plus anonyme)
Je n'ai pas volontairement suffisamment donné de détails sur ce que j'ai vécu il y a vingt ans pour que vous en déduisiez que c'est si différent. Croyez moi ou ne me croyez pas mais il y a bien des points communs.
Je répète simplement que le meurtrier (et je ne récuse pas le terme, il faut bien qualifier avec toute son horreur cet acte) est d'une certaine manière, aussi sa propre victime.
Enfin, j'ai toujours apprécié modérément quand mes interlocuteurs étaient capables de me dire ce que je pensais, mes intentions cachées ou bien encore de prédire avec certitude quel serait mon comportement dans telle ou telle circonstance....
Puisque d'après vous je serai une sorte d' "ayatollah de l'école publique" qui contraindrait tout le monde à se mélanger socialement (mon dieu quelle horreur) et sacrifierait l'avenir de gentils petits élèves pour leur préférer le sort de "voyous irrécupérables"... (au passage, je ne sais pas pourquoi mais j'ai l'impression que si dans ma phrase précédente je remplace le premier terme par "blancs" et le second par "bronzés", ça collerait assez bien avec votre discours aussi...
Pour conclure, je ne suis pas un ayatollah de la mixité sociale ni même de la pédagogie, je crois avant tout aux vertus du dialogue et du débat argumenté. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle j'ai laissé votre message (même si j'y trouve peu d'arguments).
J'ajoute enfin que c'est l'honneur d'une bonne partie des enseignants que de refuser le fatalisme social et éducatif et de considérer personne comme “irrécupérable".

Françoise a dit…

Bonjour,
Je pense que ce qui a changé, c'est précisément le goût du sensationnel. Aujourd'hui, même les médias les plus sérieux mettent à la une les faits divers parce que c'est vendeur: aucun recul, aucune analyse, l'événement brut.
Le populisme, la démagogie gagnent sur tous les fronts et, avec eux, la récupération de tout ce qui fait farine au moulin. On préfèrent donner au public du grand guignol qu'il aime dans le spectacle qu'aller à l'encontre de ses instincts en tentant de l'éduquer: du pain et des jeux.
Je rejoins en cela un autre commentaire qui dit que, pendant ce temps-là, on ne s'occupe pas des vrais problèmes. Nous vivons dans une époque où il faut vite trouver des solutions simples aux problèmes complexes. C'est très inquiétant parce que cela ouvre la voie à pas mal de dérives.
En attendant, les victimes - toutes les victimes: les enseignants, les autres élèves, les établissements montrés du doigt...également - qui s'en occupe? C'est facile de dire "les établissements publics", c'est une vision manichéenne: cela peut arriver n'importe où parce qu'aussi - et quel que soit le milieu d'origine - une certaine forme d'abandon des responsabilités de la part de certains parents fait croire à certains jeunes que tout leur est dû et qu'ils peuvent donc réagir avec violence à la moindre frustration. Mettre des caméras ne compensera jamais une éducation défaillante, une absence auprès des ados, un manque de surveillance, d'accompagnement attentifs...

Anonyme a dit…

exactement: ça colle avec mon ressenti sur les faits divers: il y a grosso modo 20 ans, les faits divers étaient réservés à ce périodique aujourd'hui disparu(?) qui s'appelait "Détective" et queseules les mémés du quartier lisaient. Au "20 heures" les rares faits divers étaient une sorte d'information insolite pour meublage quand l'actualité n'était pas assez riche pour tenir 30 min. alors les deux dernières minutes, comme une détente de fin de journal, on évoquait rapidement tel ou tel fait divers, mais encore une fois, extrêmement rarement.

Aujourd'hui, le moindre fait divers fait autant de bruit qu'une guerre qui n'en fini pas...

juju a dit…

Veuilllez, s'il vous plait ne pas effacer les témoignages qui "choquent"..Il est bon que tout le monde s'exprime...
C'est vrai que, dès qu'il y a un fait divers dans une école, les médias s'en saisissent....
Oui, des jeunes qui pêtent les plombs, il y en a partout et il y en eu de tout temps...
Ce qui me choque, c'est de voir tant de couteaux dans les poches de nos gamins..Si un jour, je voyais un de mes petits enfants avec un couteau ( même s'il me dit que c'est pour se défendre, pourquoi pas venir aussi à l'école avec un gilet pare-balle ou avec une kalachnikov), sûr qu'il entendrait "parler du pays"...Oui, c'est aussi à nous grand-parents à apprendre le respect à nos enfants qui ne savent même plus dire bonjour.....Ma fille, prof, trouve ça normal qu'un enfant ne dise pas bonjour...
Quand tu sais dire bonjour et regarder quelqu'un droit dans les yeux, tu as déjà fait la moitié du chemin de ton éducation...

Pour la petite histoire, je suis issue de parents pauvres, tirant aussi le diable par la queue, et vivant dans un quartier ouvrier...D'accord, certains garnements jettent des pierres dans ma cour, des noyaux de cerises, des trognons de pommes..Mais, je ne les laisse pas faire...Si nous les reprenons jeunes, plus tard, ils s'en souviendront à leur tour...Tout le monde doit participer à l'éducation d'un enfant..C'est de notre devoir...
Mais, vous êtes tous bien loin de moi et de ma petite intervention..Vous, vous êtes des intellos qui parlez, parlez...Dans mon département, il y a un centre fermé pour jeunes délinquants...2 éducateurs par jeune...Et ben, je lis très souvent dans mon quotidien les fredaines de ces jeunes...Pourtant, ils ne sont que 15....On a voulu leur éviter la prison, mais, ce centre ne sert pas à grand-chose...Il coûte "la peau des fesses"....Je suis sûr qu'on va le fermer un de ces jours...Ne sont-ils pas déjà perdus pour la société ces jeunes ? J'aimerais croire que non....Où est la bonne solution ? Dites le moi....Vous savez tous si bien parler, mais, y'a-t-il une bonne solution pour éduquer ces jeunes qui vivent plus dans un monde virtuel que réel...La faute à leurs jeux vidéos, à leurs games-boys, à leur Wee ? (que je ne connaissais pas à Noel.Tu te bats avec quelqu'un de virtuel, vous croyez que c'est bien ?..Les jeunes ne confondent-ils pas le réel avec le virtuel ?...
Pour moi, il n'y a que le sport, sur un vrai terrain, pour les sortir de leur violence et de leur misère morale....

Excusez mon intrusion...Je ne suis ni prof, ni rien du tout d'ailleurs..Je suis juste contente de l'éducation que j'ai donné à mes enfants, malgré les difficultés....J'espère que mes petits enfants réussiront aussi...Tout le monde doit participer à l'éducation d'un enfant, la famille (qui démissionne de + en +, qui se débat dans ses propres problèmes), l'école à qui on doit redonner "le pouvoir", le gouvernement qui ne doit pas à chaque fait divers "crier haro sur les profs et les laisser un peu + libres d'éduquer leurs élèves comme ils l'entendent"...Mais, chacun est pris dans ses propres "emmerds" et, croyant bien faire, inonde de cadeaux les gamins...Ils ont l'impression d'avoir fait leur devoir...Tu parles, Charles..S'il suffisait de donner un bonbon, enfin maintenant plutôt la dernière game-boy pour qu'un enfant soit bien éduqué, ça se saurait...et ce ne serait pas juste pour ceux qui ne vivent qu'avec le RMI....

ps : et pis, si vous trouvez que mon com n'a pas assez d'arguments et n'est pas "intéressant", vous pouvez aussi l'effacer...A moins que je sois 'hors sujet"..Dans ce cas, mettez-moi un zéro....Non, un...Car, il faut penser au temps que je viens de passer ici au lieu de faire mon ménage...comme la vieille mémé que je suis devenue...Je me retire...sur la pointe des pieds....comme la championne de body-building que j'ai été...

Philippe Watrelot a dit…

@Juju.
Je n'ai pas effacé les commentaires mais j'effacerai ceux qui sont trop haineux, injurieux ou appelant à des comportements racistes. C'est ma responsabilité au sens légal du terme (je suis responsable devant la loi des commentaires laissés sur mon blog).
Je ne sais pas si je suis un "intello" du moins dans la manière dont vous le définissez implicitement. Même si c'est une partie de mon métier, je ne fais pas "que parler", je pense que j'agis aussi et que mon rôle éducatif est aussi d'être exemplaire et de fixer des limites aux jeunes que j'ai en face de moi
Considérer, comme le font certains critiques, que les "pédagogues" sont des laxistes permissifs est une erreur et une caricature.
PS: je mets très rarement “zéro"...

 
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