50 000 personnes dans les rues de Paris aujourd’hui pour protester contre le projet de loi Fillon présenté ce mardi à l’assemblée. Tous les quotidiens reviennent évidemment sur cet événement. On peut repérer trois tendances dans les articles de vos journaux. Une présentation des points clés de la réforme est faite dans quasiment tous. Certains (Le Figaro, Le Monde, Le Parisien…) vont se pencher sur les lycéens pour mieux les connaître et analyser leurs revendications. Enfin, on trouvera aussi des analyses autour du thème, maintes fois développé,du « mammouth » impossible à réformer et énumérant les réformes avortées. (Ouest France, Le Figaro, Libération…)
A signaler enfin deux points de vue dans Libération et un dans l’Humanité qui complètent l’analyse. On lira surtout celui d’André Giordan.
Bonne Lecture...
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Libération du 15/02/05
En rangs grognons
Profs et lycéens manifestent aujourd'hui contre le projet de loi Fillon
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«On ne peut pas faire le choix de se taire»
Depuis la dernière manifestation de jeudi, les lycéens entretiennent la mobilisation.
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Le lobby du grignotage repointe à l'école
Le lobby de l'agroalimentaire n'avale pas la lutte contre l'obésité des enfants. On croyait l'affaire des distributeurs automatiques d'aliments et de boissons dans les établissements scolaires définitivement réglée : la loi de santé publique, adoptée en août, les interdit à compter du 1er septembre prochain. Or un amendement parlementaire UMP à la loi Fillon sur l'Education nationale, que Libération s'est procuré, tente de contourner cette interdiction.
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Ecole, pour la réforme informelle
Par André GIORDAN
L'école n'a pas d'histoire ! Trente ans de réformes successives non préparées, non partagées, inachevées, pas évaluées n'ont servi à rien... Et pour confirmer cet état de fait, le nouveau ministre de l'Education va proposer sa réformette personnelle : une supposée nouvelle loi d'orientation. Pourtant, un peu de recul sur un passé récent montrerait que le changement de l'école ne se légifère pas... et que le changement ne vient jamais d'en haut ![…]
C'est cette culture du changement qu'il s'agit d'injecter dans nos organisations, et pour commencer à l'école. Nombre d'enseignants sont déjà prêts à s'y lancer si on leur «lâche les baskets», si on les reconnaît dans leurs efforts et leurs compétences, et surtout si on les accompagne dans leurs faux pas. Pour les autres, tout est une affaire de recrutement, de formation et de reconnaissance... Sur ce dernier plan, un ministre a alors peut-être sa place...
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Le socle commun, cadeau aux malchanceux de l'égalité
Le débat actuel sur «un socle commun de connaissances» à garantir à tous les élèves pendant la durée de leur scolarité obligatoire n'est en réalité que la reprise d'une question qui s'est posée au moment de la création d'un collège unique, en 1975. Quand tous les élèves accédaient au même collège, au nom de la démocratisation du système scolaire, il pouvait paraître légitime, voire nécessaire, de se demander quelle somme de savoirs et de compétences devait être partagée par tous.
Pourquoi, trente ans après, la même question se pose-t-elle comme si elle surgissait dans l'évidence d'une fraîcheur nouvelle. La réponse pourrait paraître aussi simple que désarmante : parce qu'elle n'a jamais été prise en charge, et, mieux encore, parce qu'on s'est évertué à l'éviter (malgré de périodiques velléités de confier le sujet à des commissions, autant dire que le problème pouvait continuer à attendre...). Alors pourquoi est-il devenu aujourd'hui aussi urgent de soulever la question qu'il était urgent de l'oublier ? Ce changement, voire ce revirement de politique, est en réalité le résultat et contrecoup de l'extraordinaire ambiguïté qui a présidé à l'instauration du collège et qui s'est maintenue. On a fait comme si le collège était unique, alors qu'il l'était si peu en réalité. Bien sûr, l'enseigne «unique» existait, les élèves les plus hétérogènes se retrouvaient dans les mêmes enceintes, sur les mêmes bancs.
Mais les apprentissages, au sein de ce collège «démocratique», étaient conduits selon des programmes, des formes de transmission, des orientations, donc des façons d'évaluer et de sélectionner, conformes aux codes culturels et voies de la méritocratie. Donc des exigences en aval du lycée général et de l'université.[…] le socle commun donne un éclairage singulier sur la politique actuelle de la République. Et cette réponse elle est écrite, pour qui sait lire, dans le rapport Thelot, qui justifie son vibrant plaidoyer pour un socle commun par l'idée à laquelle il va falloir se résoudre aujourd'hui : les inégalités scolaires sont et resteront irréductibles. Il faut simplement que la compétition scolaire _ ce dogme intouchable, cette évidence naturelle _ soit «juste». «Les inégalités engendrées par l'école seront d'autant plus acceptables que certains biens scolaires échapperont aux inégalités.» Ce pourquoi le socle commun y est présenté, à l'image du RMI (revenu minimum d'insertion) comme une sorte de «savoir minimum d'insertion», (SMI), chargé par conséquent d'atténuer, de neutraliser, de refroidir le trop-plein des inégalités.
Le tout au nom du nouveau visage que la République commence à donner d'elle-même sous l'espèce d'une morale de la compassion. Citons encore le rapport Thelot : «Une école juste ne peut se borner à construire une compétition juste. Elle doit construire aussi une éducation morale indépendante des performances des élèves et les protégeant à la fois de l'orgueil des vainqueurs comme de l'humiliation des vaincus.» Dans un monde impitoyable, il convient _ et le socle commun devra en être le signe tangible _ que les vainqueurs de la compétition généralisée de chacun contre tous, ceux qui courront comme des gazelles sur l'asphalte du socle, aient au moins le triomphe modeste, voire même se fassent vertueux : pour qu'ils donnent à penser aux perdants qu'ils les enveloppent quand même de toute leur compassion...
Le socle commun, c'est au fond le paquet cadeau qu'une société s'apprête à faire à tous les malchanceux de l'égalité des chances républicaine, dès lors qu'elle a renoncé aux fondations d'une école émancipatrice pour tous et fraternelle.
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Le Figaro du 15/02/05
Projet Fillon : les députés examinent, les lycéens défilent
Environ 30 000 personnes (50 000 selon ses organisateurs) ont défilé aujourd'hui dans Paris pour protester contre le projet de loi Fillon discuté dans le même temps au Parlement. Ce projet de loi d'orientation sur l'école, dans lequel ne figure plus la réforme du baccalauréat, fait l'objet d'une contestation de la gauche dans son ensemble. Seuls à soutenir le projet, les députés UMP affichent leur solidarité à l'égard du ministre de l'Education nationale, en dépit de leurs inquiétudes sur la modification de la carte scolaire.
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Fillon : «Je ne renonce pas à la réforme du bac, je prends le temps»
Le ministre de l'Education nationale François Fillon a affirmé ce matin qu'il «ne renonçait pas à la réforme du bac» mais qu'il «prenait le temps de convaincre».
Invité de France Inter alors que son projet de loi va être débattu au Parlement sans la partie sur le bac, le ministre a déclaré : «J'ai décidé de prendre plus de temps sur la question du bac car cette question n'est pas centrale. Elle ne permet pas aux jeunes de mieux réussir mais elle consiste seulement à faciliter l'organisation de l'examen et le rendre moins stressant pour les jeunes».
«Le bac est un symbole. Il faut tenir compte, au delà de la réalité, de la psychologie. Ainsi, tant que le sentiment d'injustice de cette réforme, que souhaite d'ailleurs une grande partie de la communauté éducative, ne sera pas effacé, je prendrai un peu plus de temps pour convaincre», a-t-il ajouté. «Je n'y renonce pas mais je ne la mettrai pas en place avant qu'elle soit comprise», a-t-il encore dit.
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Loi sur l'école : toute l'UMP derrière Fillon
Les députés entament cet après-midi l'examen du projet de loi d'orientation sur l'école, dans lequel ne figurera plus la réforme du baccalauréat. En dépit de ce geste d'apaisement de François Fillon, les lycéens, qui réclament le retrait total du projet, manifesteront à nouveau cet après-midi dans les rues de Paris. A l'Assemblée nationale, où le vote du texte est prévu le 2 mars, la gauche mènera une bataille en rangs serrés contre «une mauvaise réforme» élaborée dans la «confusion», a estimé hier le porte-parole du PS, Julien Dray, qui a appelé le gouvernement à «reprendre les choses à zéro». Seuls à soutenir le projet, les députés UMP afficheront leur solidarité à l'égard du ministre de l'Education nationale, en dépit de leurs inquiétudes sur la modification de la carte scolaire.
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Ces lycéens qui ont fait trébucher le ministre
Les lycéens vont de nouveau manifester cet après-midi contre le projet de loi de Fillon, au moment même où s'ouvriront les débats à l'Assemblée nationale. Alors que seules les académies de Paris, Créteil, Versailles et Bordeaux ne sont pas en vacances, les organisations lycéennes espèrent rassembler autant que jeudi dernier où plus de 100 000 jeunes s'étaient mobilisés. Portrait d'une génération qui a découvert la contestation au lendemain du 21 avril 2002.
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De la difficulté de réformer le mammouth
De petits compromis en grosses concessions, François Fillon a lâché prise. Il n'y aura pas de réforme du baccalauréat. Quitte à prendre un risque : celui d'avoir abandonné une des rares digues protégeant l'ensemble du projet de loi d'orientation, qui se trouve désormais en première ligne. Les syndicats d'enseignants et de lycéens l'ont d'ailleurs bien compris : tous ont radicalisé leur discours, exigeant désormais le retrait de tout le projet de loi.
Une opposition qui, une fois de plus, suggère une seule et unique question : peut-on réformer l'Education nationale ? Les grands rendez-vous du passé conduisent tous à un certain pessimisme. En 1986, la réforme d'Alain Devaquet accordant une plus grande autonomie aux universités est abandonnée sous la pression de la contestation étudiante ; un mouvement dramatiquement endeuillé par la mort d'un jeune homme, Malik Oussékine. En 1994 et 1995, Edouard Balladur, alors premier ministre, lâche successivement sur le CIP (contrat d'insertion professionnelle) et une réforme des IUT pilotée – déjà – par François Fillon. En 1999, c'est au tour de Claude Allègre de se heurter aux refus des lycéens et des enseignants sur plusieurs fronts. Enfin, Luc Ferry doit abandonner en 2003 une nouvelle tentative de réforme des universités.
Plusieurs raisons expliquent cette grande rigidité de l'Education nationale. C'est d'abord le seul domaine qui compte quasiment autant de spécialistes que de citoyens. «Une extraordinaire familiarité trompeuse», assure un haut responsable du ministère. Surtout, il s'agit d'un système ultracentralisé qui doit gérer un effectif de près de 1,4 million de personnes, sous la coupe de syndicats ultraconservateurs. Enfin, les manifestations de lycéens ou d'étudiants sont toujours sources de grandes inquiétudes, notamment pour Jacques Chirac, qui était aux commandes à Matignon en 1986.[…]
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L'Humanité du 15/02/05
Lutte des classes à l’assemblée
Les lycéens sont dans la rue, les députés sur les bancs. Tandis que les premiers défilent aujourd’hui à l’appel des syndicats d’élèves et d’enseignants, les seconds débattent à partir d’aujourd’hui à l’Assemblée nationale du projet de loi sur l’école, rendu public par François Fillon le 12 janvier dernier
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« La réussite scolaire de tous est notre priorité »
Les parlementaires communistes vont déposer au Parlement leur projet alternatif.
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Des mesures ni neuves ni efficaces
Un rapport fait le point sur les politiques de soutien scolaire développées depuis trente ans.[…] Et voilà qu’un rapport remis au Haut Conseil d’évaluation de l’école leur donne raison. Le texte porte sur le « traitement de la grande difficulté scolaire au collège et à la fin de la scolarité obligatoire », et a été rédigé par André Hussenet, inspecteur général de l’éducation nationale, et Philippe Santana, inspecteur d’académie.
Revenant sur les politiques développées depuis trente ans, à savoir depuis la mise en oeuvre du collège unique, il fait le point sur les mesures entreprises pour résorber l’échec scolaire. Où l’on s’aperçoit tout d’abord que le CIRE, quel que soit le nom qu’on lui donne, n’est pas une idée neuve. Soutien scolaire à raison de trois heures par semaine dans les disciplines où l’enfant rencontre des difficultés ? Créé en 1977. Regroupement transitoire d’élèves en difficulté ? Même année de naissance. Aide au travail personnalisé ? Développée au milieu des années quatre-vingt. Surtout, le texte relève en substance l’inefficacité de dispositifs aujourd’hui défendus par François Fillon.[…]
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Comme une veille de grand jour
Hier, dans un grand lycée parisien, la mobilisation s’annonçait bien partie.
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Le sport ne passe pas les éliminatoires du socle
Exclue du socle commun de connaissances, l’éducation physique et sportive serait optionnelle au brevet des collèges. Un danger démocratique que dénoncent les professeurs de sports.
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« Le risque est de passer du soutien au seul contrôle »
Daniel Thin , sociologue, s’inquiète de la logique qui traverse les projets de loi Fillon et Borloo et le rapport Bénisti.[…]
Le risque est de passer de dispositifs de soutien à des dispositifs de contrôle, sinon policier du moins social, voire de disqualification des familles concernées. Le plan Borloo parle ainsi de familles « ne pouvant plus assurer leurs missions ». Ce qui tend finalement à désigner les familles populaires comme la source des problèmes et à nier le fait que l’échec est aussi le fruit de l’école. Insister sur la prise en charge psychiatrisée des enfants dès le primaire, par exemple, laisse entendre que finalement tout cela n’est pas affaire d’apprentissages mais de difficultés intrinsèques à l’enfant. Or cet élément apparaît dans le texte de Borloo et est particulièrement développé chez Bénisti.
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Dix organisations face au ministre
Associations de lutte contre l’exclusion, de parents d’élèves, mouvements de jeunesse et familial, syndicat, au total dix organisations demandent à François Fillon de revoir sa copie. Reprenant à leur compte le terme de « socle commun », les signataires de cette lettre (ATD-Quart-Monde, FCPE, Ligue de l’enseignement, JOC, CSF, AFL, CFDT, FNARS, Confédération étudiante, CNAFAL.) ouverte exigent un engagement réel pour la réussite de tous. « Un socle commun pour tous implique que le collège accueille tous les jeunes, sans exclusion, sans pré-orientation précoce et que les pratiques pédagogiques soient renouvelées, indiquent les dix. Loin d’être un minimum culturel, le socle commun doit être la base sur laquelle pourra se construire une formation tout au long de la vie. » Et de rappeler que 160 000 jeunes sortent chaque année du système éducatif sans diplôme.
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Commémorons la loi de 1905, avec beaucoup de discrétion...
Le saviez-vous ? Les commémorations du centenaire de la loi de 1905, prévues pour durer toute l’année, ont débuté hier. Si, si. À 15 heures, Jean-Pierre Raffarin devait assister à la « séance solennelle d’ouverture » sous la coupole du vénérable Institut de France. Au programme : cinq conférences assurées par des membres de l’académie des sciences morales et politiques, de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et de l’Académie française.
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Le Parisien du 15/02/05
Lycéens et profs prêts à aller jusqu'au bout
Journée cruciale pour la réforme de l'école. Les lycéens, rejoints par les enseignants, redescendent dans la rue, tandis que l'Assemblée nationale examine un projet de loi déjà amputé. De cette mobilisation dépend l'avenir du texte.
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Pour Fillon, c'est quitte ou double
FACE À LA PRESSION de la rue, le ministre de l'Education a laissé ces derniers jours une fâcheuse impression de flottement. De demi-recul en semi-fermeté, François Fillon a paru hésiter, pour finalement préciser dimanche soir qu'il sortait la réforme du bac du texte global. Au ministère, on dément pourtant catégoriquement l'impopularité du projet. En brandissant un sondage commandé à l'institut CSA et réalisé ce week-end, selon lequel 62 % des Français sont favorables à la réforme du bac. Fillon veut y croire. Mais peut-il encore tenir ? En quelques mois, la crise s'est nouée.
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Ils sont jeunes et défient le pouvoir
ILS ENCHAINENT les interviews, désignent des « attachés de presse » dans leurs rangs, envoient des fax aux médias à chaque fois qu'un mot de François Fillon leur reste en travers de la gorge et n'ont plus de voix à force de haranguer les cortèges... Et pourtant, ils n'ont que 17 ou 18 ans. Manipulés ? Politisés, plutôt. A gauche, pour la plupart. Au nom d'une certaine idée de « l'éducation » et de « l'égalité », deux mots qui reviennent constamment dans leurs discours parfois maladroits et fiévreux. Tout au long de l'année, ils sont quasi invisibles dans le petit paysage lycéen. Le nombre de leurs adhérents, tous syndicats confondus, ne dépasse pas les 6 000 dans toute la France. Et pourtant, les voilà devenus porte-parole surexposés de plus de 100 000 gamins qui ignorent, pour la plupart, que des élections lycéennes se déroulent dans un mois.
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Les sept raisons d'une crise persistante
1 La bataille des moyens
2 La suppression des TPE
3 La crainte des inégalités
4 La revanche des profs
5 Le bac, toujours le bac
6 La réquisition des enseignants
7 La personnalité du ministre
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Toutes ces réformes qui ont capoté...
1986, 1994, 1995, 2000, 2003…
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La Croix du 15/02/05
Rien vu...
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20 minutes du 15/02/05
Les lycéens veulent le K.-O. de Fillon
« On est dans un combat de boxe, on ne va pas s’arrêter au premier round. » Khalil Oudaoud, vice-président de la FIDL (Fédération indépendante démocratique lycéenne) cherche le K.-O. Après avoir annoncé dimanche le retrait de « tout ce qui a trait à la réforme du baccalauréat », François Fillon doit essuyer cet après-midi de nouvelles manifestations lycéennes dans tout le pays. C’est l’ensemble de la réforme de l’école du ministre de l’Education qui est visé. Outre le retrait définitif de la loi Fillon examinée aujourd’hui par les députés, les lycéens réclament le retour des TPE (travaux personnels encadrés), un plan pluriannuel de recrutement et une allocation urgente de moyens. Selon Amandine Dupraz, secrétaire nationale de l’UNL (Union nationale lycéenne), « tout le monde est d’accord sur les objectifs de la réforme : la maîtrise d’un socle commun de connaissances, le soutien des élèves en difficulté, parfait ! Mais comment le ministre compte y parvenir sans déployer plus de moyens ? » Une position partagée par le porte-parole du PS, Julien Dray, qui a estimé hier que le gouvernement devait « répondre aux revendications en termes de moyens ». C’est enfin la perception que le gouvernement se fait de l’éducation qui est contestée : « S’arrêter au lire, écrire, compter n’est pas satisfaisant. Le lycée est le dernier creuset pour l’égalité des chances, il faut en tenir compte !», soutient un lycéen.
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Ouest-France du 15/02/05
Editorial Réformer l'école, est-ce encore possible ?
Il n'y a qu'une seule question qui vaille : réformer l'école est-ce encore possible ? François Fillon s'en torture les méninges depuis plusieurs semaines. Avant lui, Luc Ferry, l'amateur distingué, et Claude Allègre, le boutefeu, s'y étaient cassé les dents. Ministres de droite ou de gauche, l'école les dévore. Seul l'habile Jack Lang s'en est sorti en jouant les pompiers, en éteignant les incendies de ses prédécesseurs, et en doutant que les lois fassent les grandes réformes.
François Fillon, à son tour, est dans la mêlée. Pour sauver l'essentiel de son projet, aujourd'hui devant l'Assemblée nationale, il a accepté de l'amputer de sa retouche au sacro-saint baccalauréat. Cent mille lycéens dans la rue et la menace d'une collusion entre professeurs et élèves, cela donne effectivement à réfléchir. Il n'avait guère le choix. L'Élysée ne tient pas à perdre un référendum pour gagner une réformette. Le nouveau bac a donc été renvoyé aux calendes grecques.
L'armistice scolaire n'est pas pour autant signé. La question générale de l'emploi dans les services publics, et particulièrement à l'Éducation nationale, mine le débat. À chacun ses chiffres. Le ministre sort sa calculette démographique : en vingt ans, 500 000 élèves en moins, 100 000 enseignants de plus. Enseignants qui font valoir la difficulté accrue du métier, les postes disparus d'aides éducateurs et de surveillants... Bref, ils souffrent, ils doutent et on leur parle budget. Dialogue impossible.[…] Irréformable l'école ? Sûrement pas. Ce serait faire injure à trente années d'évolutions depuis la grande réforme Haby de 1975, celle qui créa le collège unique. Seulement, depuis dix ans, le système est grippé. En panne. Panne d'inspiration. Panne de résultats et malaise grandissant dans les collèges, ces « petits lycées « qui n'en peuvent plus de l'hypocrisie d'un égalitarisme scolaire qui masque, en fait, un système demeuré élitiste.
Ce débat, les égalitaristes contre les élitistes, on l'a vu resurgir dans la rue la semaine dernière. C'est au nom de l'égalité que les lycéens défendaient le bac actuel. Comme si la seule obtention du diplôme leur ouvrait toutes les portes. Chimère qui montre combien l'école a besoin de réaffirmer ses choix, ses buts, ses valeurs, ses symboles. Faut-il en passer par la loi ? François Fillon lui-même en a longtemps douté. Les dés, toutefois, sont jetés. Mal jetés. Devant l'Assemblée nationale va se jouer une partie biaisée. L'opposition, confortée par les manifestants, va exiger le retrait du projet de loi. L'UDF promet d'être critique. L'UMP solidaire du ministre. Et chacun d'avoir le regard fixé sur l'horizon référendaire.
L'enjeu de l'école républicaine au XXIe siècle risque d'être escamoté. Seuls ne s'en plaindront pas les grands caciques du ministère de la rue de Grenelle. Leur ministre y aura laissé des plumes. Mais la réforme leur appartiendra. La puissante administration du « mammouth « aura une nouvelle fois sauvé son pouvoir.
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La loi sur l'école passe son examen
Combien de lycéens et d'enseignants seront dans les rues aujourd'hui, au moment où commence le débat parlementaire sur l'école ? De la mobilisation contre la loi Fillon dépendra la suite de l'épreuve de force entre le ministre de l'Éducation nationale et ses détracteurs
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La réforme en questions
Faut-il s'inquiéter du niveau général des élèves ?
• Qu'est-ce que le « socle commun » ?
• Que se passe-t-il pour un élève qui n'acquiert pas ce socle ?
• À quoi sert la « découverte professionnelle » au collège ?
• Qu'est-ce que la « note de vie scolaire » ?
• Peut-on remplacer tous les professeurs absents ?
• Le bac, les TPE (principales revendications des lycéens) font-ils partie du projet de loi ?
• Et les suppressions de postes d'enseignants ?
• A-t-on vraiment besoin d'une loi pour réformer l'école ?
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Le Monde daté du 16/02/05
Des dizaines de milliers de lycéens et d'enseignants ont défilé contre le projet de loi sur l'école
Des incidents provoqués par des casseurs ont émaillé le défilé à Paris. Alors que le groupe socialiste à l'Assemblée a réclamé, lors de l'ouverture des débats mardi 15 février, une loi de programmation pour "garantir les budgets", le ministre de l'éducation nationale, François Fillon, s'est dit prêt à "assumer [sa] mission" et continuer la réforme.
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Les députés examinent le projet de loi sur l'école dans un climat social tendu
Les manifestations d'un côté, le débat parlementaire de l'autre : le projet de loi d'orientation pour l'avenir de l'école présenté par François Fillon devait connaître, mardi 15 février, un double examen de passage. L'abandon de la réforme du baccalauréat n'a en effet pas suffi à désamorcer la contestation des enseignants et des lycéens, qui ont maintenu leur mot d'ordre de mobilisation en Ile-de-France et à Bordeaux - les seules régions où les vacances n'ont pas encore débuté -, le jour où les députés commencent l'examen du projet de loi. Alors que les parlementaires ont été appelés à amender le texte, la discussion en commission des affaires sociales a déjà permis de retenir des modifications. Décryptage des principales dispositions du projet
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Lycéens : les raisons de la colère, par Constance Blanchard
présidente de l'Union nationale lycéenne (UNL), est en classe de terminale L au lycée Lavoisier, à Paris.
[…]Nous accueillons avec satisfaction votre volonté affichée que la réforme du bac se fasse sur un consensus, à l'écoute des lycéens. Mais, au-delà de la réforme du bac, c'est bien sur l'ensemble de votre projet que nous voulons être entendus. Nous espérons que sur les TPE, sur les créations de postes d'enseignants, sur la priorité donnée aux lycées en difficulté et aux lycées professionnels, vous serez également sensibles aux raisons de notre colère. Monsieur le Ministre, prenez nos manifestations pour ce qu'elles sont : une chance pour la démocratie, la voix de jeunes qui n'aspirent qu'à une chose, avoir un droit à l'avenir.
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mardi, février 15, 2005
lundi, février 14, 2005
Revue de presse du lundi 14 février 2005
« Pauvre Fillon, il est dans la nasse… » c’est un spécialiste de ce genre de situation qui s’exprime ainsi dans le Parisien puisqu’il s’agit de… Claude Allègre. Le week-end a été marqué par pas mal de confusions. Report ou annulation ? Au final, il semblerait que la réforme du Bac soit abandonnée mais pas le reste de la réforme. Qu’en sera t-il demain ?
Quant aux TPE, F.Fillon confirme qu’il les introduit au bac en Première. On peut noter aussi avec une certaine malice que les mêmes lycéens qui refusent le contrôle continu au bac, réclament le retour des TPE qui comportent une bonne part de ce même contrôle continu…
Bonne Lecture...
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Libération du 14/02/05
Fillon admet son repli et se fait consoler à l'UMP
Dur à avaler, loin d'être digéré, mais enfin avoué. Il aura fallu quatre jours à François Fillon, pourtant omniprésent dans les médias, pour reconnaître enfin explicitement sa reculade sur le bac. A l'approche de l'examen de son projet de loi d'orientation sur l'école, à partir de demain à l'Assemblée, le ministre de l'Education nationale a annoncé, sur Europe 1, que sa réforme sera «modifiée par un amendement gouvernemental».
Celui-ci supprimera la mention _ inscrite dans le rapport annexé à son texte _ de la limitation de l'examen du bac à six épreuves terminales, les autres matières devant faire l'objet d'un contrôle continu. «Ce qui m'a incité à reculer sur le bac, c'est qu'il y a beaucoup d'incompréhension dans le pays», a expliqué Fillon en souhaitant que les discussions sur le bac avec «l'ensemble des organisations [...] repartent à zéro» sur la base du «cahier des charges [...] le plus souple possible». Histoire de ne pas perdre totalement la face, le ministre s'est voulu ferme, en revanche, sur le maintien du reste de sa réforme. Au point, alors qu'il se voulait rassurant, de lâcher une sorte de mise en garde : «Sur le bac, et seulement sur cette question-là, nous ne passerons pas en force.»
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La société de la connaissance Par Jean-Marc AYRAULT
Pauvre école à qui l'on ne passe rien et demande tout : enseigner mais aussi réparer toutes les fractures auxquelles notre société ne parvient plus à faire face. Le paradoxe veut que l'Etat n'assume pas cette dimension globale et identitaire. L'éducation est son premier budget, parfois sa première priorité, mais sa gestion demeure sectorielle. Les ministres se succèdent et les réformes avec. Ici le collège, là le baccalauréat, une autre fois le LMD.
Cette méthode parcellaire, dont le projet de loi d'orientation de François Fillon est le dernier avatar, a conduit à une impasse. L'éducation doit redevenir le coeur d'un projet de société comme Michelet l'a si bien défini : «Quelle est la première partie de la politique ? L'éducation ; la deuxième ? L'éducation ; la troisième ? L'éducation.» C'est cette vision d'une société éducative et universelle que je veux porter aujourd'hui avec les socialistes.
Sa première priorité est de rendre à l'école publique son rôle d'émancipation sociale.[…]
De nombreux établissements expérimentent déjà des méthodes spécifiques pour répondre aux difficultés de leurs élèves. Elles ne sont pas toutes orthodoxes mais elles marchent souvent. Ce qui leur manque, c'est un pilotage académique qui permette de les évaluer et, le cas échéant, de les étendre à d'autres. Ces établissements attendent le courage du politique d'instituer des mesures dérogatoires : la diminution du nombre d'élèves par classe, l'aménagement des temps de service, la mise en place de dispositifs pédagogiques spécifiques. Boutons l'uniformité hors des classes. On n'enseigne pas dans un collège défavorisé d'Evry comme on professe dans un établissement «prestigieux» du centre de Paris ! Aux conservateurs qui crient au nivellement par le bas, je réponds promotion par le haut. Et je vais même plus loin en estimant pleinement légitime une augmentation significative des traitements de ceux qui exercent dans les établissements défavorisés. Trop souvent nos enseignants sont montrés du doigt, trop souvent ils vivent un sentiment de déclassement, voire de solitude face aux problèmes sociaux. La reconnaissance de leurs mérites est le fondement de leur autorité.[…]
Notre démarche sera d'autant plus crédible que les engagements pris seront tenus dans la durée. On trouve normal que l'Etat programme la construction d'un porte-avions sur vingt ans et on le refuse pour le parcours éducatif de même durée de millions d'enfants. Il est inconcevable qu'un projet de société aussi fondamental serve de variable d'ajustement financier. Je propose que l'Etat s'engage solennellement dans une loi de programmation. La pérennisation des crédits traduit la priorité qu'accorde la nation au service public d'éducation.
Mais nous avons payé pour savoir que la logique de moyens ne suffit pas si elle n'est pas accompagnée d'un contrat négocié avec la communauté éducative où elle s'engage avec l'Etat sur les réformes à opérer : la lutte contre l'échec scolaire ; les améliorations du collège ; l'obligation que tout élève sorte avec une qualification ou un diplôme ; l'évaluation des établissements... Nos enseignants ont soif de responsabilisation. Ils sont prêts à des évolutions. Ainsi, je crois possible de réfléchir avec eux à une refonte de leur formation, au travail en équipe, au tutorat, voire même à l'instauration d'une bivalence au collège (disposition à enseigner deux matières, qui existe dans d'autres pays européens et en France dans certains cas : histoire/géographie, français/latin...). L'école n'est pas vouée aux conflits si nous sommes capables d'inventer un nouveau partenariat auquel les parents d'élèves seront naturellement associés.[…]
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Le Figaro du 14/02/05
Raffarin et Sarkozy s'allient pour soutenir Fillon sur l'école
Sarkozy l'attaquant s'est mué samedi en défenseur de la réforme Fillon. Devant les nouveaux adhérents de l'UMP, dans une salle Gaveau bourrée à craquer, il a exhorté le ministre de l'Education à «tenir bon» face aux «forces de l'immobilisme et du conservatisme» : «Nous avons été élus pour réformer la France et nous devons continuer notre travail de réforme !» Au passage, il a conseillé à l'intention de la gauche qu'«on n'utilise pas trop les lycéens», qui n'ont pas forcément «des idées extrêmement précises sur la façon dont doit être organisée l'Education nationale». Ce qui ne doit pas être le cas de Roy Dauvergne, 17 ans, et Jonathan Leroux, 19 ans, puisque Nicolas Sarkozy a présenté au public ces deux jeunes militants de l'UMP en expliquant qu'ils seraient chargés «d'organiser la prise de parole dans les lycées», afin que «la majorité silencieuse s'exprime».
Les Jeunes Populaires ne seront qu'un élément de la contre-offensive lancée samedi. Les députés iront dans les écoles expliquer la réforme. Le parti, lui, diffusera à partir de demain un tract tiré à un million d'exemplaires. Nicolas Sarkozy a enfin donné sa feuille de route au gouvernement : «L'UMP demande que le texte Fillon soit discuté au Parlement, comme il se doit dans une démocratie apaisée, dès la semaine prochaine.»
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Les parlementaires ne discuteront pas du bac
La réforme du baccalauréat ne sera plus inscrite dans la loi d'orientation sur l'école, dont la discussion débute demain à l'Assemblée. François Fillon l'a annoncé hier soir sur Europe 1. Il va déposer un amendement gouvernemental qui supprimera la phrase présente dans le rapport annexé au texte de loi. Ce rapport prévoyait de faire passer à six le nombre de matières obligatoires pour l'examen final, au lieu d'une douzaine actuellement.
Le ministre de l'Education veut ainsi se donner du temps sur le sujet «en reprenant les discussions à zéro». Quitte à envisager une réforme non plus pour 2007 mais pour 2008. Dans une interview au Journal du dimanche, le ministre de l'Education disait hier matin vouloir faire revenir autour de la table de négociations les syndicats d'enseignants, de lycéens et les associations de parents d'élèves. «Mais je ne suis pas psychorigide... Si les craintes ne disparaissent pas, si les tensions perdurent, nous ne réformerons pas le bac», expliquait-il au Journal du dimanche. «Il n'est pas question de passer en force» sur le bac, a-t-il insisté sur Europe 1 : «Il a un caractère symbolique beaucoup trop fort.» Enfin, François Fillon a annoncé ce week-end que la note des TPE (travaux personnels encadrés), obtenue en fin de première, compterait pour l'obtention de l'examen.
Cet abandon concernant le bac sera le seul. Sur le reste du texte, la fermeté reste de rigueur : «Le gouvernement ne reculera pas sur la loi d'orientation sur l'école», a affirmé le ministre.
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Réforme scolaire : le choc des cultures PAR ALAIN-GÉRARD SLAMA
Si l'on suit son premier mouvement, qui est celui de l'indignation, on éprouve devant le blocage de toute réforme scolaire par des maîtres constamment insatisfaits et par des lycéens sous influence un profond écoeurement. Quand les réformateurs se nommaient Claude Allègre et Luc Ferry, on pouvait supposer que le manque d'expérience politique de ces deux ministres portait une part de responsabilité dans les refus qu'ils essuyaient. On ne saurait en dire autant de la fronde dont fait l'objet M. Fillon, qui ne passe pas pour un inexpert.
L'indignation se justifie d'autant plus que les syndicats d'enseignants donnent l'impression de confondre leurs intérêts corporatistes avec leurs valeurs idéologiques. Au point qu'on ne sait plus aujourd'hui si l'idéologie est devenue le principal moteur du corporatisme, ou si ce n'est pas le corporatisme qui est devenu l'alibi de l'idéologie.
Non moins choquante est la responsabilité morale que ces enseignants prennent en jetant leurs jeunes élèves dans la rue. Les slogans qu'ils leur font répéter accusent le gouvernement d'orchestrer le recul des voies de spécialisation, de remettre en cause l'éducation artistique et d'instaurer un baccalauréat à plusieurs vitesses. Or aucun de ces procès d'intention n'est vrai. Ces professeurs, unanimes à reprocher leurs méthodes aux chaînes de télévision commerciales, devraient se demander s'ils n'exploitent pas, eux aussi, des heures d'activité cérébrale pour rendre des esprits immatures et désarmés disponibles à leur propagande.[…] Cela dit, le premier mouvement d'indignation passé, il faut s'interroger sur les raisons qui ont rendu possibles ces manipulations et les manifestations massives qu'elles ont soulevées.[…] Quand on parle de «fondamentaux», quand on évoque la maîtrise de la langue, l'accord apparent sur les mots ne renvoie pas aux mêmes contenus. Tout le monde est d'accord pour revaloriser les notions de travail, d'effort, de références communes. Mais les uns, plus «élitistes», pensent à la culture classique, à la connaissance du patrimoine littéraire et historique, à la maîtrise de la chronologie et de l'épaisseur sémantique des mots ; une fois acquis ces fondamentaux, ils savent que les années de lycée ou d'apprentissage devront les entretenir vivantes et disponibles, même si les orientations prennent des caps très différents.
Les autres, plus «égalitaristes», pensent la réussite scolaire en termes opérationnels ; ils mettent l'accent sur les langues étrangères, les techniques, les pratiques civiques et sociales dont le but est non d'optimiser, mais de maximiser le capital de connaissances nécessaire pour réussir dans une activité professionnelle. Dans cette optique, la fin du collège marque une transition radicale et la relation du maître à l'élève n'est plus celle du détenteur d'un savoir et d'une mémoire à celui qui a encore tout à apprendre, mais de deux adultes qui ne diffèrent que par le niveau d'expérience.
Ce sont là deux démarches antithétiques, dont le rapport Thélot a cherché à réaliser la synthèse avec des formules ingénieuses.[…]
Ce malentendu entre deux familles de pensée obscurcit depuis plusieurs années le débat sur l'inégalité des chances. Dans la querelle de l'examen d'entrée spécial à Sciences po, prévu pour les élèves des ZEP, il a opposé ceux qui privilégiaient avant tout les chances de réussite données à des candidats de banlieue et ceux qui, sans contester ce principe, estimaient que mieux aurait valu procéder à des remises à niveau dès les années de lycée, de façon à préserver l'exigence d'une certaine idée de la culture, en maintenant le même examen pour tous comme le fait l'Essec.[…]
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Laïcité : les nouveaux enjeux de la loi de 1905
Les cérémonies officielles dédiées à la célébration du centenaire de la loi de 1905, dite de séparation entre les Églises et l'Etat, s'ouvrent cet après-midi sous la coupole de l'Académie française. En présence de Jean-Pierre Raffarin, qui a confié à l'Institut des sciences morales et politiques la commémoration de cet anniversaire, plusieurs académiciens, à la suite de Jean Tulard, tenteront de définir le cadre historique dans lequel ont été posés les fondements de la laïcité française. Au terme de quatre autres grands rendez-vous, qui seront consultables sur le site 1905-2005.fr, l'Académie a invité le président de la République à conclure, en fin d'année, la commémoration de la loi votée le 9 décembre 1905.
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Laïcité : Des disparités sur le territoire de la République
La loi de 1905 a été votée alors que l'Alsace- Lorraine était allemande. Malgré leur retour dans le giron français, les départements alsaciens du Bas-Rhin et Haut-Rhin, comme celui de Moselle, sont aujourd'hui encore régis par la législation concordataire, agrémentée de dispositions de droit allemand. En Alsace-Lorraine, les quatre cultes reconnus sous le Concordat sont l'Eglise catholique, l'Eglise de la confession d'Augsbourg (luthérienne), l'Eglise réformée (calviniste) et le culte israélite. Depuis lors, les ministres de ces cultes sont investis et rémunérés par l'État. L'enseignement de ces cultes est obligatoire dans les établissements publics. Les collectivités publiques participent à leurs dépenses, entretiennent leurs édifices, et peuvent leur verser des subventions
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L'Humanité du 14/02/05
Fillon recule pour mieux sauter
La réforme du bac n’aura pas lieu... cette semaine. Voilà bien l’unique donnée dont on soit sûr, à la veille de l’ouverture du débat parlementaire sur le projet de loi d’orientation sur l’école. Soumis à la pression des 100 000 jeunes qui ont défilé dans les rues jeudi dernier, François Fillon l’annonçait le soir même et le confirmait hier, dans les colonnes du Journal du dimanche : « Si les craintes ne disparaissent pas, si les tensions perdurent, nous ne réformerons pas le bac. » Lors d’une réunion de l’UMP, samedi, le ministre de l’Éducation précisait que la discussion sur le sujet sera déconnectée du débat parlementaire. Elle « va être reprise à zéro dès que les différents partenaires avec qui nous avons entamé les pourparlers et qui ont quitté la table ronde voudront bien revenir », a-t-il conclu.
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« Mardi, ça va être un moment fort »
Pour Jessica Dulauroy, responsable de la Jeunesse communiste, le projet Fillon va accroître les inégalités.
C’est un retour à la sélection qui prévalait il y a dix ans. Les différentes matières pouvant être en option, l’indispensable étant de savoir lire, écrire, compter, ceux qui seront limités à cela seront dans la même situation que ceux qui seront orientés en apprentissage. C’est un retour à l’élitisme pour répondre aux besoins du marché : les bons auront une bonne éducation, ils seront ultra-formés, très adaptables ; et les autres seront privés de culture générale, d’apprentissage de l’esprit critique, et deviendront des travailleurs dociles, précaires et mal payés.
En réalité, cette réforme est très idéologique. Tout est reporté à l’individu. On pourrait penser que trois heures de soutien scolaire, c’est bien, mais on aide l’individu sans remettre en cause le système qui produit l’échec scolaire des classes populaires. Cela culpabilise les jeunes, comme le gouvernement culpabilise les malades, les chômeurs... Dans notre domaine aussi, il privilégie la répression sur la prévention, avec la « note de vie scolaire », alors qu’il supprime les postes de surveillants. Le savoir est un pouvoir et nous voulons que ce pouvoir soit dans toutes les têtes.
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Le Parisien du 14/02/05
Fillon trouve du soutien (édition du 13/02/05)
CONSPUÉ jeudi par 100 000 lycéens manifestant dans la rue, vivement interpellé vendredi dans les locaux du « Parisien-Aujourd'hui en France » par huit d'entre eux, François Fillon a enfin trouvé un doux réconfort hier matin salle Gaveau, à Paris, où plus d'un millier de « nouveaux adhérents » de l'UMP ont applaudi son projet de réforme de l'école. Le ministre de l'Education, en ces jours de turbulence, a surtout reçu le soutien de Nicolas Sarkozy et de Jean-Pierre Raffarin. Le premier l'engageant à « tenir bon » face à la contestation, le second saluant son « écoute » et son « courage ».
Comme il l'affirmait dans nos colonnes la veille, Fillon a d'ailleurs confirmé qu'il ne renonçait pas à son texte, que les députés commenceront à examiner dès mardi. Mais la réforme du baccalauréat, la plus critiquée, sera « déconnectée du débat parlementaire », a précisé le ministre hier.
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Le ministre recule, les lycéens avancent
CETTE FOIS, C'EST SUR. A la veille d'une nouvelle mobilisation lycéenne, prévue demain à Paris, François Fillon renonce sans ambiguïté « à passer en force sur le bac ». Après une fin de semaine plutôt floue et des déclarations diversement interprétées, le ministre de l'Education nationale a précisé hier soir, sur Europe 1, qu'il retirait « tout ce qui avait trait à la réforme du baccalauréat » dans le projet de loi d'orientation sur l'école, débattu à partir de demain à l'Assemblée nationale.
« Je déposerai mardi un amendement gouvernemental qui supprimera la seule phrase où il est question du bac dans l'annexe du projet, a-t-il promis. Tout gouvernement n'aime pas voir les adolescents dans la rue. D'abord parce qu'il y a des risques pour eux, on l'a vu par le passé. Et parce que nul n'aime voir s'installer une incompréhension entre la jeunesse et les pouvoirs publics. » Le ministre temporise donc sur un ton de bon père de famille.
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Claude Allegre : « Pauvre Fillon, il est dans la nasse »
Pauvre Fillon !...Il est dans la nasse, mais il n'y est presque pour rien ! Et ça peut déraper alors que j'ai de l'estime pour l'homme. C'est la faute à qui ? A Chirac qui, depuis le début, se trompe du tout au tout. Il n'a pas senti le désarroi de la jeunesse. Il est vite mal à l'aise sur le terrain de l'Education nationale. Et, sous prétexte de tenir une promesse, il a imposé à Fillon - qui traînait les pieds - de faire une loi. Or c'était parfaitement inutile. Grâce au Code de l'éducation, que nous avons fait adopter avec Lionel Jospin, sur le modèle du Code du travail, il suffisait d'amender les textes existants, d'y rajouter quelques articles purement réglementaires. Mais Chirac, dont la politique de sécurité est perçue par les jeunes comme sécuritaire, et qui ne mesure pas à quel point le chômage angoisse les lycéens, n'en a eu cure. Il a dit : « Il faut une loi. » Dans son esprit, c'était évidemment une loi contre les socialistes. Or, au départ, Fillon avait pourtant assuré qu'il n'allait pas remettre en cause la loi Jospin. […]
En fait, la vraie question, c'est : pourquoi les profs sont-ils contre le contrôle continu au bac car, a priori, cela leur donnerait un pouvoir supplémentaire sur leurs élèves ? Réponse : ils ont le sentiment d'avoir perdu beaucoup de prestige, et le bac reste « le » totem. C'est pour ça que moi, je n'avais pas touché au bac. D'ailleurs, que s'est-il passé quand on a supprimé le brevet pendant un moment ? Eh bien, on l'a rétabli aussi sec. Aujourd'hui, il y a un cérémonial du bac, quasi sacré. Il ne faut pas y toucher.
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La Croix du 14/02/05
Le Pape s'exprime sur la laïcité
Samedi 12 février, le Pape a adressé une lettre aux évêques français, en vue du centenaire de la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905. Un colloque national s’ouvre lundi 14 février sur cette question, en présence de Jean-Pierre Raffarin
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20 minutes du 14/02/05
Le projet Fillon entre la rue et l’Assemblée
L’élève Fillon passe l’oral demain dans la rue et à l’Assemblée. Son projet de loi d’orientation sur l’école va être examiné au Palais Bourbon cette semaine, alors qu’une nouvelle journée nationale d’action doit rassembler demain des lycéens contre ce projet. Décrié par les syndicats, le volet consacré au baccalauréat a déjà réuni contre lui 100 000 jeunes dans toute la France jeudi dernier. Hier, le ministre de l’Education nationale a déclaré, dans Le Journal du Dimanche, que « si les craintes ne disparaissent pas, si les tensions perdurent, nous ne réformerons pas le bac ». Un nouveau signe d’apaisement après avoir reporté les travaux du groupe de travail sur le baccalauréat.
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Les dessous de la carte scolaire
Dans le 12e, la folie Courteline a gagné les parents
Rue du Docteur-Arnold-Netter (12e), le collège Georges-Courteline n’a pas de problèmes de recrutement. C’est l’établissement le plus demandé de l’arrondissement, et même « l’un des plus réclamés de Paris », note l’académie. Le collège fait ainsi chaque année l’objet de « pressions » intenses de la part des parents d’élèves pour y placer leurs enfants, confie l’un de ses responsables. « Heureusement, le standard fait barrage. Nous leur expliquons que nous ne pouvons rien pour eux, et nous les renvoyons vers l’académie.»
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L’Etat se garde les meilleurs morceaux
La décentralisation s’arrête en cours de chemin. Si les départements ont désormais la charge du découpage de la carte scolaire, l’Etat a pris soin de conserver ses prérogatives stratégiques. La délivrance des dérogations ou l’inscription en collège restent ainsi du ressort du rectorat. « J’ai une certaine indépendance par rapport aux parents d’élèves que n’ont pas les élus », plaide l’inspecteur d’académie Didier Jouault. A l’instar des places en crèche, l’inscription en collège pourrait en effet faire l’objet de pressions des parents — par ailleurs électeurs – sur les maires d’arrondissement
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L’enseignement privé, une autre porte de sortie
« Un vrai problème à Paris », selon les syndicats. Pour contourner la carte scolaire, de nombreux parents n’hésitent pas à inscrire leur enfant dans un collège privé, non soumis à la sectorisation. Dans la capitale, c’est le cas d’« un élève sur trois », évalue Nicole Sergent, responsable du Syndicat national des enseignements du second degré.
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Ouest-France du 14/02/05
Réforme Fillon : une semaine décisive
Semaine décisive pour la réforme de l'enseignement. À partir de mardi, la loi Fillon sera examinée par l'Assemblée nationale. Le même jour, les lycéens opposés à la réforme du bac appellent à manifester. Mais, a annoncé le ministre hier soir : le bac ne fera pas partie de la loi
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Cent ans de laïcité à la française
La loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État a 100 ans. Elle ne devrait pas être modifiée, même si des aménagements sont envisageables pour prendre en compte la poussée de l'islam. C'est l'avis de Jean Baubérot, membre de l'ex-commission Stasi sur la laïcité.
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Le Monde daté du 15/02/05
Amputé et critiqué, le projet de loi Fillon arrive devant les députés
Le projet de loi d'orientation sur l'école doit être examiné par l'Assemblée nationale à partir du mardi 15 février, date à laquelle sont prévues de nouvelles manifestations. Le ministre de l'éducation nationale a annoncé qu'il retirait du texte les éléments contestés sur la réforme du baccalauréat.[...]Pour tenter de contrer la mobilisation des enseignants et des lycéens, l'UMP entend dépêcher sur le terrain ses parlementaires spécialisés dans les questions d'éducation à "la rencontre des professeurs et des élèves". Une manière d'obliger députés et sénateurs, qui sont nombreux à s'interroger sur l'opportunité de cette réforme, à afficher leur solidarité.
Par ailleurs, l'UMP devait faire distribuer, à partir du 14 février, un million de tracts intitulés "Tous ensemble pour faire réussir nos enfants", comportant les quatre ou cinq points clés de la réforme Fillon (socle commun de connaissances, apprentissage des langues vivantes, bourses au mérite, remplacement des professeurs). Enfin, deux élèves de lycées parisiens ont été désignés pour apporter la contradiction dans les assemblées générales...
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Un texte "sans ambition", selon les parents d'élèves
Là-dessus , ils sont unanimes : le projet de loi Fillon est d'abord une occasion manquée. Les parents d'élèves, qu'ils adhèrent à la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves), plutôt de gauche, à la PEEP (Parents d'élèves de l'enseignement public), plutôt de droite, ou encore à l'Unapel (Union nationale des associations de parents d'élèves de l'enseignement libre), pour le privé, le disent tous.
"wC'est une loi sans ambition, sans souffle", regrette Georges Dupon-Lahitte, président de la FCPE. "Claude Thélot et sa commission ont fait un travail remarquable. On attendait une loi riche et forte. J'éprouve une grande déception à voir que cette loi est très technique et ne contient que quelques dispositions", poursuit Eric Raffin, son homologue de l'Unapel. "On attendait autre chose, surtout après le travail mené par Claude Thélot. C'est une loi insipide et sans saveur", juge de son côté Josette Daniel, présidente de la PEEP.
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Quant aux TPE, F.Fillon confirme qu’il les introduit au bac en Première. On peut noter aussi avec une certaine malice que les mêmes lycéens qui refusent le contrôle continu au bac, réclament le retour des TPE qui comportent une bonne part de ce même contrôle continu…
Bonne Lecture...
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Libération du 14/02/05
Fillon admet son repli et se fait consoler à l'UMP
Dur à avaler, loin d'être digéré, mais enfin avoué. Il aura fallu quatre jours à François Fillon, pourtant omniprésent dans les médias, pour reconnaître enfin explicitement sa reculade sur le bac. A l'approche de l'examen de son projet de loi d'orientation sur l'école, à partir de demain à l'Assemblée, le ministre de l'Education nationale a annoncé, sur Europe 1, que sa réforme sera «modifiée par un amendement gouvernemental».
Celui-ci supprimera la mention _ inscrite dans le rapport annexé à son texte _ de la limitation de l'examen du bac à six épreuves terminales, les autres matières devant faire l'objet d'un contrôle continu. «Ce qui m'a incité à reculer sur le bac, c'est qu'il y a beaucoup d'incompréhension dans le pays», a expliqué Fillon en souhaitant que les discussions sur le bac avec «l'ensemble des organisations [...] repartent à zéro» sur la base du «cahier des charges [...] le plus souple possible». Histoire de ne pas perdre totalement la face, le ministre s'est voulu ferme, en revanche, sur le maintien du reste de sa réforme. Au point, alors qu'il se voulait rassurant, de lâcher une sorte de mise en garde : «Sur le bac, et seulement sur cette question-là, nous ne passerons pas en force.»
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La société de la connaissance Par Jean-Marc AYRAULT
Pauvre école à qui l'on ne passe rien et demande tout : enseigner mais aussi réparer toutes les fractures auxquelles notre société ne parvient plus à faire face. Le paradoxe veut que l'Etat n'assume pas cette dimension globale et identitaire. L'éducation est son premier budget, parfois sa première priorité, mais sa gestion demeure sectorielle. Les ministres se succèdent et les réformes avec. Ici le collège, là le baccalauréat, une autre fois le LMD.
Cette méthode parcellaire, dont le projet de loi d'orientation de François Fillon est le dernier avatar, a conduit à une impasse. L'éducation doit redevenir le coeur d'un projet de société comme Michelet l'a si bien défini : «Quelle est la première partie de la politique ? L'éducation ; la deuxième ? L'éducation ; la troisième ? L'éducation.» C'est cette vision d'une société éducative et universelle que je veux porter aujourd'hui avec les socialistes.
Sa première priorité est de rendre à l'école publique son rôle d'émancipation sociale.[…]
De nombreux établissements expérimentent déjà des méthodes spécifiques pour répondre aux difficultés de leurs élèves. Elles ne sont pas toutes orthodoxes mais elles marchent souvent. Ce qui leur manque, c'est un pilotage académique qui permette de les évaluer et, le cas échéant, de les étendre à d'autres. Ces établissements attendent le courage du politique d'instituer des mesures dérogatoires : la diminution du nombre d'élèves par classe, l'aménagement des temps de service, la mise en place de dispositifs pédagogiques spécifiques. Boutons l'uniformité hors des classes. On n'enseigne pas dans un collège défavorisé d'Evry comme on professe dans un établissement «prestigieux» du centre de Paris ! Aux conservateurs qui crient au nivellement par le bas, je réponds promotion par le haut. Et je vais même plus loin en estimant pleinement légitime une augmentation significative des traitements de ceux qui exercent dans les établissements défavorisés. Trop souvent nos enseignants sont montrés du doigt, trop souvent ils vivent un sentiment de déclassement, voire de solitude face aux problèmes sociaux. La reconnaissance de leurs mérites est le fondement de leur autorité.[…]
Notre démarche sera d'autant plus crédible que les engagements pris seront tenus dans la durée. On trouve normal que l'Etat programme la construction d'un porte-avions sur vingt ans et on le refuse pour le parcours éducatif de même durée de millions d'enfants. Il est inconcevable qu'un projet de société aussi fondamental serve de variable d'ajustement financier. Je propose que l'Etat s'engage solennellement dans une loi de programmation. La pérennisation des crédits traduit la priorité qu'accorde la nation au service public d'éducation.
Mais nous avons payé pour savoir que la logique de moyens ne suffit pas si elle n'est pas accompagnée d'un contrat négocié avec la communauté éducative où elle s'engage avec l'Etat sur les réformes à opérer : la lutte contre l'échec scolaire ; les améliorations du collège ; l'obligation que tout élève sorte avec une qualification ou un diplôme ; l'évaluation des établissements... Nos enseignants ont soif de responsabilisation. Ils sont prêts à des évolutions. Ainsi, je crois possible de réfléchir avec eux à une refonte de leur formation, au travail en équipe, au tutorat, voire même à l'instauration d'une bivalence au collège (disposition à enseigner deux matières, qui existe dans d'autres pays européens et en France dans certains cas : histoire/géographie, français/latin...). L'école n'est pas vouée aux conflits si nous sommes capables d'inventer un nouveau partenariat auquel les parents d'élèves seront naturellement associés.[…]
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Le Figaro du 14/02/05
Raffarin et Sarkozy s'allient pour soutenir Fillon sur l'école
Sarkozy l'attaquant s'est mué samedi en défenseur de la réforme Fillon. Devant les nouveaux adhérents de l'UMP, dans une salle Gaveau bourrée à craquer, il a exhorté le ministre de l'Education à «tenir bon» face aux «forces de l'immobilisme et du conservatisme» : «Nous avons été élus pour réformer la France et nous devons continuer notre travail de réforme !» Au passage, il a conseillé à l'intention de la gauche qu'«on n'utilise pas trop les lycéens», qui n'ont pas forcément «des idées extrêmement précises sur la façon dont doit être organisée l'Education nationale». Ce qui ne doit pas être le cas de Roy Dauvergne, 17 ans, et Jonathan Leroux, 19 ans, puisque Nicolas Sarkozy a présenté au public ces deux jeunes militants de l'UMP en expliquant qu'ils seraient chargés «d'organiser la prise de parole dans les lycées», afin que «la majorité silencieuse s'exprime».
Les Jeunes Populaires ne seront qu'un élément de la contre-offensive lancée samedi. Les députés iront dans les écoles expliquer la réforme. Le parti, lui, diffusera à partir de demain un tract tiré à un million d'exemplaires. Nicolas Sarkozy a enfin donné sa feuille de route au gouvernement : «L'UMP demande que le texte Fillon soit discuté au Parlement, comme il se doit dans une démocratie apaisée, dès la semaine prochaine.»
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Les parlementaires ne discuteront pas du bac
La réforme du baccalauréat ne sera plus inscrite dans la loi d'orientation sur l'école, dont la discussion débute demain à l'Assemblée. François Fillon l'a annoncé hier soir sur Europe 1. Il va déposer un amendement gouvernemental qui supprimera la phrase présente dans le rapport annexé au texte de loi. Ce rapport prévoyait de faire passer à six le nombre de matières obligatoires pour l'examen final, au lieu d'une douzaine actuellement.
Le ministre de l'Education veut ainsi se donner du temps sur le sujet «en reprenant les discussions à zéro». Quitte à envisager une réforme non plus pour 2007 mais pour 2008. Dans une interview au Journal du dimanche, le ministre de l'Education disait hier matin vouloir faire revenir autour de la table de négociations les syndicats d'enseignants, de lycéens et les associations de parents d'élèves. «Mais je ne suis pas psychorigide... Si les craintes ne disparaissent pas, si les tensions perdurent, nous ne réformerons pas le bac», expliquait-il au Journal du dimanche. «Il n'est pas question de passer en force» sur le bac, a-t-il insisté sur Europe 1 : «Il a un caractère symbolique beaucoup trop fort.» Enfin, François Fillon a annoncé ce week-end que la note des TPE (travaux personnels encadrés), obtenue en fin de première, compterait pour l'obtention de l'examen.
Cet abandon concernant le bac sera le seul. Sur le reste du texte, la fermeté reste de rigueur : «Le gouvernement ne reculera pas sur la loi d'orientation sur l'école», a affirmé le ministre.
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Réforme scolaire : le choc des cultures PAR ALAIN-GÉRARD SLAMA
Si l'on suit son premier mouvement, qui est celui de l'indignation, on éprouve devant le blocage de toute réforme scolaire par des maîtres constamment insatisfaits et par des lycéens sous influence un profond écoeurement. Quand les réformateurs se nommaient Claude Allègre et Luc Ferry, on pouvait supposer que le manque d'expérience politique de ces deux ministres portait une part de responsabilité dans les refus qu'ils essuyaient. On ne saurait en dire autant de la fronde dont fait l'objet M. Fillon, qui ne passe pas pour un inexpert.
L'indignation se justifie d'autant plus que les syndicats d'enseignants donnent l'impression de confondre leurs intérêts corporatistes avec leurs valeurs idéologiques. Au point qu'on ne sait plus aujourd'hui si l'idéologie est devenue le principal moteur du corporatisme, ou si ce n'est pas le corporatisme qui est devenu l'alibi de l'idéologie.
Non moins choquante est la responsabilité morale que ces enseignants prennent en jetant leurs jeunes élèves dans la rue. Les slogans qu'ils leur font répéter accusent le gouvernement d'orchestrer le recul des voies de spécialisation, de remettre en cause l'éducation artistique et d'instaurer un baccalauréat à plusieurs vitesses. Or aucun de ces procès d'intention n'est vrai. Ces professeurs, unanimes à reprocher leurs méthodes aux chaînes de télévision commerciales, devraient se demander s'ils n'exploitent pas, eux aussi, des heures d'activité cérébrale pour rendre des esprits immatures et désarmés disponibles à leur propagande.[…] Cela dit, le premier mouvement d'indignation passé, il faut s'interroger sur les raisons qui ont rendu possibles ces manipulations et les manifestations massives qu'elles ont soulevées.[…] Quand on parle de «fondamentaux», quand on évoque la maîtrise de la langue, l'accord apparent sur les mots ne renvoie pas aux mêmes contenus. Tout le monde est d'accord pour revaloriser les notions de travail, d'effort, de références communes. Mais les uns, plus «élitistes», pensent à la culture classique, à la connaissance du patrimoine littéraire et historique, à la maîtrise de la chronologie et de l'épaisseur sémantique des mots ; une fois acquis ces fondamentaux, ils savent que les années de lycée ou d'apprentissage devront les entretenir vivantes et disponibles, même si les orientations prennent des caps très différents.
Les autres, plus «égalitaristes», pensent la réussite scolaire en termes opérationnels ; ils mettent l'accent sur les langues étrangères, les techniques, les pratiques civiques et sociales dont le but est non d'optimiser, mais de maximiser le capital de connaissances nécessaire pour réussir dans une activité professionnelle. Dans cette optique, la fin du collège marque une transition radicale et la relation du maître à l'élève n'est plus celle du détenteur d'un savoir et d'une mémoire à celui qui a encore tout à apprendre, mais de deux adultes qui ne diffèrent que par le niveau d'expérience.
Ce sont là deux démarches antithétiques, dont le rapport Thélot a cherché à réaliser la synthèse avec des formules ingénieuses.[…]
Ce malentendu entre deux familles de pensée obscurcit depuis plusieurs années le débat sur l'inégalité des chances. Dans la querelle de l'examen d'entrée spécial à Sciences po, prévu pour les élèves des ZEP, il a opposé ceux qui privilégiaient avant tout les chances de réussite données à des candidats de banlieue et ceux qui, sans contester ce principe, estimaient que mieux aurait valu procéder à des remises à niveau dès les années de lycée, de façon à préserver l'exigence d'une certaine idée de la culture, en maintenant le même examen pour tous comme le fait l'Essec.[…]
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Laïcité : les nouveaux enjeux de la loi de 1905
Les cérémonies officielles dédiées à la célébration du centenaire de la loi de 1905, dite de séparation entre les Églises et l'Etat, s'ouvrent cet après-midi sous la coupole de l'Académie française. En présence de Jean-Pierre Raffarin, qui a confié à l'Institut des sciences morales et politiques la commémoration de cet anniversaire, plusieurs académiciens, à la suite de Jean Tulard, tenteront de définir le cadre historique dans lequel ont été posés les fondements de la laïcité française. Au terme de quatre autres grands rendez-vous, qui seront consultables sur le site 1905-2005.fr, l'Académie a invité le président de la République à conclure, en fin d'année, la commémoration de la loi votée le 9 décembre 1905.
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Laïcité : Des disparités sur le territoire de la République
La loi de 1905 a été votée alors que l'Alsace- Lorraine était allemande. Malgré leur retour dans le giron français, les départements alsaciens du Bas-Rhin et Haut-Rhin, comme celui de Moselle, sont aujourd'hui encore régis par la législation concordataire, agrémentée de dispositions de droit allemand. En Alsace-Lorraine, les quatre cultes reconnus sous le Concordat sont l'Eglise catholique, l'Eglise de la confession d'Augsbourg (luthérienne), l'Eglise réformée (calviniste) et le culte israélite. Depuis lors, les ministres de ces cultes sont investis et rémunérés par l'État. L'enseignement de ces cultes est obligatoire dans les établissements publics. Les collectivités publiques participent à leurs dépenses, entretiennent leurs édifices, et peuvent leur verser des subventions
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L'Humanité du 14/02/05
Fillon recule pour mieux sauter
La réforme du bac n’aura pas lieu... cette semaine. Voilà bien l’unique donnée dont on soit sûr, à la veille de l’ouverture du débat parlementaire sur le projet de loi d’orientation sur l’école. Soumis à la pression des 100 000 jeunes qui ont défilé dans les rues jeudi dernier, François Fillon l’annonçait le soir même et le confirmait hier, dans les colonnes du Journal du dimanche : « Si les craintes ne disparaissent pas, si les tensions perdurent, nous ne réformerons pas le bac. » Lors d’une réunion de l’UMP, samedi, le ministre de l’Éducation précisait que la discussion sur le sujet sera déconnectée du débat parlementaire. Elle « va être reprise à zéro dès que les différents partenaires avec qui nous avons entamé les pourparlers et qui ont quitté la table ronde voudront bien revenir », a-t-il conclu.
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« Mardi, ça va être un moment fort »
Pour Jessica Dulauroy, responsable de la Jeunesse communiste, le projet Fillon va accroître les inégalités.
C’est un retour à la sélection qui prévalait il y a dix ans. Les différentes matières pouvant être en option, l’indispensable étant de savoir lire, écrire, compter, ceux qui seront limités à cela seront dans la même situation que ceux qui seront orientés en apprentissage. C’est un retour à l’élitisme pour répondre aux besoins du marché : les bons auront une bonne éducation, ils seront ultra-formés, très adaptables ; et les autres seront privés de culture générale, d’apprentissage de l’esprit critique, et deviendront des travailleurs dociles, précaires et mal payés.
En réalité, cette réforme est très idéologique. Tout est reporté à l’individu. On pourrait penser que trois heures de soutien scolaire, c’est bien, mais on aide l’individu sans remettre en cause le système qui produit l’échec scolaire des classes populaires. Cela culpabilise les jeunes, comme le gouvernement culpabilise les malades, les chômeurs... Dans notre domaine aussi, il privilégie la répression sur la prévention, avec la « note de vie scolaire », alors qu’il supprime les postes de surveillants. Le savoir est un pouvoir et nous voulons que ce pouvoir soit dans toutes les têtes.
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Le Parisien du 14/02/05
Fillon trouve du soutien (édition du 13/02/05)
CONSPUÉ jeudi par 100 000 lycéens manifestant dans la rue, vivement interpellé vendredi dans les locaux du « Parisien-Aujourd'hui en France » par huit d'entre eux, François Fillon a enfin trouvé un doux réconfort hier matin salle Gaveau, à Paris, où plus d'un millier de « nouveaux adhérents » de l'UMP ont applaudi son projet de réforme de l'école. Le ministre de l'Education, en ces jours de turbulence, a surtout reçu le soutien de Nicolas Sarkozy et de Jean-Pierre Raffarin. Le premier l'engageant à « tenir bon » face à la contestation, le second saluant son « écoute » et son « courage ».
Comme il l'affirmait dans nos colonnes la veille, Fillon a d'ailleurs confirmé qu'il ne renonçait pas à son texte, que les députés commenceront à examiner dès mardi. Mais la réforme du baccalauréat, la plus critiquée, sera « déconnectée du débat parlementaire », a précisé le ministre hier.
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Le ministre recule, les lycéens avancent
CETTE FOIS, C'EST SUR. A la veille d'une nouvelle mobilisation lycéenne, prévue demain à Paris, François Fillon renonce sans ambiguïté « à passer en force sur le bac ». Après une fin de semaine plutôt floue et des déclarations diversement interprétées, le ministre de l'Education nationale a précisé hier soir, sur Europe 1, qu'il retirait « tout ce qui avait trait à la réforme du baccalauréat » dans le projet de loi d'orientation sur l'école, débattu à partir de demain à l'Assemblée nationale.
« Je déposerai mardi un amendement gouvernemental qui supprimera la seule phrase où il est question du bac dans l'annexe du projet, a-t-il promis. Tout gouvernement n'aime pas voir les adolescents dans la rue. D'abord parce qu'il y a des risques pour eux, on l'a vu par le passé. Et parce que nul n'aime voir s'installer une incompréhension entre la jeunesse et les pouvoirs publics. » Le ministre temporise donc sur un ton de bon père de famille.
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Claude Allegre : « Pauvre Fillon, il est dans la nasse »
Pauvre Fillon !...Il est dans la nasse, mais il n'y est presque pour rien ! Et ça peut déraper alors que j'ai de l'estime pour l'homme. C'est la faute à qui ? A Chirac qui, depuis le début, se trompe du tout au tout. Il n'a pas senti le désarroi de la jeunesse. Il est vite mal à l'aise sur le terrain de l'Education nationale. Et, sous prétexte de tenir une promesse, il a imposé à Fillon - qui traînait les pieds - de faire une loi. Or c'était parfaitement inutile. Grâce au Code de l'éducation, que nous avons fait adopter avec Lionel Jospin, sur le modèle du Code du travail, il suffisait d'amender les textes existants, d'y rajouter quelques articles purement réglementaires. Mais Chirac, dont la politique de sécurité est perçue par les jeunes comme sécuritaire, et qui ne mesure pas à quel point le chômage angoisse les lycéens, n'en a eu cure. Il a dit : « Il faut une loi. » Dans son esprit, c'était évidemment une loi contre les socialistes. Or, au départ, Fillon avait pourtant assuré qu'il n'allait pas remettre en cause la loi Jospin. […]
En fait, la vraie question, c'est : pourquoi les profs sont-ils contre le contrôle continu au bac car, a priori, cela leur donnerait un pouvoir supplémentaire sur leurs élèves ? Réponse : ils ont le sentiment d'avoir perdu beaucoup de prestige, et le bac reste « le » totem. C'est pour ça que moi, je n'avais pas touché au bac. D'ailleurs, que s'est-il passé quand on a supprimé le brevet pendant un moment ? Eh bien, on l'a rétabli aussi sec. Aujourd'hui, il y a un cérémonial du bac, quasi sacré. Il ne faut pas y toucher.
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La Croix du 14/02/05
Le Pape s'exprime sur la laïcité
Samedi 12 février, le Pape a adressé une lettre aux évêques français, en vue du centenaire de la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905. Un colloque national s’ouvre lundi 14 février sur cette question, en présence de Jean-Pierre Raffarin
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20 minutes du 14/02/05
Le projet Fillon entre la rue et l’Assemblée
L’élève Fillon passe l’oral demain dans la rue et à l’Assemblée. Son projet de loi d’orientation sur l’école va être examiné au Palais Bourbon cette semaine, alors qu’une nouvelle journée nationale d’action doit rassembler demain des lycéens contre ce projet. Décrié par les syndicats, le volet consacré au baccalauréat a déjà réuni contre lui 100 000 jeunes dans toute la France jeudi dernier. Hier, le ministre de l’Education nationale a déclaré, dans Le Journal du Dimanche, que « si les craintes ne disparaissent pas, si les tensions perdurent, nous ne réformerons pas le bac ». Un nouveau signe d’apaisement après avoir reporté les travaux du groupe de travail sur le baccalauréat.
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Les dessous de la carte scolaire
Dans le 12e, la folie Courteline a gagné les parents
Rue du Docteur-Arnold-Netter (12e), le collège Georges-Courteline n’a pas de problèmes de recrutement. C’est l’établissement le plus demandé de l’arrondissement, et même « l’un des plus réclamés de Paris », note l’académie. Le collège fait ainsi chaque année l’objet de « pressions » intenses de la part des parents d’élèves pour y placer leurs enfants, confie l’un de ses responsables. « Heureusement, le standard fait barrage. Nous leur expliquons que nous ne pouvons rien pour eux, et nous les renvoyons vers l’académie.»
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L’Etat se garde les meilleurs morceaux
La décentralisation s’arrête en cours de chemin. Si les départements ont désormais la charge du découpage de la carte scolaire, l’Etat a pris soin de conserver ses prérogatives stratégiques. La délivrance des dérogations ou l’inscription en collège restent ainsi du ressort du rectorat. « J’ai une certaine indépendance par rapport aux parents d’élèves que n’ont pas les élus », plaide l’inspecteur d’académie Didier Jouault. A l’instar des places en crèche, l’inscription en collège pourrait en effet faire l’objet de pressions des parents — par ailleurs électeurs – sur les maires d’arrondissement
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L’enseignement privé, une autre porte de sortie
« Un vrai problème à Paris », selon les syndicats. Pour contourner la carte scolaire, de nombreux parents n’hésitent pas à inscrire leur enfant dans un collège privé, non soumis à la sectorisation. Dans la capitale, c’est le cas d’« un élève sur trois », évalue Nicole Sergent, responsable du Syndicat national des enseignements du second degré.
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Ouest-France du 14/02/05
Réforme Fillon : une semaine décisive
Semaine décisive pour la réforme de l'enseignement. À partir de mardi, la loi Fillon sera examinée par l'Assemblée nationale. Le même jour, les lycéens opposés à la réforme du bac appellent à manifester. Mais, a annoncé le ministre hier soir : le bac ne fera pas partie de la loi
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Cent ans de laïcité à la française
La loi de 1905 sur la séparation des Églises et de l'État a 100 ans. Elle ne devrait pas être modifiée, même si des aménagements sont envisageables pour prendre en compte la poussée de l'islam. C'est l'avis de Jean Baubérot, membre de l'ex-commission Stasi sur la laïcité.
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Le Monde daté du 15/02/05
Amputé et critiqué, le projet de loi Fillon arrive devant les députés
Le projet de loi d'orientation sur l'école doit être examiné par l'Assemblée nationale à partir du mardi 15 février, date à laquelle sont prévues de nouvelles manifestations. Le ministre de l'éducation nationale a annoncé qu'il retirait du texte les éléments contestés sur la réforme du baccalauréat.[...]Pour tenter de contrer la mobilisation des enseignants et des lycéens, l'UMP entend dépêcher sur le terrain ses parlementaires spécialisés dans les questions d'éducation à "la rencontre des professeurs et des élèves". Une manière d'obliger députés et sénateurs, qui sont nombreux à s'interroger sur l'opportunité de cette réforme, à afficher leur solidarité.
Par ailleurs, l'UMP devait faire distribuer, à partir du 14 février, un million de tracts intitulés "Tous ensemble pour faire réussir nos enfants", comportant les quatre ou cinq points clés de la réforme Fillon (socle commun de connaissances, apprentissage des langues vivantes, bourses au mérite, remplacement des professeurs). Enfin, deux élèves de lycées parisiens ont été désignés pour apporter la contradiction dans les assemblées générales...
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Un texte "sans ambition", selon les parents d'élèves
Là-dessus , ils sont unanimes : le projet de loi Fillon est d'abord une occasion manquée. Les parents d'élèves, qu'ils adhèrent à la FCPE (Fédération des conseils de parents d'élèves), plutôt de gauche, à la PEEP (Parents d'élèves de l'enseignement public), plutôt de droite, ou encore à l'Unapel (Union nationale des associations de parents d'élèves de l'enseignement libre), pour le privé, le disent tous.
"wC'est une loi sans ambition, sans souffle", regrette Georges Dupon-Lahitte, président de la FCPE. "Claude Thélot et sa commission ont fait un travail remarquable. On attendait une loi riche et forte. J'éprouve une grande déception à voir que cette loi est très technique et ne contient que quelques dispositions", poursuit Eric Raffin, son homologue de l'Unapel. "On attendait autre chose, surtout après le travail mené par Claude Thélot. C'est une loi insipide et sans saveur", juge de son côté Josette Daniel, présidente de la PEEP.
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dimanche, février 13, 2005
Revue de presse des hebdomadaires
(semaine du 7 au 13 février 2005)
Malgré la semaine chargée, les hedomadaires s’intéressent peu à l’éducation et à l’école. Parions qu’il n’en sera pas de même la semaine prochaine. On peut déjà voir les titres sur la « bonne surprise des lycéens » version Nouvel Obs ou l’ « école qui ne peut pas se réformer » et les « lycéens manipulés »version Figaro Magazine… On parie ?
Bonne lecture
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Le Nouvel Observateur du jeudi 10 Fevrier 2005 -
Raffarin : La négative attitude
Raffarin a beau répéter qu’il est à l’écoute, c’est une fin de non-recevoir qu’il a infligée aux manifestants du 5 février. Au risque de pousser les électeurs de gauche à dire non au référendum pour dire non à sa politique
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Le Point du 10 février 2005
Rien vu...
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L'Express du 7 février 2005
Les pilules du malheur
Gavés d'antidépresseurs et d'anxiolytiques, les jeunes Français sont de plus en plus nombreux à tenter de se suicider. Des voix s'élèvent pour dénoncer les tragiques effets secondaires de médicaments mal prescrits
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Gare aux déçus!
Dans la course pour attirer des étudiants étrangers, l'Université a décidé d'accélérer la cadence. Exemple: depuis le 17 janvier, les facs de droit sont accessibles sur Edudroit.net. Un portail qui permet au futur diplômé, grec, chilien ou danois, de s'inscrire, de son pays d'origine, sans passer par les files d'attente. Pour les universités, il s'agit aussi de rattraper les grandes écoles, parties avec une longueur d'avance. Telle Polytechnique, qui a créé, en 1995, un second concours d'entrée, destiné aux étrangers. Ceux-ci peuvent désormais passer les épreuves de l' «X» de Pékin, Téhéran ou Moscou. Résultat: un quart des lauréats sont étrangers. D'autres établissements, plus petits, ont rassemblé leurs forces pour organiser, à leur tour, des concours hors de nos frontières. C'est le cas du réseau «n + i», rassemblant 60 écoles d'ingénieurs.Cette mobilisation générale a payé.[…] Mais cette politique est paradoxale. Encouragés à venir, les étudiants étrangers ne sont pas incités à rester.
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Le Figaro-Madame/ Figaro Magazine samedi 12 janvier 2005
Le mal d'école
Son dernier livret scolaire n’était pas “ top ” ? Il rechigne à se lever le matin ? Son indolence devient inquiétante ? Il n’est pas trop tard pour reprendre les rênes. Avec les conseils de Corinne Goodman, psychologue spécialisée en coaching scolaire.[…] FAITES-LEUR LIRE…“ Pas envie d’aller à l’école ”, de Gilbert Longhi (éditions de La Martinière, collection “ Oxygène ”). Un livre “ punchy ”, où Gilbert Longhi, proviseur dans un lycée parisien, s’adresse aux adolescents (dès onze ans) et analyse les raisons des blocages : la peur de rater, la crainte exacerbée du regard de l’autre, l’ennui, le stress… Et il propose des solutions : ne jamais garder le “ mal d’école ” pour soi, prendre du recul par rapport aux copains anxieux ou sous pression, retrouver l’estime de soi dans un tout autre domaine (amoureux, sportif, musical…), développer une attitude positive en tout point. Bref, il y a des solutions pour sortir de la panne…
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Les jeunes Français accros au cannabis !
“ On estime à 850 000 le nombre de consommateurs de cannabis en France, soit un chiffre qui a doublé en dix ans ”, annonce Didier Jayle, président de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie). Et c’est surtout chez les fumeurs réguliers (au moins dix joints par mois) que l’augmentation est importante.
À dix-huit ans, un garçon sur cinq en fait l’usage, pour moitié moins de filles. Une enquête menée auprès de 100 000 jeunes de seize ans dans 35 pays européens donne à notre pays une place d’honneur peu enviable. Ses résultats nous font monter sur la deuxième marche du podium des consommateurs de cannabis, juste derrière la République tchèque et devant le Royaume-Uni et la Suisse.[…]
La campagne de lutte contre le cannabis bat son plein ce mois-ci avec, au programme, des spots télé et radio, des encarts dans la presse, des brochures pour les parents et les enfants, un guide pour arrêter, des tests d’autoévaluation de sa consommation... Mais elle est surtout l’occasion d’installer dans le temps une ligne téléphonique (Écoute Cannabis, au 0.811.91.20.20) et un réseau de 220 consultations anonymes et gratuites, réparties sur le territoire. Le but : permettre aux familles de trouver un terrain d’entente avec l’aide d’un médiateur (médecin, infirmière, éducateur...).
“ On s’engage à se voir deux ou trois fois, car il ne s’agit pas de plonger l’adolescent dans une psychothérapie mais de faire simplement un bilan, explique Jean-Claude Couteron. Cela suffit souvent à lui faire prendre conscience qu’il ne gère plus la situation alors qu’il le croit et que sa consommation est excessive. ” Du côté des parents, c’est également une manière de pacifier le débat pour renouer avec le dialogue et aussi parfois de rappeler le b.a.-ba. “ Car parler avec ses enfants, les interroger pour garder le contact et ne pas les autoriser à fumer à la maison est déjà un bon début ”, estime le Dr Serge Hefez.
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Politis du 10 février 2005
Rien vu...
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Marianne du 7 février 2005
Au Japon, on ne badine pas avec les examens
Au Japon, les examens sont une question de vie ou de mort. Pour les réussir, les étudiants sont prêts à tout, y compris à faire appel aux forces de l’ordre ! Un jeune homme de 18 ans devait passer une épreuve d’entrée à l’université de Kyoto. Retardé par un accident de circulation, il est allé voir des policiers et leur a demandé de l’aide. Estimant qu’un test d’entrée « affecte la vie d’un individu », ces derniers ont accepté de l’escorter en voiture jusqu’au centre d’examen. Ni une, ni deux, ils ont déclenché les sirènes et se sont lancés dans une course poursuite contre le temps, déposant finalement le jeune étudiant juste avant le début des épreuves fatidiques. On comprend mieux l’empressement des policiers lorsque l’on sait que la société japonaise accorde une importance extrême à l’éducation.
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Bonne lecture
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Le Nouvel Observateur du jeudi 10 Fevrier 2005 -
Raffarin : La négative attitude
Raffarin a beau répéter qu’il est à l’écoute, c’est une fin de non-recevoir qu’il a infligée aux manifestants du 5 février. Au risque de pousser les électeurs de gauche à dire non au référendum pour dire non à sa politique
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Le Point du 10 février 2005
Rien vu...
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L'Express du 7 février 2005
Les pilules du malheur
Gavés d'antidépresseurs et d'anxiolytiques, les jeunes Français sont de plus en plus nombreux à tenter de se suicider. Des voix s'élèvent pour dénoncer les tragiques effets secondaires de médicaments mal prescrits
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Gare aux déçus!
Dans la course pour attirer des étudiants étrangers, l'Université a décidé d'accélérer la cadence. Exemple: depuis le 17 janvier, les facs de droit sont accessibles sur Edudroit.net. Un portail qui permet au futur diplômé, grec, chilien ou danois, de s'inscrire, de son pays d'origine, sans passer par les files d'attente. Pour les universités, il s'agit aussi de rattraper les grandes écoles, parties avec une longueur d'avance. Telle Polytechnique, qui a créé, en 1995, un second concours d'entrée, destiné aux étrangers. Ceux-ci peuvent désormais passer les épreuves de l' «X» de Pékin, Téhéran ou Moscou. Résultat: un quart des lauréats sont étrangers. D'autres établissements, plus petits, ont rassemblé leurs forces pour organiser, à leur tour, des concours hors de nos frontières. C'est le cas du réseau «n + i», rassemblant 60 écoles d'ingénieurs.Cette mobilisation générale a payé.[…] Mais cette politique est paradoxale. Encouragés à venir, les étudiants étrangers ne sont pas incités à rester.
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Le Figaro-Madame/ Figaro Magazine samedi 12 janvier 2005
Le mal d'école
Son dernier livret scolaire n’était pas “ top ” ? Il rechigne à se lever le matin ? Son indolence devient inquiétante ? Il n’est pas trop tard pour reprendre les rênes. Avec les conseils de Corinne Goodman, psychologue spécialisée en coaching scolaire.[…] FAITES-LEUR LIRE…“ Pas envie d’aller à l’école ”, de Gilbert Longhi (éditions de La Martinière, collection “ Oxygène ”). Un livre “ punchy ”, où Gilbert Longhi, proviseur dans un lycée parisien, s’adresse aux adolescents (dès onze ans) et analyse les raisons des blocages : la peur de rater, la crainte exacerbée du regard de l’autre, l’ennui, le stress… Et il propose des solutions : ne jamais garder le “ mal d’école ” pour soi, prendre du recul par rapport aux copains anxieux ou sous pression, retrouver l’estime de soi dans un tout autre domaine (amoureux, sportif, musical…), développer une attitude positive en tout point. Bref, il y a des solutions pour sortir de la panne…
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Les jeunes Français accros au cannabis !
“ On estime à 850 000 le nombre de consommateurs de cannabis en France, soit un chiffre qui a doublé en dix ans ”, annonce Didier Jayle, président de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie). Et c’est surtout chez les fumeurs réguliers (au moins dix joints par mois) que l’augmentation est importante.
À dix-huit ans, un garçon sur cinq en fait l’usage, pour moitié moins de filles. Une enquête menée auprès de 100 000 jeunes de seize ans dans 35 pays européens donne à notre pays une place d’honneur peu enviable. Ses résultats nous font monter sur la deuxième marche du podium des consommateurs de cannabis, juste derrière la République tchèque et devant le Royaume-Uni et la Suisse.[…]
La campagne de lutte contre le cannabis bat son plein ce mois-ci avec, au programme, des spots télé et radio, des encarts dans la presse, des brochures pour les parents et les enfants, un guide pour arrêter, des tests d’autoévaluation de sa consommation... Mais elle est surtout l’occasion d’installer dans le temps une ligne téléphonique (Écoute Cannabis, au 0.811.91.20.20) et un réseau de 220 consultations anonymes et gratuites, réparties sur le territoire. Le but : permettre aux familles de trouver un terrain d’entente avec l’aide d’un médiateur (médecin, infirmière, éducateur...).
“ On s’engage à se voir deux ou trois fois, car il ne s’agit pas de plonger l’adolescent dans une psychothérapie mais de faire simplement un bilan, explique Jean-Claude Couteron. Cela suffit souvent à lui faire prendre conscience qu’il ne gère plus la situation alors qu’il le croit et que sa consommation est excessive. ” Du côté des parents, c’est également une manière de pacifier le débat pour renouer avec le dialogue et aussi parfois de rappeler le b.a.-ba. “ Car parler avec ses enfants, les interroger pour garder le contact et ne pas les autoriser à fumer à la maison est déjà un bon début ”, estime le Dr Serge Hefez.
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Politis du 10 février 2005
Rien vu...
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Marianne du 7 février 2005
Au Japon, on ne badine pas avec les examens
Au Japon, les examens sont une question de vie ou de mort. Pour les réussir, les étudiants sont prêts à tout, y compris à faire appel aux forces de l’ordre ! Un jeune homme de 18 ans devait passer une épreuve d’entrée à l’université de Kyoto. Retardé par un accident de circulation, il est allé voir des policiers et leur a demandé de l’aide. Estimant qu’un test d’entrée « affecte la vie d’un individu », ces derniers ont accepté de l’escorter en voiture jusqu’au centre d’examen. Ni une, ni deux, ils ont déclenché les sirènes et se sont lancés dans une course poursuite contre le temps, déposant finalement le jeune étudiant juste avant le début des épreuves fatidiques. On comprend mieux l’empressement des policiers lorsque l’on sait que la société japonaise accorde une importance extrême à l’éducation.
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samedi, février 12, 2005
Revue de presse du samedi 12 février 2005
Après les colonnes de 20 minutespuis de Libération, c’est au tour de celles du Parisien et du journal Le Monde d’accueillir la parole ministérielle. Dans Le Parisien, François Fillon est ici confronté aux questions d’un « panel » de lycéens (choisis par le journal). L’entretien a duré plus de deux heures et a amené le Ministre à revenir sur certains points de sa réforme. Il semble aussi revenir – un peu- sur les TPE puisqu’il annonce qu’ils seront évalués à la fin de la 1ere pour le Bac (dès cette année).
Dans le journal Le Monde, c’est une tribune d’opinion qu’a obtenu le Ministre. Pas de scoop mais la réaffirmation qu’il ne reculera pas sur le cœur de son projet. Un point cependant me questionne : d’où sort ce chiffre, martelé à chaque interview, de « 80 000 enfants qui entrent en 6e sans savoir correctement lire, écrire, compter »? Ce n’est pas parce qu’on répète quelque chose que ça devient une vérité. Un chiffre à confirmer en tout cas.
Bonne Lecture...
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Libération du 12/02/05
Un collège défend ses élèves irakiens
Une mobilisation s'organise autour de deux frères irakiens scolarisés depuis septembre au collège Charles-de-Gaulle de Fameck (Moselle), près de Metz. Mercredi 2 février au matin, Ahmed et M'Ahmed, 16 et 14 ans, sont convoqués, en plein cours, dans le bureau du principal du collège. Leur enseignant décide de les accompagner. Dans le bureau du proviseur, des gendarmes les attendent.
Leur père, en situation irrégulière, est sous le coup d'une mesure d'expulsion. Les gendarmes ont tenté de l'interpeller le matin même, mais ne l'ont pas trouvé à l'adresse de la famille, un hôtel du Samu social. «Les gendarmes se sont alors retournés vers ses fils», proteste le réseau Education sans frontière (1), collectif né à l'initiative d'enseignants défendant le droit à la scolarisation des élèves sans papiers.
Pensant que le père viendrait les chercher à la sortie de l'établissement, les gendarmes ont fait le planton à proximité. «Les adolescents ont servi d'appât», souligne la Ligue des droits de l'homme, alertée par des enseignants. Mais le père ne vient pas.[…]
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Comment Chirac a orchestré la volte-face sur le bac
«Papy Chirac» a tranché : pas question de prendre le risque de braquer la jeunesse. Aguerri par l'expérience de 1986 et les manifestations monstres contre le projet Devaquet, le chef de l'Etat avait déjà ordonné, il y a un an, le retrait de la réforme de l'université proposée par Luc Ferry. Jeudi, c'est sur son instruction que Jean-Pierre Raffarin et son ministre de l'Education, François Fillon, ont décidé de repousser à plus tard l'instauration d'une dose de contrôle continu dans le baccalauréat.
C'est mercredi en fin de matinée que la ligne a été fixée. Au cours du Conseil des ministres, le chef de l'Etat avait appelé les ministres à soutenir le projet. Une déclaration destinée à amuser la galerie, puisque, juste avant, Jacques Chirac avait réuni autour de lui Raffarin et Fillon pour leur dire que, à aucun prix, il ne fallait braquer les lycéens. […] A cet égard, on ne pourra que noter la différence de traitement entre le dossier des 35 heures et celui du bac. Dans le premier cas, Raffarin a tenu bon face aux 500 000 manifestants de samedi dernier, estimant que ce genre de défilés fait partie du rituel syndical. Dans le deuxième cas, il a suffi de 100 000 lycéens pour le faire plier. «Parce que les lycéens, c'est plus inflammable», reconnaît Matignon.
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Le ministre brouille les cartes
La volte-face aurait-elle été trop vive ? En passant du jour au lendemain d'un discours de soupçon sur les lycéens «manipulés» à un discours d'apaisement sur le mode «tout est ouvert à la discussion», le moins que l'on puisse dire est que François Fillon a brouillé les cartes. Objet du pataquès, cette phrase prononcée par le ministre de l'Education nationale, jeudi, sur France 3 : «Je ne ferai pas une réforme du bac tant que nous n'aurons pas levé les craintes qui sont exprimées.» Quelques heures avant, 100 000 lycéens étaient dans la rue ; la cause semble entendue : Fillon s'apprête à enterrer son projet de réforme. L'annonce de l'annulation de la prochaine réunion, prévue lundi prochain, du groupe de travail constitué le 17 janvier avec les organisations représentatives, est venue compléter, vendredi, ce repli ministériel.
Le hic, c'est qu'à reculer trop vite face à la rue, Fillon s'expose à une surenchère de revendications. Céder sur le bac passe encore, mais pas _ du moins pas encore _ sur la loi qui entre en discussion mardi à l'Assemblée. […]En attendant, les lycéens restent plus que jamais mobilisés. «Quand Fillon déclare qu'il veut qu'on arrive à un accord sur le bac, ça veut dire : "arrêtez de manifester, je ferai passer le projet pendant les vacances''», assurait vendredi la FIDL. Côté Snes-FSU, on craint aussi que le ministre «joue la montre en attendant les vacances». A leurs vacances, enseignants et lycéens sont prêts à renoncer : ils appellent à la grève et à manifester mardi, à l'ouverture du débat parlementaire
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Le Figaro du 12/02/05
Bac : Fillon justifie ses concessions
Le ministère de l'Education nationale a annoncé hier en fin d'après-midi l'annulation de la réunion, prévue lundi, du groupe de travail sur la réforme du bac. Au lendemain des manifestations de lycéens, et à la veille de l'ouverture de l'examen du projet de loi Fillon, qui sera ponctué par de nouveaux rendez-vous dans la rue, le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a assuré sur RTL que le gouvernement avait «les moyens de rassurer» les lycéens. A Meaux dans l'après-midi, il a salué les enseignants à qui «la société française doit savoir dire merci».
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L'UMP entre soulagement et agacement
La décision de François Fillon de suspendre la réforme du bac est accueillie avec un mélange de soulagement et d'agacement par la plupart les députés UMP. «L'organisation du bac est une vache sacrée, qu'il faudra sans doute corriger, mais l'important, c'était de lever l'obstacle, pour engager la réforme de structure prévue par la loi d'orientation sur l'école», affirme Hervé Mariton. «Dès lors qu'une réforme n'est pas comprise, on va vers l'affrontement et la confrontation», analyse Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée. Le député-maire de Rueil souligne que le gouvernement «est ouvert à la concertation, dès lors qu'il y a incompréhension sur une réforme». Le chiraquien François Baroin tient le même raisonnement, expliquant que l'«on ne peut pas nier l'ampleur de la mobilisation des lycéens» et qu'«il y a une vraie demande d'explication sur ce texte».
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Les syndicats lycéens maintiennent la pression
Vacances obligent, l'appel à manifester pour le 15 février va surtout se concentrer à Paris pour les trois académies de la région Ile-de-France et dans l'académie de Bordeaux. La volonté d'apaisement du ministre de l'Education, qui a annoncé, à propos du bac notamment, qu'il n'entreprendrait rien «tant que nous n'aurons pas levé les craintes qui se sont exprimées», n'a pas calmé les velléités des deux syndicats de lycéens (UNL et Fidl), ni du Snes (syndicat d'enseignant majoritaire dans le second degré).
Pour autant, les stratégies ne convergent pas tout à fait. Si la Fidl continue de demander le retrait «immédiat» du projet de loi de François Fillon sur l'école, le syndicat a accepté le dialogue avec le ministre de l'Education. «Mon bureau est ouvert aux organisations lycéennes», a déclaré ce dernier jeudi soir sur France 3 après la journée de mobilisation qui a vu défiler quelque 100 000 lycéens dans toute la France. Hier, le syndicat demandait donc une audience. «Nous sommes prêts à des discussions pour la réécriture d'un nouveau projet de loi», expliquait Coralie Caron, la secrétaire générale du syndicat. La rencontre devrait avoir lieu lundi, à la veille de la discussion parlementaire.
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Les autres dispositions du projet
La refonte du bac n'est qu'un des éléments de la future loi sur l'école qui sera discutée à partir de mardi à l'Assemblée nationale. En voici les principales dispositions :
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Christian Forestier : «Une réforme parfaitement légitime»
Président du Haut Conseil de l'évaluation de l'école, Christian Forestier défend la réforme du bac et l'introduction du contrôle continu.
il est urgent de s'adapter à ce qu'on est en droit d'attendre des lycéens.
Il faut que l'évaluation des langues vivantes à l'oral soit sérieusement envisagée. De même, les connaissances des élèves dans les disciplines des sciences expérimentales doivent être contrôlées par des travaux pratiques et non pas sous la seule forme de problèmes.
Il faut effectivement explorer de nouveaux modes d'évaluation pour certaines matières. Le contrôle en cours de formation existe déjà pour l'éducation physique et sportive depuis plusieurs années et tout le monde en est satisfait. Le contrôle continu au bac est également très répandu depuis fort longtemps dans certaines filières technologiques et dans la voie professionnelle.
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Constance Blanchard et Coralie Carron, les deux « meneuses » du mouvement
Elles sont âgées respectivement de 17 et 18 ans et sont à la tête des deux principaux syndicats lycéens qui ont rassemblé jeudi, près de 100 000 jeunes dans les principales villes de France contre le projet de loi Fillon.
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Ruptures scolaires et fracture sociale
PAR YVES MALIER Membre de l'Académie des technologies, ancien directeur de l'Ecole normale supérieure de Cachan.
Ruptures scolaires et fracture sociale : les liens sont forts entre ces deux sujets de société. Observons-les à la lumière des rigidités du «mammouth».On ne dira jamais assez l'urgence de combler les manques de connaissances et d'aptitudes fondamentales d'une trop grande partie des jeunes à la sortie de l'école élémentaire. Malheureusement, le grand dévouement et la bonne volonté de nos enseignants ne peuvent compenser les manques de formation et les fautes de méthode trop souvent enregistrés à l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM). Ainsi, la première année de collège synthétise, de façon irréversible, les conditions d'une si injuste et si précoce sélection. Il faut être bien loin des besoins des jeunes et des familles les plus modestes pour oser pérorer et parler de «smic culturel» quand s'affiche l'objectif de recentrer l'école primaire sur ses missions fondamentales. Après Claude Allègre, François Fillon s'y attaque et essuie les mêmes sarcasmes.
A la fin du collège, 41% des élèves, sans l'avoir vraiment choisi, sont «sortis» des voies générales. Ils sont vite rejoints par 6% des lycéens mis en situation d'échec en seconde ou en première. On ne peut qu'être très sévère à l'égard d'un système qui décide de la mise à l'écart de près de la moitié d'une classe d'âge sur les seuls critères d'adaptation à un trajet initial unique qui n'a laissé aucune place à la prise en compte des disparités physiques, humaines, sociales et culturelles de chacun de nos jeunes enfants.
Ce n'est pas le moindre de nos paradoxes en matière d'éducation : arc-boutée sur le refus de toute sélection à l'entrée à l'Université alors que cela paraît naturel dans la plupart des pays, notre société applique, de fait, cette sélection, avec la plus extrême rigueur et sans le dire, à tous ses enfants dès l'école primaire et le collège ![…] Heureusement, il existe des «oasis» de formations professionnelles où les élèves sont heureux et bien formés. Grâce à l'implication forte des professions, au doigté des chefs d'établissement et au formidable esprit «de maîtres compagnons modernes» de professeurs ayant, le plus souvent, échappé à l'emprise des IUFM, la réussite de ces établissements souligne, avec cruauté, les raisons du dysfonctionnement du système général. Souhaitons que l'analyse de ces réussites soit faite et conduise à des propositions pratiques.
Bien que timide à l'égard de méthodes dont l'inefficacité est prouvée, le projet de loi sur l'éducation offre des ouvertures significatives. Encore faudra-t-il qu'elles ne restent pas au stade d'espoir et que l'habitude de traiter les voies professionnelles à travers le seul prisme des voies générales ne soit pas, comme dans le passé, la méthode employée. De ce point de vue, le futur Haut Comité de l'éducation aura un grand devoir de vigilance et d'intervention. Souhaitons que l'accomplissement de ce grand devoir soit à la mesure des enjeux.
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L'Humanité du 12/02/05
Rien vu...
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Le Parisien du 12/02/05
Face aux lycéens, Fillon s'explique sur le bac
Au lendemain de la démonstration de force des lycéens, le ministre de l'Education nationale s'est livré hier, au siège de notre journal, à une explication serrée sur sa réforme du bac. Il l'affirme : il ne retire pas son texte. Jusqu'à quand ?
[…]Hier matin, dans les locaux de notre journal, le ministre persiste et signe. Mais les choses vont s'emballer. Sa rencontre avec un groupe de huit lycéens - qu'il avait acceptée dès mercredi - l'oblige à une longue explication, probablement plus serrée que prévu. Et déjà trop tardive ? Pendant deux heures, le ministre, souvent tendu, argumente, débat, s'insurge parfois. En tout cas, pas question pour lui de s'avouer déjà vaincu. Il ne retire pas - alors que les lycéens le lui demandent plusieurs fois - sa réforme du baccalauréat, et prévoit toujours l'introduction, dès la session de juin 2007, d'une dose de contrôle continu ou de partiels. « Je ne passerai pas en force, mais ce serait un vrai gâchis de se retirer », concède-t-il.
Quelques heures plus tard, pourtant, il suspend la réunion du groupe de travail sur le bac, prévue lundi prochain. Vrai recul cette fois. Pas si étonnant à quelques jours de la nouvelle mobilisation lycéenne et enseignante, mardi, jour où la loi sur l'école commencera à être débattue à l'Assemblée nationale. Au ministère, rue de Grenelle, on minimise : «Le climat n'est pas assez serein pour cette rencontre, on rectifie juste le calendrier.»
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François Fillon face aux lecteurs
« Je poursuivrai le dialogue jusqu'à ce que les craintes soient levées »
[en réponse à une question sur les TPE][…]Je vais vous dire ce que je vais faire pour que ça continue à vous donner des points au bac : 1) je maintiens les TPE en première ; 2) je les supprime en terminale parce que je considère qu'il y a trop d'heures, la charge de travail des élèves de terminale en France est la plus élevée de tous les pays développés ; 3) je propose qu'on prenne les résultats des TPE de première et qu'ils comptent pour le bac. Cela prendra effet dès cette année, vos résultats de TPE en première cette année compteront pour votre bac l'année prochaine[…]
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La Croix du 12/02/05
Rien vu...
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20 minutes du 12/02/05
Pas de 20 minutes le week-end…
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Ouest-France du 12/02/05
Fillon fléchit sur la réforme du bac
Après la poussée de colère lycéenne, jeudi, le ministre de l'Éducation nationale préfère discuter que passer en force. Jusqu'à renoncer à la réforme du baccalauréat, comme le revendiquent les jeunes manifestants ? Officiellement, ce n'est pas à l'ordre du jour.
Qu'est-ce qui se cache derrière la phrase, volontairement ambiguë, délivrée en toute hâte par le ministre de l'Éducation nationale, jeudi soir, sur France 3 ?[…] « rien n'est changé », poursuivait, hier, le cabinet du ministre.Rien ? Sauf qu'en fin d'après-midi, un courrier d'une sous-direction du ministère affirmait avoir « suspendu les travaux du groupe de travail sur la modernisation des baccalauréats ». Quoi ? Mais pas du tout !, répliquait, trois quarts d'heure plus tard, le cabinet du ministre. « La réunion est annulée lundi, mais, pour l'instant, il n'est pas question de le suspendre » définitivement. « Nous pensons juste, enchaîne Vincent Roger, conseiller du ministre, qu'en cette période de surenchère, il n'est pas nécessaire de maintenir une réunion à la veille d'une manifestation », à laquelle lycéens et enseignants ont appelé mardi.
Une telle cacophonie porte évidemment à douter de la parole officielle. Pour éviter une crise lycéenne mal maîtrisée, le gouvernement tenterait-il un repli ? Dans son édition de samedi, le journal Le Monde croyait même savoir qu'il « renonce à sa réforme du baccalauréat ». Pourtant, Vincent Roger ne cesse de répéter : « Le ministre maintient son projet, mais en se donnant simplement un peu d'élasticité au calendrier. »
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Le Monde daté du 13-14/02/05
M. Fillon "annule" une réunion du groupe de travail sur le baccalauréat sans "suspendre" ses travaux
Renoncement à la réforme du baccalauréat ? Au ministère de l'éducation, on démentait, vendredi 11 février, une telle décision de la part de François Fillon. "Je suis ouvert, je ne ferai pas une réforme du bac tant qu'on n'aura pas levé les craintes. Je veux qu'on arrive à un accord", avait déclaré le ministre sur France 3, au soir des manifestations massives de lycéens, jeudi. "Je ne passerai pas en force sur le bac", a-t-il confirmé dans un entretien publié par Le Parisien du samedi 12 février.
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Ecole : l'enjeu d'une génération; par François Fillon
En France, 60 millions d'avis coexistent sur l'école. Les débats sont encore trop marqués par des clivages idéologiques surannés, par des querelles entre disciplines et méthodes pédagogiques, parfois même entre parents et corps enseignant. Dans ces conditions, espérer atteindre le consensus est une gageure, à moins de le faire sur l'immobilisme. Alors, pour avancer, la réforme doit passer par des choix, des choix forcément critiqués et momentanément contestés.
L'enjeu de cette réforme est considérable : il s'agit, comme l'a voulu le président de la République, d'atteindre l'objectif de la réussite de tous les élèves.
L'école obligatoire recentrée sur les connaissances fondamentales, trois heures de soutien hebdomadaires à tous les élèves en difficulté, un plan sans précédent pour l'apprentissage des langues étrangères, la multiplication par trois des bourses au mérite, la multiplication par cinq des dispositifs relais contre la violence scolaire, le tout représentant un effort financier de l'ordre de 2 milliards d'euros et la programmation de 150 000 recrutements d'enseignants d'ici cinq ans.
Qui peut légitimement affirmer que ce projet ne représente pas une réelle avancée contre l'échec scolaire dans notre pays ? […]Ces choix, je les assume. Alors qu'aucun autre projet d'ensemble ne lui est opposé, notre réforme est donc l'objet de critiques contradictoires. On lui reproche d'être trop prudente, ou au contraire de bouleverser les équilibres actuels. Tout est dit, et son contraire.
Ces contradictions sont révélatrices des hypocrisies trop longtemps accumulées sur l'école. Hypocrisie tout d'abord sur les objectifs et les résultats. L'école doit toujours tout faire, dispenser tous les enseignements, sur tous les sujets, à tous les élèves. Mais, derrière cette façade égalitaire, les résultats stagnent, voire régressent, depuis une dizaine d'années, d'abord au détriment des catégories sociales les moins favorisées. Chacun sait le scandale des 150 000 jeunes qui quittent chaque année le système éducatif sans qualification. Chacun sait la proportion croissante d'élèves - plus de 80 000 aujourd'hui - qui entrent en 6e sans savoir correctement lire, écrire, compter. Chacun sait que la France est classée dernière des pays européens dans l'apprentissage des langues étrangères.
Hypocrisie également autour du débat sur les moyens humains et financiers consacrés à l'école au regard des résultats obtenus. Depuis vingt ans, le nombre d'enseignants a augmenté de plus de 100 000, alors que celui des élèves diminuait de 500 000 ; depuis vingt ans, le budget de l'éducation nationale est en constante progression : la France est classée en tête des pays de l'OCDE pour sa dépense scolaire. Qui ne voit dans ces conditions que la question des moyens ne peut plus être posée sans une redéfinition des priorités et de l'organisation de notre système éducatif ? Ceux qui veulent le statu quo acceptent ces hypocrisies. J'affirme que mon projet incarne la justice scolaire contre la façade égalitaire.[…]
Aux enseignants, que je sais dévoués mais parfois désarmés devant l'ampleur de leur mission, nous proposons de reconnaître par la loi le principe de leur liberté pédagogique, corollaire de leur responsabilité, de restaurer leur autorité, notamment dans les conseils de classe, de mieux organiser leur travail d'équipe dans le cadre du conseil pédagogique dans chaque établissement, de rénover leur formation initiale, d'ouvrir un nouveau droit à la formation continue sur projet personnel.
Mais c'est surtout à nos enfants que ce projet est destiné. Beaucoup de lycéens manifestent ces jours-ci contre certaines de ses dispositions. Je suis sensible à leurs craintes et attentif à leur message. Il ne faut jamais ignorer la voix de ceux qui ont moins de 20 ans. Je leur dis que je ne me retranche pas dans mes certitudes. Mais la situation de l'école exige le changement. Ce projet n'est pas seulement celui d'un responsable politique, mais l'enjeu d'une génération.
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Dans le journal Le Monde, c’est une tribune d’opinion qu’a obtenu le Ministre. Pas de scoop mais la réaffirmation qu’il ne reculera pas sur le cœur de son projet. Un point cependant me questionne : d’où sort ce chiffre, martelé à chaque interview, de « 80 000 enfants qui entrent en 6e sans savoir correctement lire, écrire, compter »? Ce n’est pas parce qu’on répète quelque chose que ça devient une vérité. Un chiffre à confirmer en tout cas.
Bonne Lecture...
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Libération du 12/02/05
Un collège défend ses élèves irakiens
Une mobilisation s'organise autour de deux frères irakiens scolarisés depuis septembre au collège Charles-de-Gaulle de Fameck (Moselle), près de Metz. Mercredi 2 février au matin, Ahmed et M'Ahmed, 16 et 14 ans, sont convoqués, en plein cours, dans le bureau du principal du collège. Leur enseignant décide de les accompagner. Dans le bureau du proviseur, des gendarmes les attendent.
Leur père, en situation irrégulière, est sous le coup d'une mesure d'expulsion. Les gendarmes ont tenté de l'interpeller le matin même, mais ne l'ont pas trouvé à l'adresse de la famille, un hôtel du Samu social. «Les gendarmes se sont alors retournés vers ses fils», proteste le réseau Education sans frontière (1), collectif né à l'initiative d'enseignants défendant le droit à la scolarisation des élèves sans papiers.
Pensant que le père viendrait les chercher à la sortie de l'établissement, les gendarmes ont fait le planton à proximité. «Les adolescents ont servi d'appât», souligne la Ligue des droits de l'homme, alertée par des enseignants. Mais le père ne vient pas.[…]
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Comment Chirac a orchestré la volte-face sur le bac
«Papy Chirac» a tranché : pas question de prendre le risque de braquer la jeunesse. Aguerri par l'expérience de 1986 et les manifestations monstres contre le projet Devaquet, le chef de l'Etat avait déjà ordonné, il y a un an, le retrait de la réforme de l'université proposée par Luc Ferry. Jeudi, c'est sur son instruction que Jean-Pierre Raffarin et son ministre de l'Education, François Fillon, ont décidé de repousser à plus tard l'instauration d'une dose de contrôle continu dans le baccalauréat.
C'est mercredi en fin de matinée que la ligne a été fixée. Au cours du Conseil des ministres, le chef de l'Etat avait appelé les ministres à soutenir le projet. Une déclaration destinée à amuser la galerie, puisque, juste avant, Jacques Chirac avait réuni autour de lui Raffarin et Fillon pour leur dire que, à aucun prix, il ne fallait braquer les lycéens. […] A cet égard, on ne pourra que noter la différence de traitement entre le dossier des 35 heures et celui du bac. Dans le premier cas, Raffarin a tenu bon face aux 500 000 manifestants de samedi dernier, estimant que ce genre de défilés fait partie du rituel syndical. Dans le deuxième cas, il a suffi de 100 000 lycéens pour le faire plier. «Parce que les lycéens, c'est plus inflammable», reconnaît Matignon.
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Le ministre brouille les cartes
La volte-face aurait-elle été trop vive ? En passant du jour au lendemain d'un discours de soupçon sur les lycéens «manipulés» à un discours d'apaisement sur le mode «tout est ouvert à la discussion», le moins que l'on puisse dire est que François Fillon a brouillé les cartes. Objet du pataquès, cette phrase prononcée par le ministre de l'Education nationale, jeudi, sur France 3 : «Je ne ferai pas une réforme du bac tant que nous n'aurons pas levé les craintes qui sont exprimées.» Quelques heures avant, 100 000 lycéens étaient dans la rue ; la cause semble entendue : Fillon s'apprête à enterrer son projet de réforme. L'annonce de l'annulation de la prochaine réunion, prévue lundi prochain, du groupe de travail constitué le 17 janvier avec les organisations représentatives, est venue compléter, vendredi, ce repli ministériel.
Le hic, c'est qu'à reculer trop vite face à la rue, Fillon s'expose à une surenchère de revendications. Céder sur le bac passe encore, mais pas _ du moins pas encore _ sur la loi qui entre en discussion mardi à l'Assemblée. […]En attendant, les lycéens restent plus que jamais mobilisés. «Quand Fillon déclare qu'il veut qu'on arrive à un accord sur le bac, ça veut dire : "arrêtez de manifester, je ferai passer le projet pendant les vacances''», assurait vendredi la FIDL. Côté Snes-FSU, on craint aussi que le ministre «joue la montre en attendant les vacances». A leurs vacances, enseignants et lycéens sont prêts à renoncer : ils appellent à la grève et à manifester mardi, à l'ouverture du débat parlementaire
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Le Figaro du 12/02/05
Bac : Fillon justifie ses concessions
Le ministère de l'Education nationale a annoncé hier en fin d'après-midi l'annulation de la réunion, prévue lundi, du groupe de travail sur la réforme du bac. Au lendemain des manifestations de lycéens, et à la veille de l'ouverture de l'examen du projet de loi Fillon, qui sera ponctué par de nouveaux rendez-vous dans la rue, le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, a assuré sur RTL que le gouvernement avait «les moyens de rassurer» les lycéens. A Meaux dans l'après-midi, il a salué les enseignants à qui «la société française doit savoir dire merci».
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L'UMP entre soulagement et agacement
La décision de François Fillon de suspendre la réforme du bac est accueillie avec un mélange de soulagement et d'agacement par la plupart les députés UMP. «L'organisation du bac est une vache sacrée, qu'il faudra sans doute corriger, mais l'important, c'était de lever l'obstacle, pour engager la réforme de structure prévue par la loi d'orientation sur l'école», affirme Hervé Mariton. «Dès lors qu'une réforme n'est pas comprise, on va vers l'affrontement et la confrontation», analyse Patrick Ollier, le président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée. Le député-maire de Rueil souligne que le gouvernement «est ouvert à la concertation, dès lors qu'il y a incompréhension sur une réforme». Le chiraquien François Baroin tient le même raisonnement, expliquant que l'«on ne peut pas nier l'ampleur de la mobilisation des lycéens» et qu'«il y a une vraie demande d'explication sur ce texte».
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Les syndicats lycéens maintiennent la pression
Vacances obligent, l'appel à manifester pour le 15 février va surtout se concentrer à Paris pour les trois académies de la région Ile-de-France et dans l'académie de Bordeaux. La volonté d'apaisement du ministre de l'Education, qui a annoncé, à propos du bac notamment, qu'il n'entreprendrait rien «tant que nous n'aurons pas levé les craintes qui se sont exprimées», n'a pas calmé les velléités des deux syndicats de lycéens (UNL et Fidl), ni du Snes (syndicat d'enseignant majoritaire dans le second degré).
Pour autant, les stratégies ne convergent pas tout à fait. Si la Fidl continue de demander le retrait «immédiat» du projet de loi de François Fillon sur l'école, le syndicat a accepté le dialogue avec le ministre de l'Education. «Mon bureau est ouvert aux organisations lycéennes», a déclaré ce dernier jeudi soir sur France 3 après la journée de mobilisation qui a vu défiler quelque 100 000 lycéens dans toute la France. Hier, le syndicat demandait donc une audience. «Nous sommes prêts à des discussions pour la réécriture d'un nouveau projet de loi», expliquait Coralie Caron, la secrétaire générale du syndicat. La rencontre devrait avoir lieu lundi, à la veille de la discussion parlementaire.
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Les autres dispositions du projet
La refonte du bac n'est qu'un des éléments de la future loi sur l'école qui sera discutée à partir de mardi à l'Assemblée nationale. En voici les principales dispositions :
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Christian Forestier : «Une réforme parfaitement légitime»
Président du Haut Conseil de l'évaluation de l'école, Christian Forestier défend la réforme du bac et l'introduction du contrôle continu.
il est urgent de s'adapter à ce qu'on est en droit d'attendre des lycéens.
Il faut que l'évaluation des langues vivantes à l'oral soit sérieusement envisagée. De même, les connaissances des élèves dans les disciplines des sciences expérimentales doivent être contrôlées par des travaux pratiques et non pas sous la seule forme de problèmes.
Il faut effectivement explorer de nouveaux modes d'évaluation pour certaines matières. Le contrôle en cours de formation existe déjà pour l'éducation physique et sportive depuis plusieurs années et tout le monde en est satisfait. Le contrôle continu au bac est également très répandu depuis fort longtemps dans certaines filières technologiques et dans la voie professionnelle.
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Constance Blanchard et Coralie Carron, les deux « meneuses » du mouvement
Elles sont âgées respectivement de 17 et 18 ans et sont à la tête des deux principaux syndicats lycéens qui ont rassemblé jeudi, près de 100 000 jeunes dans les principales villes de France contre le projet de loi Fillon.
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Ruptures scolaires et fracture sociale
PAR YVES MALIER Membre de l'Académie des technologies, ancien directeur de l'Ecole normale supérieure de Cachan.
Ruptures scolaires et fracture sociale : les liens sont forts entre ces deux sujets de société. Observons-les à la lumière des rigidités du «mammouth».On ne dira jamais assez l'urgence de combler les manques de connaissances et d'aptitudes fondamentales d'une trop grande partie des jeunes à la sortie de l'école élémentaire. Malheureusement, le grand dévouement et la bonne volonté de nos enseignants ne peuvent compenser les manques de formation et les fautes de méthode trop souvent enregistrés à l'Institut universitaire de formation des maîtres (IUFM). Ainsi, la première année de collège synthétise, de façon irréversible, les conditions d'une si injuste et si précoce sélection. Il faut être bien loin des besoins des jeunes et des familles les plus modestes pour oser pérorer et parler de «smic culturel» quand s'affiche l'objectif de recentrer l'école primaire sur ses missions fondamentales. Après Claude Allègre, François Fillon s'y attaque et essuie les mêmes sarcasmes.
A la fin du collège, 41% des élèves, sans l'avoir vraiment choisi, sont «sortis» des voies générales. Ils sont vite rejoints par 6% des lycéens mis en situation d'échec en seconde ou en première. On ne peut qu'être très sévère à l'égard d'un système qui décide de la mise à l'écart de près de la moitié d'une classe d'âge sur les seuls critères d'adaptation à un trajet initial unique qui n'a laissé aucune place à la prise en compte des disparités physiques, humaines, sociales et culturelles de chacun de nos jeunes enfants.
Ce n'est pas le moindre de nos paradoxes en matière d'éducation : arc-boutée sur le refus de toute sélection à l'entrée à l'Université alors que cela paraît naturel dans la plupart des pays, notre société applique, de fait, cette sélection, avec la plus extrême rigueur et sans le dire, à tous ses enfants dès l'école primaire et le collège ![…] Heureusement, il existe des «oasis» de formations professionnelles où les élèves sont heureux et bien formés. Grâce à l'implication forte des professions, au doigté des chefs d'établissement et au formidable esprit «de maîtres compagnons modernes» de professeurs ayant, le plus souvent, échappé à l'emprise des IUFM, la réussite de ces établissements souligne, avec cruauté, les raisons du dysfonctionnement du système général. Souhaitons que l'analyse de ces réussites soit faite et conduise à des propositions pratiques.
Bien que timide à l'égard de méthodes dont l'inefficacité est prouvée, le projet de loi sur l'éducation offre des ouvertures significatives. Encore faudra-t-il qu'elles ne restent pas au stade d'espoir et que l'habitude de traiter les voies professionnelles à travers le seul prisme des voies générales ne soit pas, comme dans le passé, la méthode employée. De ce point de vue, le futur Haut Comité de l'éducation aura un grand devoir de vigilance et d'intervention. Souhaitons que l'accomplissement de ce grand devoir soit à la mesure des enjeux.
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L'Humanité du 12/02/05
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Le Parisien du 12/02/05
Face aux lycéens, Fillon s'explique sur le bac
Au lendemain de la démonstration de force des lycéens, le ministre de l'Education nationale s'est livré hier, au siège de notre journal, à une explication serrée sur sa réforme du bac. Il l'affirme : il ne retire pas son texte. Jusqu'à quand ?
[…]Hier matin, dans les locaux de notre journal, le ministre persiste et signe. Mais les choses vont s'emballer. Sa rencontre avec un groupe de huit lycéens - qu'il avait acceptée dès mercredi - l'oblige à une longue explication, probablement plus serrée que prévu. Et déjà trop tardive ? Pendant deux heures, le ministre, souvent tendu, argumente, débat, s'insurge parfois. En tout cas, pas question pour lui de s'avouer déjà vaincu. Il ne retire pas - alors que les lycéens le lui demandent plusieurs fois - sa réforme du baccalauréat, et prévoit toujours l'introduction, dès la session de juin 2007, d'une dose de contrôle continu ou de partiels. « Je ne passerai pas en force, mais ce serait un vrai gâchis de se retirer », concède-t-il.
Quelques heures plus tard, pourtant, il suspend la réunion du groupe de travail sur le bac, prévue lundi prochain. Vrai recul cette fois. Pas si étonnant à quelques jours de la nouvelle mobilisation lycéenne et enseignante, mardi, jour où la loi sur l'école commencera à être débattue à l'Assemblée nationale. Au ministère, rue de Grenelle, on minimise : «Le climat n'est pas assez serein pour cette rencontre, on rectifie juste le calendrier.»
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François Fillon face aux lecteurs
« Je poursuivrai le dialogue jusqu'à ce que les craintes soient levées »
[en réponse à une question sur les TPE][…]Je vais vous dire ce que je vais faire pour que ça continue à vous donner des points au bac : 1) je maintiens les TPE en première ; 2) je les supprime en terminale parce que je considère qu'il y a trop d'heures, la charge de travail des élèves de terminale en France est la plus élevée de tous les pays développés ; 3) je propose qu'on prenne les résultats des TPE de première et qu'ils comptent pour le bac. Cela prendra effet dès cette année, vos résultats de TPE en première cette année compteront pour votre bac l'année prochaine[…]
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La Croix du 12/02/05
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Ouest-France du 12/02/05
Fillon fléchit sur la réforme du bac
Après la poussée de colère lycéenne, jeudi, le ministre de l'Éducation nationale préfère discuter que passer en force. Jusqu'à renoncer à la réforme du baccalauréat, comme le revendiquent les jeunes manifestants ? Officiellement, ce n'est pas à l'ordre du jour.
Qu'est-ce qui se cache derrière la phrase, volontairement ambiguë, délivrée en toute hâte par le ministre de l'Éducation nationale, jeudi soir, sur France 3 ?[…] « rien n'est changé », poursuivait, hier, le cabinet du ministre.Rien ? Sauf qu'en fin d'après-midi, un courrier d'une sous-direction du ministère affirmait avoir « suspendu les travaux du groupe de travail sur la modernisation des baccalauréats ». Quoi ? Mais pas du tout !, répliquait, trois quarts d'heure plus tard, le cabinet du ministre. « La réunion est annulée lundi, mais, pour l'instant, il n'est pas question de le suspendre » définitivement. « Nous pensons juste, enchaîne Vincent Roger, conseiller du ministre, qu'en cette période de surenchère, il n'est pas nécessaire de maintenir une réunion à la veille d'une manifestation », à laquelle lycéens et enseignants ont appelé mardi.
Une telle cacophonie porte évidemment à douter de la parole officielle. Pour éviter une crise lycéenne mal maîtrisée, le gouvernement tenterait-il un repli ? Dans son édition de samedi, le journal Le Monde croyait même savoir qu'il « renonce à sa réforme du baccalauréat ». Pourtant, Vincent Roger ne cesse de répéter : « Le ministre maintient son projet, mais en se donnant simplement un peu d'élasticité au calendrier. »
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Le Monde daté du 13-14/02/05
M. Fillon "annule" une réunion du groupe de travail sur le baccalauréat sans "suspendre" ses travaux
Renoncement à la réforme du baccalauréat ? Au ministère de l'éducation, on démentait, vendredi 11 février, une telle décision de la part de François Fillon. "Je suis ouvert, je ne ferai pas une réforme du bac tant qu'on n'aura pas levé les craintes. Je veux qu'on arrive à un accord", avait déclaré le ministre sur France 3, au soir des manifestations massives de lycéens, jeudi. "Je ne passerai pas en force sur le bac", a-t-il confirmé dans un entretien publié par Le Parisien du samedi 12 février.
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Ecole : l'enjeu d'une génération; par François Fillon
En France, 60 millions d'avis coexistent sur l'école. Les débats sont encore trop marqués par des clivages idéologiques surannés, par des querelles entre disciplines et méthodes pédagogiques, parfois même entre parents et corps enseignant. Dans ces conditions, espérer atteindre le consensus est une gageure, à moins de le faire sur l'immobilisme. Alors, pour avancer, la réforme doit passer par des choix, des choix forcément critiqués et momentanément contestés.
L'enjeu de cette réforme est considérable : il s'agit, comme l'a voulu le président de la République, d'atteindre l'objectif de la réussite de tous les élèves.
L'école obligatoire recentrée sur les connaissances fondamentales, trois heures de soutien hebdomadaires à tous les élèves en difficulté, un plan sans précédent pour l'apprentissage des langues étrangères, la multiplication par trois des bourses au mérite, la multiplication par cinq des dispositifs relais contre la violence scolaire, le tout représentant un effort financier de l'ordre de 2 milliards d'euros et la programmation de 150 000 recrutements d'enseignants d'ici cinq ans.
Qui peut légitimement affirmer que ce projet ne représente pas une réelle avancée contre l'échec scolaire dans notre pays ? […]Ces choix, je les assume. Alors qu'aucun autre projet d'ensemble ne lui est opposé, notre réforme est donc l'objet de critiques contradictoires. On lui reproche d'être trop prudente, ou au contraire de bouleverser les équilibres actuels. Tout est dit, et son contraire.
Ces contradictions sont révélatrices des hypocrisies trop longtemps accumulées sur l'école. Hypocrisie tout d'abord sur les objectifs et les résultats. L'école doit toujours tout faire, dispenser tous les enseignements, sur tous les sujets, à tous les élèves. Mais, derrière cette façade égalitaire, les résultats stagnent, voire régressent, depuis une dizaine d'années, d'abord au détriment des catégories sociales les moins favorisées. Chacun sait le scandale des 150 000 jeunes qui quittent chaque année le système éducatif sans qualification. Chacun sait la proportion croissante d'élèves - plus de 80 000 aujourd'hui - qui entrent en 6e sans savoir correctement lire, écrire, compter. Chacun sait que la France est classée dernière des pays européens dans l'apprentissage des langues étrangères.
Hypocrisie également autour du débat sur les moyens humains et financiers consacrés à l'école au regard des résultats obtenus. Depuis vingt ans, le nombre d'enseignants a augmenté de plus de 100 000, alors que celui des élèves diminuait de 500 000 ; depuis vingt ans, le budget de l'éducation nationale est en constante progression : la France est classée en tête des pays de l'OCDE pour sa dépense scolaire. Qui ne voit dans ces conditions que la question des moyens ne peut plus être posée sans une redéfinition des priorités et de l'organisation de notre système éducatif ? Ceux qui veulent le statu quo acceptent ces hypocrisies. J'affirme que mon projet incarne la justice scolaire contre la façade égalitaire.[…]
Aux enseignants, que je sais dévoués mais parfois désarmés devant l'ampleur de leur mission, nous proposons de reconnaître par la loi le principe de leur liberté pédagogique, corollaire de leur responsabilité, de restaurer leur autorité, notamment dans les conseils de classe, de mieux organiser leur travail d'équipe dans le cadre du conseil pédagogique dans chaque établissement, de rénover leur formation initiale, d'ouvrir un nouveau droit à la formation continue sur projet personnel.
Mais c'est surtout à nos enfants que ce projet est destiné. Beaucoup de lycéens manifestent ces jours-ci contre certaines de ses dispositions. Je suis sensible à leurs craintes et attentif à leur message. Il ne faut jamais ignorer la voix de ceux qui ont moins de 20 ans. Je leur dis que je ne me retranche pas dans mes certitudes. Mais la situation de l'école exige le changement. Ce projet n'est pas seulement celui d'un responsable politique, mais l'enjeu d'une génération.
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vendredi, février 11, 2005
Revue de presse du vendredi 11 février 2005
Les lycéens ont gagné. Toute la presse revient aujourd’hui sur le recul de François Fillon lors du journal de France 3 après des manifestations qui ont rassemblé plus de 100 000 personnes. Il a en effet annoncé qu’il « suspendait » sa réforme du baccalauréat « tant que toutes les craintes exprimées n'auront pas été levées ». On constate que la gestion du calendrier qui avait jusqu’ici servi le Ministre, ne suffit plus. Malgré le début des vacances scolaires, la mobilisation a été forte.
Le dessin de Plantu dans le Monde est très cruel. On y voit une table d’examen avec un jury composé de MM. Devaquet, Balladur et Ferry (Luc !) qui déclarent à un François Fillon dépité « Fillon obtient son diplôme de la réforme suspendue… avec toutes nos félicitations » en lui remettant un diplôme avec un beau ruban… !
Bonne Lecture...
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Libération du 11/02/05
Manifs: mention bien pour les lycéens
«Si, avec ça, Fillon ne comprend pas qu'on ne veut pas de son école, c'est qu'il se moque vraiment de nous.» Théo, Sarah et Orianne, élèves au lycée Bergson à Paris, sont au coude à coude dans la foule. Il est 15 heures place de la République. Des flots d'adolescents sortent du métro, déboulent des artères adjacentes. L'arrivée de chaque nouveau lycée est saluée par des hurlements de joie. Ils sont déjà 10 000, selon la police. Le volume sonore flirte avec celui des grands concerts. Impossible de téléphoner, les réseaux sont saturés. Les lycéens multiplient les SMS : «Viens, c'est génial, tous les bahuts sont là ! » La foule des manifestants ne cesse de grossir sous les yeux des passants. «Ah oui, c'est le jour de la grève des jeunes», note un homme pressé. A 16 heures, place de la Bastille, ils sont plus de 20 000.
«Je ne veux pas que l'éducation devienne un enfer», soutient un lycéen de Savigny-sur-Orge (Essonne), le visage couvert d'un masque de diable. Son lycée, Corot, a créé son propre son comité d'action: «Cela me fait marrer quand Fillon dit qu'on est manipulés. Pas un seul prof ne nous a encouragés à aller manifester. On est assez grands pour comprendre ce qui se passe.» Les lycéens énumèrent : «Suppression des TPE [travaux personnels encadrés] qui nous faisaient des points au bac ; contrôle continu qui va créer des différences entre les établissements ; menace sur les options. En plus, on est trop nombreux par classe.»
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«Ils ne sont plus dupes de la promesse d'égalité»
Hervé Hamon, du Haut Conseil de l'évaluation de l'école, explique la colère des élèves
François Fillon fait preuve d'une méconnaissance ahurissante de la réalité des établissements. Prenez les travaux personnels encadrés, qu'il supprime en terminale. Ces TPE sont une des rares expériences pédagogiques qui a pris dans les lycées. Les enseignants n'en voulaient pas. Ils les ont découverts, appréciés, et les élèves aussi. Les supprimer pour réaliser des économies de bouts de chandelle et pour obéir à une idéologie réactionnaire révèle la légèreté avec laquelle les questions d'éducation sont traitées.
Une idéologie réactionnaire ?
Elle parcourt l'ensemble de la loi ! L'idée selon laquelle les lycéens seraient des «enfants rois» est fausse. Visiblement, Fillon n'a aucune conscience du fait qu'être élève en 2005 est anxiogène, que la pression des familles est très forte. Pire, il en rajoute, en promouvant le redoublement ! De plus, les élèves ont une conscience aiguë des inégalités et du fait que réussir ne suffit plus. Encore faut-il réussir au bon endroit.
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Le Figaro du 11/02/05
Les lycéens défilent, Fillon recule sur le bac
Les lycéens ont gagné. Hier, ils étaient 15 000 à Paris selon la police, entre 40 000 et 80 000 selon les organisateurs, près de 15 000 à Lyon, 10 000 à Toulouse, 8 000 à Rennes, 5 000 à Bordeaux et entre 1 000 et 3 000 à Grenoble, Clermont-Ferrand, Chambéry, Valence, Carcassonne, Montpellier, Mont-de-Marsan, Nancy... Dans tous les cortèges, la refonte annoncée du baccalauréat cristallisait le mécontentement des manifestants. François Fillon a créé la surprise hier soir en annonçant qu'il était prêt à la retirer.
«Je ne ferai pas une réforme du bac tant que nous n'aurons pas levé les craintes qui sont exprimées», a déclaré le ministre sur Soir 3. «Je veux qu'on discute, et qu'on arrive à un accord, a-t-il ajouté. Pas plus que les lycéens qui manifestaient dans la rue, je ne veux un bac qui donnerait le sentiment d'être dévalorisé.»
Ces déclarations sonnent la retraite sur un point important du projet pour l'école de François Fillon, même si le ministre de l'Éducation avait pris soin un peu plus tôt de préciser que «le bac n'est pas un sujet central de la réforme qu'[il] propose». François Fillon avait pourtant insisté à l'automne pour que la réforme du bac figure bien dans son texte.
En ces temps d'inquiétude sur l'issue du référendum sur l'Europe, le gouvernement n'a pas voulu prendre le risque d'un abcès de fixation qui, en alimentant la grogne sociale, aurait fait peser de nouvelles menaces sur le rendez-vous européen. D'autant que les mouvements lycéens sont toujours imprévisibles et leurs conséquences, à hauts risques politiques. La droite n'a pas oublié les manifestations anti-Devaquet.
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«Le même examen pour tous !»
A Paris, les slogans contre la réforme se mêlaient aux revendications plus confuses
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Bourseiller : «Les Jeunesses socialistes et communistes au coeur de l'action»
«Avec les lycéens dans la rue, une lame de fond se prépare», affirme la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Spécialiste de l'extrême gauche, Christophe Bourseiller, professeur à Sciences po, commente le mouvement et revient sur les liens, réels ou supposés, des lycéens avec les organisations trotskistes.
L'extrême gauche va évidemment être partie prenante dans ce mouvement. On est à un moment de réveil des luttes. Le débat sur les 35 heures et la campagne pour le non au traité constitutionnel européen participent de cette remontée. La manifestation du 5 février témoignait par son ampleur de cette diversité des slogans. Mais je ne pense pas que les lycéens soient aujourd'hui politisés.
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Violence des mineurs : l'inquiétant constat de l'Observatoire de la délinquance
Plus que jamais, la croisade poursuivie par le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, contre la violence émanant des enfants et des adolescents s'avère impérieuse. En effet, un rapport partiel de l'Observatoire national de la délinquance (OND) évoqué hier par le journal Libération révèle que, même si leur proportion ne cesse de décroître depuis 2000, le nombre de mineurs «mis en cause pour des atteintes volontaires à l'intégrité physique» a augmenté de 55% en sept ans, passant de 23 906 à 37 042 entre 1996 et 2003.
Fondée sur l'«État 4001», grand registre criminel classant en 107 rubriques les crimes et délits recensés par la police et la gendarmerie, l'étude précise qu'une personne sur cinq impliquée dans une agression depuis 1996 est âgée de moins de 18 ans.
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L'Humanité du 11/02/05
Le projet de loi à l’épreuve de la rue
Pour beaucoup, c’était leur toute première manif. Avec un petit frisson et une grande excitation chez certains, parfois impressionnés par le bruit, l’entassement, les feux de Bengale et les mouvements de foule. D’autres, comme ceux d’Ivry, n’en étaient visiblement pas à leur première révolte, et sont arrivés en masse, banderole et musique en tête. Ils étaient ainsi plus de 10 000, majoritairement venus de banlieue, à sillonner la capitale et à reprendre les mêmes slogans. La police était postée dès 13 heures à tous les accès à la place de la République. La place s’est remplie, pour former le cortège : en tête un contingent de la FIDL, puis le gros des troupes derrière l’UNL, les deux organisations à l’origine de l’appel à manifester.
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« La réforme va renforcer les inégalités »
Pour la présidente de l’Union nationale lycéenne, le bac doit changer, mais pas à la façon Fillon.
Le ministre de l’Éducation vous a reproché, avant-hier, d’« être, au moins, mal informés ». Qu’en pensez-vous ?
Constance Blanchard. Il y a une semaine, nous manipulions les élèves. Le lendemain, nous étions manipulés par les enseignants. Il y a trois jours, nous étions cette fois les jouets du Parti socialiste, et maintenant, nous sommes mal informés. Évidemment, cela ne peut pas nous plaire. Sachant d’ailleurs que le ministre nous connaît bien puisque nous avons été consultés pour le projet de loi, nous avons été reçus avant et après qu’il a été déposé. Je trouve ce genre de propos assez bas. Cependant, je ne nie pas que tous les lycéens n’ont pas lu le projet de loi. Majoritairement, ils ne l’ont pas lu. Mais ils sont quand même assez grands pour savoir pourquoi ils descendent dans la rue. Ils se sont renseignés et leurs revendications tiennent debout. Évidemment, il arrive qu’il y ait des amalgames, mais c’est notre rôle de leur expliquer. À l’UNL, nous fournissons un gros travail d’information auprès des lycéens.[…]
Depuis longtemps, le bac est considéré comme sacré et il ne faudrait pas y toucher. Au contraire, il faut des changements. D’une filière à une autre, le bac est différent et les lycéens ne le vivent pas de la même manière. Depuis quel- que temps, nous demandons l’instauration de partiels nationaux en première et en terminale. Les lycéens apprendraient ainsi des méthodes de travail qui leur serviront dans le supérieur. Si 40 % des étudiants redoublent une année avant d’atteindre la licence, c’est bien qu’il y a un problème ! Il y a une réelle fracture entre le lycée et l’enseignement supérieur. L’instauration de partiels pourrait lutter contre cela.
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Parents et profs sur la brèche
Les jeunes ne sont pas seuls à se mobiliser. Leurs parents aussi sont dans le mouvement. Depuis lundi, ceux du collège de Plougasnou, dans le Finistère, occupent l’établissement afin de protester contre sa condamnation à court terme : il sera fermé à la rentrée prochaine, les 92 élèves n’ont qu’à aller s’inscrire ailleurs. Ce n’est pas le seul dont l’avenir est ainsi menacé. Celui de Camaret (83 élèves), dans le même département, doit subir le même sort et les parents y sont pareillement mobilisés.
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Dans les rues de Nantes : « Fillon élu, avenir foutu »
À Nantes, tout s’est fait dans la précipitation. Simon, en seconde année de BEP au lycée Michelet, a eu l’information le matin, comme la grande majorité du petit millier de lycéens présents. Signe de la rapidité avec laquelle s’est organisée la manifestation, trois banderoles seulement (à l’effigie de Sud Étudiant) et quelques messages écrits à la va-vite sur de simples feuilles (« Fillon, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue ! ») ou sur des tee-shirts (« Fillon élu, avenir foutu »). Raison de cette organisation balbutiante ? Un court-circuitage provoqué par la FIDL, peu présente sur Nantes, mais qui a agité le chiffon rouge pour, dit un représentant (non lycéen) de ce syndicat lycéen, « réagir avant le passage de la loi Fillon en première lecture ».
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Le SNES rejette la méthode de François Fillon
Le SNES n’en démord pas : l’introduction d’un contrôle continu au baccalauréat ne ferait qu’aggraver les inégalités entre les établissements et dévaloriser le diplôme selon son lieu d’obtention. Mais le premier syndicat enseignant du secondaire ne peut se faire taxer d’immobilisme. La réforme du bac, il l’entend et la souhaite. « Nous sommes d’accord sur le principe de moderniser et d’alléger l’examen », précise Bernard Boisseau, co-secrétaire générale du syndicat. C’est bien la méthode Fillon qui est rejetée. « Il est impossible de construire quoi que ce soit avec un ministre qui ne conçoit la discussion que dans un cadre déjà verrouillé », indique Gisèle Jean, l’autre co-secrétaire générale.
Ce cadre verrouillé, c’est le passage de douze à six disciplines aux épreuves terminales que le ministre veut imposer. « C’est une hypocrisie majeure que de faire croire que le principal problème du troisième trimestre est le bac. Il faut réfléchir à modifier l’ensemble du calendrier, y compris les vacances », suggère la dirigeante. Après avoir claqué la porte du groupe de travail ministériel, le SNES-FSU lance une consultation auprès de l’ensemble de la profession sur la question du bac : un questionnaire qui permet aux enseignants de se positionner sur les propositions ministérielles, les améliorations souhaitables à l’organisation de l’examen et l’action collective à envisager. Les réponses serviront à étoffer les propositions du syndicat.[…]
« Fillon a lâché un peu de lest sur l’enseignement des sciences économiques et sociales et la deuxième langue vivante. Il a également prolongé jusqu’au mois de mai le groupe de travail, et indiqué que son texte serait amendable. Mais sur les points essentiels comme le socle commun, le CIRE (contrat individuel de réussite éducative), le non-remplacement de postes et le financement de la réforme, le ministre est resté arc-bouté », précise Bernard Boisseau. Dans les autres académies, deux journées d’action ou de grève se mettent en place : les 25 février et 4 mars. Reste à savoir si les mouvements lycéens et enseignants battront le pavé ensemble. Contrairement à ce qui est dit, « il n’y a plus beaucoup de contact entre nos organisations respectives », souligne le responsable du SNES.
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« La France n’est pas à feu et à sang »
Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, nuance le récent rapport de l’Observatoire national de la délinquance sur la violence des mineurs.
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Le Parisien du 11/02/05
Les lycéens en force dans la rue
Près de 100 000 lycéens ont défilé hier partout en France. Une forte mobilisation pour les jeunes, qui prévoient de redescendre dans la rue mardi. Le gouvernement semble prêt à lâcher sur la réforme du bac.
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Entendu dans la manif
« Touche pas à mon bac » « Fillon, get bac » « Pour notre bac, partons à l'attaque » « Contrôles continus = inégalités creusées » « Fuyons Fillon, il veut nous rendre cons » « Bac relou, Fillon au trou » « Bac d'éducation. Elève Fillon : 0/20 » « Fillon game over » « Sauvons les options en voie de disparition » « Soldes Fillon = moins 50 % sur les options » « Les TPE, oh oui, j'en veux » « Non à la réforme, oui à la révolte » « Fillon, ton éducation dans le fion, Chirac, ton éducation part en vrac » « Fillon-Chirac, vos réformes, on se les met au Q »
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La mobilisation continue
Dès mardi, jour où le projet de loi Fillon commencera à être débattu à l'Assemblée, « une journée nationale de manifestations » est d'ores et déjà au programme. « Cela va continuer, pronostique-t-on à la FIDL, important syndicat lycéen.« Les rassemblements ne feront qu'augmenter tant que le projet Fillon ne sera pas retiré. » Le 15 février, les lycéens battront cette fois le pavé avec leurs professeurs dont le principal syndicat dans le secondaire, le Snes, appelle à la grève. De même que les sections franciliennes du SNU-IUPP - organisation majoritaire du premier degré- et de la CGT. « Les députés ont plus peur de nous que des enseignants », constate Constance Blanchard, présidente de l'UNL, principal syndicat lycéen.
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Le gouvernement prêt à lâcher sur le bac
A MATIGNON, on n'en démord pas : malgré la grogne des députés, malgré les manifs des lycéens, on considère que le projet de François Fillon est « très bon ». D'ailleurs avant-hier, en Conseil des ministres, Jacques Chirac a demandé à tout le gouvernement de le soutenir. Le président a aussi appelé hier soir le ministre de l'Education nationale sur son portable pour l'assurer de son appui juste avant qu'il n'entre sur le plateau de France 3, là où François Fillon a assuré qu'« il ne ferait pas une réforme du bac tant que toutes les craintes exprimées (NDLR : hier) n'auront pas été levées ».Mais déjà, on lâche du lest. Pas question de mettre, dit-on, le pays à feu et à sang pour une histoire de contrôle continu. Mais sur le fond, le gouvernement maintient : pas question, dit-on à Matignon, de céder sur la loi sur l'école, notamment sur le socle de connaissances à acquérir en fin de collège, ni sur les langues vivantes. Il reste que, depuis deux jours, constatant la mobilisation dans la rue, le gouvernement semble s'être brusquement réveillé après avoir pensé que l'affaire passerait mieux dans la discrétion. Dans le collimateur, le député UMP Pierre-André Périssol, qui a exprimé publiquement ses réserves, et les parlementaires toujours prêts à supprimer des postes de fonctionnaires quand ils sont à Paris, mais qui ferraillent contre la carte scolaire lorsqu'elle conduit à des suppressions de poste dans leur département. Mais en matière d'éducation, le carambolage est toujours à craindre.
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La Croix du 11/02/05
Rien vu...
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20 minutes du 11/02/05
Les lycéens font reculer Fillon
Ils étaient 100 000 à défiler hier dans toute la France. Leur principale motivation : lutter contre la réforme du bac du ministre de l’Education nationale, François Fillon. Les lycéens sont en partie arrivés à leurs fins. En début de soirée, le ministre a déclaré qu’il « ne ferait pas une réforme du bac » tant que les craintes n’auront pas été levées à ce sujet. » Sur le bac, je veux qu’on discute, qu’on arrive à un accord », a-t-il ajouté, en précisant être « prêt à bouger sur tous les sujets ». Une attitude sensiblement plus conciliante que celle qu’il adopte face aux syndicats d’enseignants.
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Ouest-France du 11/02/05
Hauts risques
Des lycéens sont dans la rue et la République frémit. Ces charivaris, en général bon enfant, mettent en émoi tous les gouvernements. Vérité une fois de plus vérifiée. Il a suffi qu'une dizaine de milliers d'élèves manifestent, dès mardi, pour que, au sommet de l'État, on s'alarme. Le président de la République a rappelé à l'ordre les ministres dissipés. Messieurs, silence dans les rangs. Rengainez vos commentaires sceptiques sur le projet de loi Fillon !
Réformer l'école est décidément une oeuvre à hauts risques. Décrété grand chantier du quinquennat, ce projet de loi d'orientation se voulait pourtant modeste et tranquille. Le voici transformé en muleta agitant la verve lycéenne et les suspicions enseignantes. Dans les rangs même de la majorité, des députés l'observent d'un oeil critique. Et François Fillon a dû, en dernière minute, réviser son texte, menacé d'être recalé devant le Conseil constitutionnel.
Comment est-on arrivé à cette addition de doutes et de discordances ? Ministre prudent, réputé habile, François Fillon a sans doute commis une erreur stratégique en associant à sa loi la réforme du sacro-saint baccalauréat. Il a beaucoup hésité puis finalement jugé que cela donnerait du « corps » à un projet accusé de manquer d'ambition. C'était enclencher la machine aux fantasmes et aux rumeurs. Paraître ébranler le baccalauréat, c'est s'attaquer à l'une des colonnes du temple éducatif. Le ministre chercherait à refermer délicatement cette boîte de Pandore.
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Les lycéens attaquent Fillon sur le bac
Les lycéens ont trouvé leur cheval de bataille : le baccalauréat. Non à sa réforme, proposée par la loi Fillon sur l'école : trop « injuste ». C'est ce qu'ils ont dit, sur tous les tons, dans les manifestations d'hier, qui ont rassemblé 100 000 d'entre eux.
« Si l'on instaure un contrôle continu, le bac n'aura plus la même valeur d'un lycée à l'autre, assène le syndicat Fidl. Son anonymat, qui garantit l'égalité de tous, son caractère national, seront remis en cause. Demain, on aura un bac Henri IV et un bac Sarcelles... » L'UNL, syndicat majoritaire, d'abord favorable à l'introduction du contrôle continu, s'y oppose aussi, désormais.
Cette question a nourri les slogans des manifestations lycéennes, hier. En tout, près de 100 000 jeunes ont crié, sauté, dansé, sur l'air de « Fillon démission », qui a fait un tabac, ou du plus sophistiqué « Fillon get bac !» (à Paris).
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Le Monde daté du 12/02/05
Le gouvernement recule sur la réforme du baccalauréat
Cent mille lycéens ont manifesté, jeudi 10 février, contre le projet de loi de François Fillon et, notamment, l'introduction d'un contrôle continu au baccalauréat. "Je ne ferai pas une réforme tant que nous n'aurons pas levé les craintes", a indiqué le ministre de l'éducation. Son cabinet insistait vendredi sur le fait que M. Fillon "ne renonçait pas à la réforme du bac". "On a dit qu'on laissait le temps au groupe de travail de réfléchir. Rien n'est changé", a-t-il précisé.
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"La réforme Fillon, c'est du favoritisme implicite. On aura un bac 93 et un bac 75"
En courant , en chantant, en rigolant, 15 000 lycéens, selon la police, 40 000, selon les organisateurs, ont défilé dans une humeur festive, jeudi 10 février, à Paris, pour dénoncer la réforme Fillon du baccalauréat. Venus en nombre des lycées parisiens, sans doute un peu moins de la banlieue, les manifestants franciliens ont défilé - dans une forte odeur de cannabis - aux cris de "Non, non, non à la réforme Fillon", "Fillon, démission !". Si les mots d'ordre de mobilisation englobaient l'ensemble du projet de loi Fillon sur l'école, c'est bien le baccalauréat qui pousse les lycéens dans la rue - souvent pour la première fois puisque les dernières manifestations remontent à l'élection présidentielle de 2002.
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Le projet de loi divise les syndicats d'enseignants
Les ouvertures de François Fillon sur la réforme du baccalauréat n'entament pas la détermination de la FSU. La principale fédération de l'éducation maintient son appel à une mobilisation "d'ampleur nationale" le 15 février, date du début de l'examen du projet de loi d'orientation sur l'école à l'Assemblée nationale. […]
De leur côté, le SGEN-CFDT et l'UNSA-Education ont refusé de se joindre, le 15 février, à un mot d'ordre national contre le projet de loi Fillon, comme l'aurait souhaité la FSU. Soudée durant les grèves du printemps 2003, l'intersyndicale de l'éducation (FSU, SGEN-CFDT, FERC-CGT, UNSA-Education, FAEN) est divisée sur le projet de loi du ministre. "Nous ne partageons pas la même analyse sur le projet de loi que le SNES", considère Jean-Luc Villeneuve, secrétaire général du SGEN-CFDT. Plutôt que de faire grève, le SGEN a décidé de rencontrer, ce jour-là, les présidents des groupes parlementaires UMP, UDF, PS et PC et d'adresser une lettre ouverte à chaque député.
"L'intersyndicale ne fonctionne pas bien sur la loi d'orientation, reconnaît Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA-Education, mais elle fonctionne à plein sur le reste : les postes, le budget." Favorables au principe d'un socle commun de connaissances et d'une réforme du baccalauréat, l'UNSA-Education et le SGEN-CFDT sont dans une logique d'amendement de la loi. La FSU, opposée à l'idée d'un socle commun et à l'introduction du contrôle continu pour le baccalauréat, réclame son retrait.[…]
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Les députés UMP s'interrogent sur l'opportunité et la "lisibilité politique" du texte
Avant de voir les lycéens défiler dans la rue par dizaines de milliers, François Fillon a eu un avant-goût du peu d'enthousiasme que soulève son projet de loi chez les parlementaires de la majorité. Les deux oraux de rattrapage successifs que le ministre de l'éducation a dû passer devant les députés de l'UMP, les 1er et 8 février, n'ont pas suffi, en effet, à dissiper toutes les inquiétudes. Devant des élus chauffés à blanc, M. Fillon est apparu, aux dires mêmes de certains participants, sur la défensive. "Il n'a pas la flamme, estime un des principaux responsables du groupe, et ça se sent."[…]
Enfin, le choix de M. Fillon de rallier Nicolas Sarkozy pour participer à la future direction de l'UMP a été perçu, chez les chiraquiens, comme une "trahison".
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Comment améliorer le projet de loi Fillon, par Yvan Lachaud porte-parole du groupe UDF sur les questions d'éducation.
Le projet de loi d'orientation pour l'avenir de l'école ne mérite ni excès d'indignité ni excès d'honneur : on n'y trouve que peu de choses pour réformer l'école et améliorer notre système éducatif. Pour les avoir reçus, je sais que les syndicats d'enseignants et les associations de parents d'élèves y sont unanimement hostiles.
Or ce projet de loi doit être l'occasion de redéfinir la mission des enseignants, qui ne se limite plus à l'instruction des élèves dans le cadre de la classe. De plus, l'évolution des comportements des élèves, l'écart entre les générations rendent nécessaire d'envisager la possibilité d'une seconde carrière pour les enseignants.
Il faut apporter une vraie réponse aux problèmes posés par le collège, en adaptant le système actuel et en proposant des voies pour celles et ceux qui sont en grande difficulté au collège et que la situation d'échec transforme malheureusement en délinquants potentiels.[…] Améliorer le projet de loi Fillon implique des mesures simples et efficaces.
- Permettre à chaque élève d'acquérir un ensemble de connaissances et d'aptitudes pour accéder à une réussite scolaire et professionnelle, en élargissant le socle de connaissances fondamentales proposé par le gouvernement : du français, des mathématiques, une langue vivante, des technologies de l'information, une culture humaniste et citoyenne, un enseignement artistique, une culture scientifique et technologique et la pratique sportive.
Cela va de pair avec la garantie de l'accès de tous les élèves aux enseignements optionnels dans l'enseignement général, en particulier les langues vivantes, régionales et anciennes, et aux différentes filières de l'enseignement professionnel. La deuxième langue vivante doit être pratiquée à partir de la classe de sixième.
- Il faut redéfinir la mission des enseignants, qui, au-delà de l'indispensable instruction, comprend aussi l'accompagnement des élèves, leur suivi individualisé, les relations avec les parents, le travail en équipe et la concertation. Il faut aussi améliorer leur formation (définir un cahier des charges national et des missions précises pour les IUFM, garantir leur autonomie), améliorer leur connaissance des milieux professionnels, les préparer à accueillir les élèves handicapés.[…]
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L'éditorial du Monde : Touche pas à mon bac !
L'abandon d'une réforme, face à l'opposition qu'elle rencontre, est un des exercices peu glorieux auxquels tout ministre - surtout de l'éducation nationale - devrait être préparé. Il n'en est pas moins, par la force des choses, improvisé. Soumis à cette épreuve, après bien d'autres, François Fillon a trouvé la formule suivante : "Je ne ferai pas une réforme du bac tant que nous n'aurons pas levé les craintes qui sont exprimées." C'est ce qui s'appelle faire de nécessité vertu.
Près de 100 000 lycéens ont manifesté, un peu partout en France, jeudi 10 février, contre un baccalauréat qui aurait reposé, en partie, sur un contrôle continu des connaissances, plutôt que sur les seules épreuves de fin d'année. En lançant son projet de réforme, en novembre, M. Fillon n'imaginait probablement pas causer autant de remous. Même si personne n'avait fait du baccalauréat un thème de réflexion majeur, son intention paraissait en mesure de susciter un consensus.[…]
Comme il y a deux ans pour la décentralisation, le gouvernement a touché, sans l'avoir anticipé, un point extrêmement sensible dans le monde éducatif : l'égalité des chances sur le territoire. Pour les enseignants, la décentralisation des personnels conduisait à une éducation à plusieurs vitesses, en fonction de la richesse et des priorités des collectivités locales. Pour les lycéens, un contrôle continu plus développé allait déboucher sur des baccalauréats de valeur variable selon la réputation des établissements.
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Les délits violents sont en forte augmentation en France depuis 1996
Les délits violents commis par des mineurs, surtout les violences gratuites et sexuelles, ont fortement augmenté en France depuis 1996, selon un rapport officiel.
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Le dessin de Plantu dans le Monde est très cruel. On y voit une table d’examen avec un jury composé de MM. Devaquet, Balladur et Ferry (Luc !) qui déclarent à un François Fillon dépité « Fillon obtient son diplôme de la réforme suspendue… avec toutes nos félicitations » en lui remettant un diplôme avec un beau ruban… !
Bonne Lecture...
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Libération du 11/02/05
Manifs: mention bien pour les lycéens
«Si, avec ça, Fillon ne comprend pas qu'on ne veut pas de son école, c'est qu'il se moque vraiment de nous.» Théo, Sarah et Orianne, élèves au lycée Bergson à Paris, sont au coude à coude dans la foule. Il est 15 heures place de la République. Des flots d'adolescents sortent du métro, déboulent des artères adjacentes. L'arrivée de chaque nouveau lycée est saluée par des hurlements de joie. Ils sont déjà 10 000, selon la police. Le volume sonore flirte avec celui des grands concerts. Impossible de téléphoner, les réseaux sont saturés. Les lycéens multiplient les SMS : «Viens, c'est génial, tous les bahuts sont là ! » La foule des manifestants ne cesse de grossir sous les yeux des passants. «Ah oui, c'est le jour de la grève des jeunes», note un homme pressé. A 16 heures, place de la Bastille, ils sont plus de 20 000.
«Je ne veux pas que l'éducation devienne un enfer», soutient un lycéen de Savigny-sur-Orge (Essonne), le visage couvert d'un masque de diable. Son lycée, Corot, a créé son propre son comité d'action: «Cela me fait marrer quand Fillon dit qu'on est manipulés. Pas un seul prof ne nous a encouragés à aller manifester. On est assez grands pour comprendre ce qui se passe.» Les lycéens énumèrent : «Suppression des TPE [travaux personnels encadrés] qui nous faisaient des points au bac ; contrôle continu qui va créer des différences entre les établissements ; menace sur les options. En plus, on est trop nombreux par classe.»
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«Ils ne sont plus dupes de la promesse d'égalité»
Hervé Hamon, du Haut Conseil de l'évaluation de l'école, explique la colère des élèves
François Fillon fait preuve d'une méconnaissance ahurissante de la réalité des établissements. Prenez les travaux personnels encadrés, qu'il supprime en terminale. Ces TPE sont une des rares expériences pédagogiques qui a pris dans les lycées. Les enseignants n'en voulaient pas. Ils les ont découverts, appréciés, et les élèves aussi. Les supprimer pour réaliser des économies de bouts de chandelle et pour obéir à une idéologie réactionnaire révèle la légèreté avec laquelle les questions d'éducation sont traitées.
Une idéologie réactionnaire ?
Elle parcourt l'ensemble de la loi ! L'idée selon laquelle les lycéens seraient des «enfants rois» est fausse. Visiblement, Fillon n'a aucune conscience du fait qu'être élève en 2005 est anxiogène, que la pression des familles est très forte. Pire, il en rajoute, en promouvant le redoublement ! De plus, les élèves ont une conscience aiguë des inégalités et du fait que réussir ne suffit plus. Encore faut-il réussir au bon endroit.
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Le Figaro du 11/02/05
Les lycéens défilent, Fillon recule sur le bac
Les lycéens ont gagné. Hier, ils étaient 15 000 à Paris selon la police, entre 40 000 et 80 000 selon les organisateurs, près de 15 000 à Lyon, 10 000 à Toulouse, 8 000 à Rennes, 5 000 à Bordeaux et entre 1 000 et 3 000 à Grenoble, Clermont-Ferrand, Chambéry, Valence, Carcassonne, Montpellier, Mont-de-Marsan, Nancy... Dans tous les cortèges, la refonte annoncée du baccalauréat cristallisait le mécontentement des manifestants. François Fillon a créé la surprise hier soir en annonçant qu'il était prêt à la retirer.
«Je ne ferai pas une réforme du bac tant que nous n'aurons pas levé les craintes qui sont exprimées», a déclaré le ministre sur Soir 3. «Je veux qu'on discute, et qu'on arrive à un accord, a-t-il ajouté. Pas plus que les lycéens qui manifestaient dans la rue, je ne veux un bac qui donnerait le sentiment d'être dévalorisé.»
Ces déclarations sonnent la retraite sur un point important du projet pour l'école de François Fillon, même si le ministre de l'Éducation avait pris soin un peu plus tôt de préciser que «le bac n'est pas un sujet central de la réforme qu'[il] propose». François Fillon avait pourtant insisté à l'automne pour que la réforme du bac figure bien dans son texte.
En ces temps d'inquiétude sur l'issue du référendum sur l'Europe, le gouvernement n'a pas voulu prendre le risque d'un abcès de fixation qui, en alimentant la grogne sociale, aurait fait peser de nouvelles menaces sur le rendez-vous européen. D'autant que les mouvements lycéens sont toujours imprévisibles et leurs conséquences, à hauts risques politiques. La droite n'a pas oublié les manifestations anti-Devaquet.
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«Le même examen pour tous !»
A Paris, les slogans contre la réforme se mêlaient aux revendications plus confuses
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Bourseiller : «Les Jeunesses socialistes et communistes au coeur de l'action»
«Avec les lycéens dans la rue, une lame de fond se prépare», affirme la Ligue communiste révolutionnaire (LCR). Spécialiste de l'extrême gauche, Christophe Bourseiller, professeur à Sciences po, commente le mouvement et revient sur les liens, réels ou supposés, des lycéens avec les organisations trotskistes.
L'extrême gauche va évidemment être partie prenante dans ce mouvement. On est à un moment de réveil des luttes. Le débat sur les 35 heures et la campagne pour le non au traité constitutionnel européen participent de cette remontée. La manifestation du 5 février témoignait par son ampleur de cette diversité des slogans. Mais je ne pense pas que les lycéens soient aujourd'hui politisés.
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Violence des mineurs : l'inquiétant constat de l'Observatoire de la délinquance
Plus que jamais, la croisade poursuivie par le ministre de l'Intérieur, Dominique de Villepin, contre la violence émanant des enfants et des adolescents s'avère impérieuse. En effet, un rapport partiel de l'Observatoire national de la délinquance (OND) évoqué hier par le journal Libération révèle que, même si leur proportion ne cesse de décroître depuis 2000, le nombre de mineurs «mis en cause pour des atteintes volontaires à l'intégrité physique» a augmenté de 55% en sept ans, passant de 23 906 à 37 042 entre 1996 et 2003.
Fondée sur l'«État 4001», grand registre criminel classant en 107 rubriques les crimes et délits recensés par la police et la gendarmerie, l'étude précise qu'une personne sur cinq impliquée dans une agression depuis 1996 est âgée de moins de 18 ans.
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L'Humanité du 11/02/05
Le projet de loi à l’épreuve de la rue
Pour beaucoup, c’était leur toute première manif. Avec un petit frisson et une grande excitation chez certains, parfois impressionnés par le bruit, l’entassement, les feux de Bengale et les mouvements de foule. D’autres, comme ceux d’Ivry, n’en étaient visiblement pas à leur première révolte, et sont arrivés en masse, banderole et musique en tête. Ils étaient ainsi plus de 10 000, majoritairement venus de banlieue, à sillonner la capitale et à reprendre les mêmes slogans. La police était postée dès 13 heures à tous les accès à la place de la République. La place s’est remplie, pour former le cortège : en tête un contingent de la FIDL, puis le gros des troupes derrière l’UNL, les deux organisations à l’origine de l’appel à manifester.
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« La réforme va renforcer les inégalités »
Pour la présidente de l’Union nationale lycéenne, le bac doit changer, mais pas à la façon Fillon.
Le ministre de l’Éducation vous a reproché, avant-hier, d’« être, au moins, mal informés ». Qu’en pensez-vous ?
Constance Blanchard. Il y a une semaine, nous manipulions les élèves. Le lendemain, nous étions manipulés par les enseignants. Il y a trois jours, nous étions cette fois les jouets du Parti socialiste, et maintenant, nous sommes mal informés. Évidemment, cela ne peut pas nous plaire. Sachant d’ailleurs que le ministre nous connaît bien puisque nous avons été consultés pour le projet de loi, nous avons été reçus avant et après qu’il a été déposé. Je trouve ce genre de propos assez bas. Cependant, je ne nie pas que tous les lycéens n’ont pas lu le projet de loi. Majoritairement, ils ne l’ont pas lu. Mais ils sont quand même assez grands pour savoir pourquoi ils descendent dans la rue. Ils se sont renseignés et leurs revendications tiennent debout. Évidemment, il arrive qu’il y ait des amalgames, mais c’est notre rôle de leur expliquer. À l’UNL, nous fournissons un gros travail d’information auprès des lycéens.[…]
Depuis longtemps, le bac est considéré comme sacré et il ne faudrait pas y toucher. Au contraire, il faut des changements. D’une filière à une autre, le bac est différent et les lycéens ne le vivent pas de la même manière. Depuis quel- que temps, nous demandons l’instauration de partiels nationaux en première et en terminale. Les lycéens apprendraient ainsi des méthodes de travail qui leur serviront dans le supérieur. Si 40 % des étudiants redoublent une année avant d’atteindre la licence, c’est bien qu’il y a un problème ! Il y a une réelle fracture entre le lycée et l’enseignement supérieur. L’instauration de partiels pourrait lutter contre cela.
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Parents et profs sur la brèche
Les jeunes ne sont pas seuls à se mobiliser. Leurs parents aussi sont dans le mouvement. Depuis lundi, ceux du collège de Plougasnou, dans le Finistère, occupent l’établissement afin de protester contre sa condamnation à court terme : il sera fermé à la rentrée prochaine, les 92 élèves n’ont qu’à aller s’inscrire ailleurs. Ce n’est pas le seul dont l’avenir est ainsi menacé. Celui de Camaret (83 élèves), dans le même département, doit subir le même sort et les parents y sont pareillement mobilisés.
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Dans les rues de Nantes : « Fillon élu, avenir foutu »
À Nantes, tout s’est fait dans la précipitation. Simon, en seconde année de BEP au lycée Michelet, a eu l’information le matin, comme la grande majorité du petit millier de lycéens présents. Signe de la rapidité avec laquelle s’est organisée la manifestation, trois banderoles seulement (à l’effigie de Sud Étudiant) et quelques messages écrits à la va-vite sur de simples feuilles (« Fillon, t’es foutu, la jeunesse est dans la rue ! ») ou sur des tee-shirts (« Fillon élu, avenir foutu »). Raison de cette organisation balbutiante ? Un court-circuitage provoqué par la FIDL, peu présente sur Nantes, mais qui a agité le chiffon rouge pour, dit un représentant (non lycéen) de ce syndicat lycéen, « réagir avant le passage de la loi Fillon en première lecture ».
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Le SNES rejette la méthode de François Fillon
Le SNES n’en démord pas : l’introduction d’un contrôle continu au baccalauréat ne ferait qu’aggraver les inégalités entre les établissements et dévaloriser le diplôme selon son lieu d’obtention. Mais le premier syndicat enseignant du secondaire ne peut se faire taxer d’immobilisme. La réforme du bac, il l’entend et la souhaite. « Nous sommes d’accord sur le principe de moderniser et d’alléger l’examen », précise Bernard Boisseau, co-secrétaire générale du syndicat. C’est bien la méthode Fillon qui est rejetée. « Il est impossible de construire quoi que ce soit avec un ministre qui ne conçoit la discussion que dans un cadre déjà verrouillé », indique Gisèle Jean, l’autre co-secrétaire générale.
Ce cadre verrouillé, c’est le passage de douze à six disciplines aux épreuves terminales que le ministre veut imposer. « C’est une hypocrisie majeure que de faire croire que le principal problème du troisième trimestre est le bac. Il faut réfléchir à modifier l’ensemble du calendrier, y compris les vacances », suggère la dirigeante. Après avoir claqué la porte du groupe de travail ministériel, le SNES-FSU lance une consultation auprès de l’ensemble de la profession sur la question du bac : un questionnaire qui permet aux enseignants de se positionner sur les propositions ministérielles, les améliorations souhaitables à l’organisation de l’examen et l’action collective à envisager. Les réponses serviront à étoffer les propositions du syndicat.[…]
« Fillon a lâché un peu de lest sur l’enseignement des sciences économiques et sociales et la deuxième langue vivante. Il a également prolongé jusqu’au mois de mai le groupe de travail, et indiqué que son texte serait amendable. Mais sur les points essentiels comme le socle commun, le CIRE (contrat individuel de réussite éducative), le non-remplacement de postes et le financement de la réforme, le ministre est resté arc-bouté », précise Bernard Boisseau. Dans les autres académies, deux journées d’action ou de grève se mettent en place : les 25 février et 4 mars. Reste à savoir si les mouvements lycéens et enseignants battront le pavé ensemble. Contrairement à ce qui est dit, « il n’y a plus beaucoup de contact entre nos organisations respectives », souligne le responsable du SNES.
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« La France n’est pas à feu et à sang »
Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny, nuance le récent rapport de l’Observatoire national de la délinquance sur la violence des mineurs.
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Le Parisien du 11/02/05
Les lycéens en force dans la rue
Près de 100 000 lycéens ont défilé hier partout en France. Une forte mobilisation pour les jeunes, qui prévoient de redescendre dans la rue mardi. Le gouvernement semble prêt à lâcher sur la réforme du bac.
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Entendu dans la manif
« Touche pas à mon bac » « Fillon, get bac » « Pour notre bac, partons à l'attaque » « Contrôles continus = inégalités creusées » « Fuyons Fillon, il veut nous rendre cons » « Bac relou, Fillon au trou » « Bac d'éducation. Elève Fillon : 0/20 » « Fillon game over » « Sauvons les options en voie de disparition » « Soldes Fillon = moins 50 % sur les options » « Les TPE, oh oui, j'en veux » « Non à la réforme, oui à la révolte » « Fillon, ton éducation dans le fion, Chirac, ton éducation part en vrac » « Fillon-Chirac, vos réformes, on se les met au Q »
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La mobilisation continue
Dès mardi, jour où le projet de loi Fillon commencera à être débattu à l'Assemblée, « une journée nationale de manifestations » est d'ores et déjà au programme. « Cela va continuer, pronostique-t-on à la FIDL, important syndicat lycéen.« Les rassemblements ne feront qu'augmenter tant que le projet Fillon ne sera pas retiré. » Le 15 février, les lycéens battront cette fois le pavé avec leurs professeurs dont le principal syndicat dans le secondaire, le Snes, appelle à la grève. De même que les sections franciliennes du SNU-IUPP - organisation majoritaire du premier degré- et de la CGT. « Les députés ont plus peur de nous que des enseignants », constate Constance Blanchard, présidente de l'UNL, principal syndicat lycéen.
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Le gouvernement prêt à lâcher sur le bac
A MATIGNON, on n'en démord pas : malgré la grogne des députés, malgré les manifs des lycéens, on considère que le projet de François Fillon est « très bon ». D'ailleurs avant-hier, en Conseil des ministres, Jacques Chirac a demandé à tout le gouvernement de le soutenir. Le président a aussi appelé hier soir le ministre de l'Education nationale sur son portable pour l'assurer de son appui juste avant qu'il n'entre sur le plateau de France 3, là où François Fillon a assuré qu'« il ne ferait pas une réforme du bac tant que toutes les craintes exprimées (NDLR : hier) n'auront pas été levées ».Mais déjà, on lâche du lest. Pas question de mettre, dit-on, le pays à feu et à sang pour une histoire de contrôle continu. Mais sur le fond, le gouvernement maintient : pas question, dit-on à Matignon, de céder sur la loi sur l'école, notamment sur le socle de connaissances à acquérir en fin de collège, ni sur les langues vivantes. Il reste que, depuis deux jours, constatant la mobilisation dans la rue, le gouvernement semble s'être brusquement réveillé après avoir pensé que l'affaire passerait mieux dans la discrétion. Dans le collimateur, le député UMP Pierre-André Périssol, qui a exprimé publiquement ses réserves, et les parlementaires toujours prêts à supprimer des postes de fonctionnaires quand ils sont à Paris, mais qui ferraillent contre la carte scolaire lorsqu'elle conduit à des suppressions de poste dans leur département. Mais en matière d'éducation, le carambolage est toujours à craindre.
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La Croix du 11/02/05
Rien vu...
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20 minutes du 11/02/05
Les lycéens font reculer Fillon
Ils étaient 100 000 à défiler hier dans toute la France. Leur principale motivation : lutter contre la réforme du bac du ministre de l’Education nationale, François Fillon. Les lycéens sont en partie arrivés à leurs fins. En début de soirée, le ministre a déclaré qu’il « ne ferait pas une réforme du bac » tant que les craintes n’auront pas été levées à ce sujet. » Sur le bac, je veux qu’on discute, qu’on arrive à un accord », a-t-il ajouté, en précisant être « prêt à bouger sur tous les sujets ». Une attitude sensiblement plus conciliante que celle qu’il adopte face aux syndicats d’enseignants.
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Ouest-France du 11/02/05
Hauts risques
Des lycéens sont dans la rue et la République frémit. Ces charivaris, en général bon enfant, mettent en émoi tous les gouvernements. Vérité une fois de plus vérifiée. Il a suffi qu'une dizaine de milliers d'élèves manifestent, dès mardi, pour que, au sommet de l'État, on s'alarme. Le président de la République a rappelé à l'ordre les ministres dissipés. Messieurs, silence dans les rangs. Rengainez vos commentaires sceptiques sur le projet de loi Fillon !
Réformer l'école est décidément une oeuvre à hauts risques. Décrété grand chantier du quinquennat, ce projet de loi d'orientation se voulait pourtant modeste et tranquille. Le voici transformé en muleta agitant la verve lycéenne et les suspicions enseignantes. Dans les rangs même de la majorité, des députés l'observent d'un oeil critique. Et François Fillon a dû, en dernière minute, réviser son texte, menacé d'être recalé devant le Conseil constitutionnel.
Comment est-on arrivé à cette addition de doutes et de discordances ? Ministre prudent, réputé habile, François Fillon a sans doute commis une erreur stratégique en associant à sa loi la réforme du sacro-saint baccalauréat. Il a beaucoup hésité puis finalement jugé que cela donnerait du « corps » à un projet accusé de manquer d'ambition. C'était enclencher la machine aux fantasmes et aux rumeurs. Paraître ébranler le baccalauréat, c'est s'attaquer à l'une des colonnes du temple éducatif. Le ministre chercherait à refermer délicatement cette boîte de Pandore.
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Les lycéens attaquent Fillon sur le bac
Les lycéens ont trouvé leur cheval de bataille : le baccalauréat. Non à sa réforme, proposée par la loi Fillon sur l'école : trop « injuste ». C'est ce qu'ils ont dit, sur tous les tons, dans les manifestations d'hier, qui ont rassemblé 100 000 d'entre eux.
« Si l'on instaure un contrôle continu, le bac n'aura plus la même valeur d'un lycée à l'autre, assène le syndicat Fidl. Son anonymat, qui garantit l'égalité de tous, son caractère national, seront remis en cause. Demain, on aura un bac Henri IV et un bac Sarcelles... » L'UNL, syndicat majoritaire, d'abord favorable à l'introduction du contrôle continu, s'y oppose aussi, désormais.
Cette question a nourri les slogans des manifestations lycéennes, hier. En tout, près de 100 000 jeunes ont crié, sauté, dansé, sur l'air de « Fillon démission », qui a fait un tabac, ou du plus sophistiqué « Fillon get bac !» (à Paris).
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Le Monde daté du 12/02/05
Le gouvernement recule sur la réforme du baccalauréat
Cent mille lycéens ont manifesté, jeudi 10 février, contre le projet de loi de François Fillon et, notamment, l'introduction d'un contrôle continu au baccalauréat. "Je ne ferai pas une réforme tant que nous n'aurons pas levé les craintes", a indiqué le ministre de l'éducation. Son cabinet insistait vendredi sur le fait que M. Fillon "ne renonçait pas à la réforme du bac". "On a dit qu'on laissait le temps au groupe de travail de réfléchir. Rien n'est changé", a-t-il précisé.
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"La réforme Fillon, c'est du favoritisme implicite. On aura un bac 93 et un bac 75"
En courant , en chantant, en rigolant, 15 000 lycéens, selon la police, 40 000, selon les organisateurs, ont défilé dans une humeur festive, jeudi 10 février, à Paris, pour dénoncer la réforme Fillon du baccalauréat. Venus en nombre des lycées parisiens, sans doute un peu moins de la banlieue, les manifestants franciliens ont défilé - dans une forte odeur de cannabis - aux cris de "Non, non, non à la réforme Fillon", "Fillon, démission !". Si les mots d'ordre de mobilisation englobaient l'ensemble du projet de loi Fillon sur l'école, c'est bien le baccalauréat qui pousse les lycéens dans la rue - souvent pour la première fois puisque les dernières manifestations remontent à l'élection présidentielle de 2002.
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Le projet de loi divise les syndicats d'enseignants
Les ouvertures de François Fillon sur la réforme du baccalauréat n'entament pas la détermination de la FSU. La principale fédération de l'éducation maintient son appel à une mobilisation "d'ampleur nationale" le 15 février, date du début de l'examen du projet de loi d'orientation sur l'école à l'Assemblée nationale. […]
De leur côté, le SGEN-CFDT et l'UNSA-Education ont refusé de se joindre, le 15 février, à un mot d'ordre national contre le projet de loi Fillon, comme l'aurait souhaité la FSU. Soudée durant les grèves du printemps 2003, l'intersyndicale de l'éducation (FSU, SGEN-CFDT, FERC-CGT, UNSA-Education, FAEN) est divisée sur le projet de loi du ministre. "Nous ne partageons pas la même analyse sur le projet de loi que le SNES", considère Jean-Luc Villeneuve, secrétaire général du SGEN-CFDT. Plutôt que de faire grève, le SGEN a décidé de rencontrer, ce jour-là, les présidents des groupes parlementaires UMP, UDF, PS et PC et d'adresser une lettre ouverte à chaque député.
"L'intersyndicale ne fonctionne pas bien sur la loi d'orientation, reconnaît Patrick Gonthier, secrétaire général de l'UNSA-Education, mais elle fonctionne à plein sur le reste : les postes, le budget." Favorables au principe d'un socle commun de connaissances et d'une réforme du baccalauréat, l'UNSA-Education et le SGEN-CFDT sont dans une logique d'amendement de la loi. La FSU, opposée à l'idée d'un socle commun et à l'introduction du contrôle continu pour le baccalauréat, réclame son retrait.[…]
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Les députés UMP s'interrogent sur l'opportunité et la "lisibilité politique" du texte
Avant de voir les lycéens défiler dans la rue par dizaines de milliers, François Fillon a eu un avant-goût du peu d'enthousiasme que soulève son projet de loi chez les parlementaires de la majorité. Les deux oraux de rattrapage successifs que le ministre de l'éducation a dû passer devant les députés de l'UMP, les 1er et 8 février, n'ont pas suffi, en effet, à dissiper toutes les inquiétudes. Devant des élus chauffés à blanc, M. Fillon est apparu, aux dires mêmes de certains participants, sur la défensive. "Il n'a pas la flamme, estime un des principaux responsables du groupe, et ça se sent."[…]
Enfin, le choix de M. Fillon de rallier Nicolas Sarkozy pour participer à la future direction de l'UMP a été perçu, chez les chiraquiens, comme une "trahison".
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Comment améliorer le projet de loi Fillon, par Yvan Lachaud porte-parole du groupe UDF sur les questions d'éducation.
Le projet de loi d'orientation pour l'avenir de l'école ne mérite ni excès d'indignité ni excès d'honneur : on n'y trouve que peu de choses pour réformer l'école et améliorer notre système éducatif. Pour les avoir reçus, je sais que les syndicats d'enseignants et les associations de parents d'élèves y sont unanimement hostiles.
Or ce projet de loi doit être l'occasion de redéfinir la mission des enseignants, qui ne se limite plus à l'instruction des élèves dans le cadre de la classe. De plus, l'évolution des comportements des élèves, l'écart entre les générations rendent nécessaire d'envisager la possibilité d'une seconde carrière pour les enseignants.
Il faut apporter une vraie réponse aux problèmes posés par le collège, en adaptant le système actuel et en proposant des voies pour celles et ceux qui sont en grande difficulté au collège et que la situation d'échec transforme malheureusement en délinquants potentiels.[…] Améliorer le projet de loi Fillon implique des mesures simples et efficaces.
- Permettre à chaque élève d'acquérir un ensemble de connaissances et d'aptitudes pour accéder à une réussite scolaire et professionnelle, en élargissant le socle de connaissances fondamentales proposé par le gouvernement : du français, des mathématiques, une langue vivante, des technologies de l'information, une culture humaniste et citoyenne, un enseignement artistique, une culture scientifique et technologique et la pratique sportive.
Cela va de pair avec la garantie de l'accès de tous les élèves aux enseignements optionnels dans l'enseignement général, en particulier les langues vivantes, régionales et anciennes, et aux différentes filières de l'enseignement professionnel. La deuxième langue vivante doit être pratiquée à partir de la classe de sixième.
- Il faut redéfinir la mission des enseignants, qui, au-delà de l'indispensable instruction, comprend aussi l'accompagnement des élèves, leur suivi individualisé, les relations avec les parents, le travail en équipe et la concertation. Il faut aussi améliorer leur formation (définir un cahier des charges national et des missions précises pour les IUFM, garantir leur autonomie), améliorer leur connaissance des milieux professionnels, les préparer à accueillir les élèves handicapés.[…]
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L'éditorial du Monde : Touche pas à mon bac !
L'abandon d'une réforme, face à l'opposition qu'elle rencontre, est un des exercices peu glorieux auxquels tout ministre - surtout de l'éducation nationale - devrait être préparé. Il n'en est pas moins, par la force des choses, improvisé. Soumis à cette épreuve, après bien d'autres, François Fillon a trouvé la formule suivante : "Je ne ferai pas une réforme du bac tant que nous n'aurons pas levé les craintes qui sont exprimées." C'est ce qui s'appelle faire de nécessité vertu.
Près de 100 000 lycéens ont manifesté, un peu partout en France, jeudi 10 février, contre un baccalauréat qui aurait reposé, en partie, sur un contrôle continu des connaissances, plutôt que sur les seules épreuves de fin d'année. En lançant son projet de réforme, en novembre, M. Fillon n'imaginait probablement pas causer autant de remous. Même si personne n'avait fait du baccalauréat un thème de réflexion majeur, son intention paraissait en mesure de susciter un consensus.[…]
Comme il y a deux ans pour la décentralisation, le gouvernement a touché, sans l'avoir anticipé, un point extrêmement sensible dans le monde éducatif : l'égalité des chances sur le territoire. Pour les enseignants, la décentralisation des personnels conduisait à une éducation à plusieurs vitesses, en fonction de la richesse et des priorités des collectivités locales. Pour les lycéens, un contrôle continu plus développé allait déboucher sur des baccalauréats de valeur variable selon la réputation des établissements.
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Les délits violents sont en forte augmentation en France depuis 1996
Les délits violents commis par des mineurs, surtout les violences gratuites et sexuelles, ont fortement augmenté en France depuis 1996, selon un rapport officiel.
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