lundi, août 16, 2021

Autour de "Je suis un pédagogiste"…

 

Je suis heureux d’annoncer la sortie de mon livre « Je suis un pédagogiste » aux éditions ESF-Sciences Humaines pour cette rentrée scolaire 2021. Même si celui-ci est le prolongement du blog que je tiens depuis 2004, je n’avais pas cru bon d’y consacrer un billet jusque là. En revanche, ceux qui me suivent sur les réseaux sociaux ont été abondamment (trop ?) informés de sa parution ! 

Le livre devrait se suffire à lui même et je vous invite tous évidemment à le lire ! Plutôt que d’en proposer un résumé, dans ce billet de blog, je voudrais surtout raconter un peu la genèse et les réflexions qui m’ont accompagné tout au long de ce processus d’écriture et de réflexion. 


Aux origines…

L’idée de cet ouvrage date d’il y a plusieurs années. Il me trotte dans la tête depuis 2015. Je me souviens très bien du moment : le 19 mai 2015. J’étais pour quelques mois encore président du CRAP-Cahiers Pédagogiques. Ce mouvement soutenait (avec nuances) la réforme du Collège. C’est pour développer cette position que je suis invité sur le plateau d’une chaine d’information continue dans un de ces débats binaires (et sans trop de nuances) que la télévision apprécie tant. Avec moi et face à moi, des syndicalistes enseignants et un professeur de sciences de l’éducation. La disposition autour de la table est simple : d’un côté les « Pour », de l’autre côté les « Contre ». Le journaliste commence en me présentant ainsi : « Philippe Watrelot, vous êtes un pédagogiste... »Je réagis immédiatement en lui faisant remarquer que le terme qu’il emploie est plutôt utilisé pour discréditer la position de celui qu’on qualifie ainsi. Une fois le débat terminé, le journaliste revient vers moi pour m’avouer qu’il ne savait pas la signification péjorative de ce terme. Il l’entendait et le lisait constamment et pensait donc qu’il convenait parfaitement. 

A partir de cette année 2015, le mot s’est répandu dans la presse et les médias. Nicolas Sarkozy l’utilise dans ses discours. François Fillon, à plusieurs reprises parlera des « pédagogistes fous ». Jean-Michel Blanquer, lorsqu’il devient Ministre de l’Éducation en 2017, l’utilisera lui aussi pour désigner ceux qu’il voit comme des idéologues déconnectés du réel. Les couvertures de journaux reprennent évidemment cette thématique. Le terme a aussi été abondamment utilisé dans les réseaux sociaux. Avec le « pédagogiste » on se trouve donc avec la fabrication d’un épouvantail. Cet artifice rhétorique est bien commode. Il permet de se fabriquer un ennemi facile à  combattre et qu’on accuse de tous les maux : le déclin de l’École, l’échec scolaire, la baisse des exigences... 

De multiples obligations et des ennuis de santé m’ont empêché d’avancer dans ce projet. L’année 2020 m’en a enfin donné l’occasion. Je ressentais aussi une certaine urgence car je voulais m’exprimer alors que je suis encore en activité, avant la retraite. 



Sa rédaction a donc commencé au début de l’année 2020 (eh oui, le premier confinement…). Le premier jet était monstrueux (520 000 signes pour ceux à qui ça parle). La pandémie a peut-être rendu sinon obsolètes du moins décalés certains propos initiaux. Mais c’est surtout la proximité avec les élections de 2022 qui m’a amené à revoir la structure du manuscrit initial. Celui-ci était peut-être trop dans la défensive et la réfutation des clichés et lieux communs. Il a évolué pour devenir plus revendicatif et force de propositions. Et il a maigri, lui…

Je dois remercier la maison d’édition qui m’a fait confiance et m’a permis de faire évoluer ce projet. Les conseils de Carole et Sophie ont été précieux. Merci à elles ! 


Articuler le «Je/Nous»

J’ai consacré une bonne partie de ma vie à agir et réfléchir sur les questions d’éducation. Je suis d’abord un praticien. J’enseigne les Sciences économiques et sociales depuis 1981. J’ai participé à de nombreux projets et expérimentations au cours de toutes ces années. J’ai aussi produit des manuels, des vidéos, des sites pédagogiques…Je suis devenu aussi formateur d’enseignants à l’IUFM puis à l’ESPÉ et aujourd’hui l’INSPÉ en temps partagé depuis 2006. On reproche, à tort ou à raison, aux formateurs d’être « déconnectés du terrain » pour ma part je maintiens ce cap du temps partagé depuis 15 ans…

Je suis aussi « engagé », « activiste », « militant » « bénévole », (selon l’expression que vous préfèrerez !) en agissant dans plusieurs mouvements pédagogiques et d’éducation populaire.… J’ai commencé pendant plusieurs années par  être animateur puis directeur de centres de vacances. J’étais militant aux Centres d’entrainement aux méthodes d’éducation active (CEMÉA) où j’ai été formateur (à l’époque on disait « instructeur ») et responsable d’une association locale. J’ai aussi eu des responsabilités dans une association de profs de SES. Puis je me suis tourné vers le Cercle de recherches et d’action pédagogiques (CRAP ) qui édite la revue les Cahiers Pédagogiques. J’y ai occupé de nombreuses fonctions bénévoles et j’en ai été le président pendant une dizaine d’années. Mes fonctions m’ont aussi amené à participer à plusieurs instances. J’ai en particulier été entre 2016 et 2017 président du Conseil National de l’Innovation pour la Réussite éducative (Cniré).

C’est aussi à ce titre de représentant  associatif que j’ai été amené à intervenir dans les médias pour représenter ce courant de pensée et défendre nos positions. Je ne suis plus en responsabilité aujourd’hui mais j’interviens toujours sur les réseaux sociaux et dans les médias. Ma conviction est que le débat sur l’École est un débat citoyen. Il mérite d’être éclairé, argumenté et nuancé. C’est la raison principale de cet ouvrage que d’essayer d’y contribuer. 

Ce livre, dès le titre, est écrit à la première personne. Mais le « Je » s’articule avec le « Nous » ! 

J’y fais référence à des travaux collectifs (en particulier le rapport du Cniré)  et, même s’il serait immodeste de présenter ce livre comme un manifeste, j’essaie aussi d’être le représentant d’un courant de pensée. Ma réflexion, comme mon parcours le montre, s’appuie sur du collectif et ne peut se réduire à une pensée et une aventure individuelles.


« Retournement du stigmate »

Si j’appelle à la nuance, on pourrait me reprocher de ne pas en faire preuve avec ce titre qui en manque et reprend une dénomination polémique. Avant même de lire le livre, mes adversaires se sont vite emparés du dessin de couverture pour faire ce même reproche. Plusieurs de mes amis pourraient aussi me faire le grief de l’utiliser et cautionner ainsi un qualificatif qu’ils réfutent. C’est en effet une provocation ! Il est quelquefois nécessaire d’en user pour se faire entendre. 

C’est surtout l’occasion  de re-questionner et déconstruire toutes les critiques et  les présupposés associés à cette expression. C’est le fil rouge de la première partie de cet ouvrage où il sert  aussi d’analyseur des maux de l’École. On pourra me blâmer de ne pas rentrer dans le détail et de survoler certains points. Mais il s’agit avant tout de faire œuvre de vulgarisation. Ce n’est malheureusement pas par une publication savante (je n’en suis pas un…) qu’on combat les polémistes. 

« Résister et proposer » c’était le slogan que nous avions retenu pour les premières assises de la pédagogique que nous (le CRAP-Cahiers Pédagogiques) avions organisé en 2006. Résister aux discours cyniques et les simplifications, résister aussi contre toutes les instrumentalisations de l’École, notre bien commun. Je ne me résigne pas à laisser le champ libre de l’opinion publique à ce type de discours. 

Proposer parce que le meilleur moyen de combattre les caricatures et la fabrique d’épouvantails faciles c’est justement de dire clairement ce que nous défendons. C’est pour cela qu’il m’a semblé utile de revendiquer avec fierté un terme qui a été au départ forgé pour déconsidérer, voire insulter. C'est justement l'objet de la deuxième partie du livre. 

Un autre des éléments déclencheurs de ce livre a été, en effet, au hasard  de mes lectures, d’apprendre l’origine du mot « intellectuel ». Initialement c’est un terme péjoratif créé au moment de l’affaire Dreyfus pour discréditer ses partisans. S’il peut être encore utilisé négativement, il a pris aujourd’hui un tout autre sens. 

En sociologie, on parle de « retournement du stigmate » pour désigner ce phénomène. Les exemples sont nombreux dans ce domaine. On peut citer le mouvement noir avec « Black is beautiful » ou la gay pride. Rappelons que « gay » ou « queer » (désaxé) sont au départ des termes péjoratifs. Très immodestement, mon ambition est d’essayer de faire de même avec ce mot « pédagogiste ». Même si le risque est de devoir assumer cette étiquette…


Suis-je masochiste ? 

Car le risque est en effet de « remettre une pièce dans la machine » de la polémique, de l’attaque violente et gratuite, voire de la calomnie sur les réseaux sociaux. Je le subis, comme d’autres, depuis plusieurs années.

Dans l’hypothèse (on peut rêver…) où ce livre rencontre un certain écho dans la presse au delà du petit monde de la pédagogie, c’est risquer d’être enfermé dans le rôle du « pédago de service ». Mais comme c’est déjà un peu le cas et que par ailleurs je constate que les idées que je défends sont partagées, cela vaut la peine.  Je suis prêt, en tout cas à répondre de manière argumentée aux critiques. Figurez vous, j’aime le débat et je me répète, je pense que les questions autour de l’École doivent faire l'objet de vrais débats citoyens. 

Mais s’il le faut, j’endosse aussi les attaques. Elles peuvent être le signe que les idées font mouche et interpellent. Et elles me renforcent dans mon engagement. Je ne sais pas si je suis masochiste mais je suis « teigneux » ! 



Philippe Watrelot

16 aout 2021 


jeudi, août 12, 2021

La nouvelle bibliothèque idéale du prof débutant (août 2021)

 

Oui, c'est chez moi !

Le 12 aout 2016, je publiais « la bibliothèque idéale du prof débutant ». Ce billet est le deuxième le plus lu depuis la création de mon blog en 2004 (le record est détenu par  « Qu’est-ce qu’un bon prof ? », tout un programme !)
Il me semble utile et nécessaire de proposer une nouvelle version de cette bibliographie, cinq ans après. Parce que de nouvelles références sont apparues et que mes choix ont évolué, je vous présente cette nouvelle édition avec des nouveautés mais aussi le maintien de certains titres. On y retrouvera la structure en quatre parties : 

  • Pour débuter est centré sur des livres spécifiquement dédiés aux enseignants débutants.
  • Le tour de la question se concentre sur quelques thèmes essentiels pour les enseignants débutants : l’autorité et la gestion de classe, apprendre, mémoriser, évaluer…
  • Pour aller plus loin propose des lectures un peu plus complexes tout en étant accessibles. Elles constituent aussi des références pour les mémoires et autres écrits professionnels. 
  • Chemins de traverse et lectures inspirantes sont des propositions de lectures un peu décalées avec en particulier des récits d’enseignants qui peuvent être des sources d’inspiration. 

Comme il y a cinq ans cette liste s’appuie sur une démarche collaborative. Plusieurs titres proviennent de conseils qui m’ont été donnés sur les réseaux sociaux. Bien sur, cette bibliographie est partielle et partiale. On pourra même m’accuser de « copinage » et de bien pire ! 
Mais dans un esprit de partage et de mutualisation, ce que j’espère avant tout c’est qu’elle sera utile à ceux qui la liront. Débutants, ou non… 

 


Pour débuter 


Le livre est réédité et actualisé depuis de nombreuses années. François Muller nous propose une belle boite à outils destinée comme le titre l’indique à tous les enseignants (et pas seulement les débutants). On y trouve donc  des situations-problèmes et des auto-tests ainsi que des pistes de travail. Mais c’est aussi un ouvrage de vulgarisation de la recherche en science de l’éducation avec de très nombreuses références. Indispensable !

 


Clerc Françoise, Priou Nicole, Genès Sophie Analyses de situation pour bien débuter dans l’enseignement Hachette 2011
Les trois auteures donnent elles aussi de nombreux conseils mais pour construire le livre, elles s’appuient surtout sur de nombreux témoignages de jeunes enseignants. Cela donne un aspect très vivant et concret à cet ouvrage. 

 

 





Dominique Bucheton Les gestes professionnels dans la classe: Éthique et pratiques pour les temps qui viennent ESF-Sciences Humaines 2019
Ce livre est devenu très vite un incontournable dans l’apprentissage du métier de professeur. L’auteure, à partir de l’observation, détaille les différentes « postures » enseignantes pour la mise en activité des élèves. C’est aussi une grille de lecture très utile pour les formateurs et tuteurs. 

 

 


Rachel Harent Bien débuter en maternelle CANOPÉ/ Cahiers Pédagogiques 2020
Ben Aïda Bien débuter en élémentaire -  CANOPÉ/ Cahiers Pédagogiques 2019
Corinne Chaminade et Cécile Teillet Bien débuter en collège CANOPÉ/ Cahiers Pédagogiques 2019
Anne Pédron Bien débuter en lycée  CANOPÉ/ Cahiers Pédagogiques 2019
Sabine Coste et  Gilbert Crépin Bien débuter en lycée professionnel CANOPÉ/ Cahiers Pédagogiques 2019
Cette série de livres coédités par Canopé et les Cahiers Pédagogiques s’adresse principalement aux enseignants novices. On y retrouve de nombreux conseils pratiques et des retours d’expériences utiles pour les premières prises de postes. 

  


Audrey Murillo Prendre un bon départ dans ses classes, Les pratiques des premiers jours en questions  ESF-Sciences Humaines 2021
C’est un ouvrage centré sur les premiers jours/semaines et qui remet en question un certain nombre d’idées reçues (ne jamais sourire avant Noël, faire un règlement de classe…). Croisant les résultats de la recherche avec les témoignages d’enseignants et d’élèves, elle aborde de manière claire et synthétique des questions très concrètes que tous les enseignants se posent et laisse le lecteur faire ses propres choix. 

 



Ostiane Amigues Mathon Réussir sa première classe. ESF-Sciences Humaines 2017
Le livre proposé par Ostiane est plus spécialement destiné aux enseignants du primaire. Écrit dans un  style très agréable, il se veut très pratique et concret. J’aime beaucoup l’optimisme et l’esprit positif qui se dégage de ce livre à l’image de son auteure. 

 

 


Rémy Danquin (dir.) 52 méthodes pratiques pour enseigner, Canopé 2015
Un ouvrage très exhaustif. Il fait donc un peu « catalogue » mais il propose ainsi de nombreuses pistes pour varier son enseignement grâce notamment à de très nombreuses fiches pratiques. 

 

 


Guillaume Caron, Laurent Fillion, Céline Scy, Yasmine Vasseur Osez les pédagogies coopératives au collège et au lycée ESF-Sciences Humaines 2ème édition 2021
J’ai hésité à placer ce livre dans cette catégorie : est-il vraiment destiné aux débutants ? 
Les auteurs nous livrent une démarche globale qu’eux-mêmes mettent en œuvre depuis plusieurs années. Mais ils nous proposent aussi des outils concrets qui peuvent être utilisés dès les premières années d’enseignement

 

 


Catherine Chabrun Entrer en pédagogie Freinet Ed. Libertalia 2016
On peut faire la même réflexion que pour le livre précédent : est-ce pour les débutants ? Mais on se dit que les conseils que l’auteure donne sont valables pour tous et qu’on peut y trouver des idées même quand on débute

 

 


Annie Di Martino, Anne-Marie Sanchez  Socle commun et compétences – Pratiques pour le collège ESF, 2011

Les deux auteures proposent de nombreux outils pour organiser des situations d’apprentissage, évaluer et valoriser les acquis des élèves dans le cadre du travail par compétences. Elles insistent particulièrement sur la notion de “tâches complexes”  et de “ressources”. 

 


Sarah et Nicolas Zanettacci
Une rentrée sereine en élémentaire, ça se prépareESF Sciences Humaines 2020

Ce livre propose un accompagnement pas à pas pour aider à se construire des gestes d’enseignant dès la rentrée. Pas de recette toute faite mais des outils concrets, des idées testées, des fiches pratiques et des retours d’expériences. A noter qu’il existe un ouvrage avec le même titre pour la maternelle



Philippe Meirieu, 
Faire l’École, Faire la classe, ESF – 2004

Il y a cinq ans, j’avais placé ce livre dans la rubrique « pour aller plus loin » mais il mérite d’être lu par tous et notamment ceux qui débutent. Cet ouvrage est issu de séances de formation et comporte de nombreux  exercices et outils qui permettent à l’enseignant de se situer à deux niveaux : celui de la classe et celui de l’établissement et au delà du système éducatif. J’aime beaucoup la présentation en “principes” et surtout en “tensions” qui permettent de réfléchir à son métier autrement que de manière binaire

 

 


Pour faire le point sur une question


Bruno Robbes  L’autorité éducative dans la classe. Douze situations pour apprendre à l’exercer ESF-Sciences Humaines 2010

Parlons d’abord de l’autorité, Bruno Robbes a consacré sa thèse et écrit de nombreux articles sur le sujet (je signale celui les “trois conceptions actuelles de l’autorité” qui est très éclairant). Dans cet ouvrage, il se veut concret en présentant des études de cas qui nous montre que, loin du “charisme”ou de l’“autorité naturelle”, celle-ci s’apprend, se construit et s’exerce collectivement. 

 

 

Martine Boncourt L'autorité à l'école mode d'emploi  ESF-Sciences Humaines 2013
Ce livre est un bon complément à celui de Bruno Robbes cité plus haut. Il offre différents conseils pour construire dans la classe, à l’école primaire, une autorité efficace, qui permette les apprentissages et le vivre ensemble, bien loin des « recettes pour tenir la classe ». L’auteure, qui se réfère à la pédagogie institutionnelle, met en relation les outils et dispositifs qu’elle présente avec les valeurs qui leur donnent du sens. 

 

 


Pierre Merle Les notes, secret de fabrication PUF 2007 
Selon les dernières enquêtes, l’évaluation représente entre un tiers et un quart du temps de travail de l’enseignant (et sûrement encore plus quand on débute… !). Il est donc utile de réfléchir à nos pratiques d’évaluation. Pierre Merle nous amène ici à remettre en perspective la manière dont se construisent les notes et les biais qui sont en jeu formalisés par la docimologie. On peut approfondir cette question avec un Que Sais-je (n° 3278) rédigé par le même auteur sur la Sociologie de l’évaluation scolaire

 

 


Florence Castincaud et Jean-Michel Zakhartchouk L’évaluation, plus juste et plus efficace : comment faire ? collection Repères pour agir, CANOPE CRDP d’Amiens - CRAP-Cahiers pédagogiques 2014
Un livre stimulant pour faire évoluer les pratiques en terme d’évaluation des élèves. On y trouve à la fois les concepts clés sur ce sujet ainsi que des récits  de pratique par des enseignants. 

 

 


Jean-Pierre Astolfi L’erreur un outil pour enseigner  ESF 1997

Puisqu’on parle de l’évaluation, il faut aussi évoquer l’erreur. Ce court ouvrage (nul besoin d’être long pour être essentiel) de Jean Pierre Astolfi propose une véritable réflexion sur le statut de l’erreur dans les apprentissages en proposant de passer de l’idée de faute à celle d’erreur. Sa réflexion permet d’aider l’enseignant à comprendre les difficultés de ses élèves et à ces derniers d’utiliser leurs erreurs pour rectifier, progresser, rebondir. Du même auteur, on pourra aussi aller lire l’enthousiasmant La saveur des savoirs (2008)

 

 


André Giordan Apprendre ! Belin, 1998, nlle édition 2016

Plusieurs livres de pédagogie ont le verbe « apprendre  » dans leur titre. C’est normal, c’est quand même la préoccupation principale de l’École et des enseignants. 
André Giordan propose un très bon livre de vulgarisation sur cette question des mécanismes d’apprentissage. Il cherche aussi à dépasser les modèles transmissif, behavioriste, constructiviste ou socioconstructiviste en proposant une synthèse (le modèle allostérique). Mais n’ayez pas peur de tous ces concepts, il écrit dans une langue très simple et accessible !
On peut compléter la lecture par un livre plus récent qui porte le même titre : Apprendre de Stanislas Dehaene aux éditions Odile Jacob 

 

Philippe Meirieu Apprendre oui mais comment  ESF 1987 

Ce livre fait partie des rares best sellers en pédagogie. Il  s'appuie sur des analyses de cas, comporte de très nombreux exemples et, surtout, des tableaux synthétiques qui se veulent très opérationnels pour la conduite de la classe. Le lecteur s'y trouve mis en situation d'activité, confronté à des exercices, des récits d'expériences pédagogiques ou d'événements de la vie scolaire ; à partir de là, l'auteur dégage quelques principes fondamentaux et propose toute une série d'outils pour construire une pédagogie véritablement différenciée, pour accompagner et permettre la réussite de tous.. 

 

 


Elena Pasquinelli, Mon cerveau ce héros, mythes et réalité Le Pommier, 2015,
Alors qu’on raconte tout et son contraire sur le cerveau et les meilleurs moyens d’apprendre, l’auteur dénonce et analyse les neuromythes dans ce petit ouvrage plein d’humour. 

 



Franck Amadieu, André Tricot Apprendre avec le numérique
 coll. Mythes et réalités. Ed. Retz

Caroline Hache, Caroline Ladage, Jean Ravestein, L’échec scolaire, coll. Mythes et réalités. Ed. Retz 

Collectif Didactique pour enseigner Enseigner ça s’apprend coll. Mythes et réalités. Ed. Retz

Difficile de choisir parmi tous les titres de cette collection « Mythes et réalités » dirigée par André Tricot (avec une préférence pour le numérique et l’innovation de Tricot lui même). Ils offrent tous une lecture stimulante en déconstruisant quelques mythes et surtout en outillant les lecteurs avec l’état de la recherche sur un sujet précis.  C’est, en plus, toujours écrit dans un style agréable et accessible. 


  

Pour aller plus loin 


Serge Boimare  L’enfant et la peur d’apprendre Dunod 2000.
L’auteur nous éclaire sur les mécanismes que les enfants doivent mobiliser pour accepter d’apprendre. Pour remédier à la peur d’apprendre de ces élèves, l’enseignant doit faire œuvre de médiation culturelle. Mais si l’approche psychologique et la théorisation sont présentes, l’essentiel du livre est constitué par la description et l’analyse de nombreuses situations de classe.

 

 


Stéphane Bonnéry, Comprendre l'échec scolaire. Elèves en difficultés et dispositifs pédagogiques,La Dispute, coll. « L'enjeu scolaire », 2007

Ce livre est devenu une référence dans la réflexion sur l’échec scolaire et les difficultés d’apprentissage. S’appuyant sur l’observation, il propose des concepts qui permettent de mieux penser son action d’ensignant. 

 

 


Bernard Charlot, Élisabeth Bautier et Jean-Yves Rochex,  École et savoir dans les banlieues... et ailleurs Armand Colin 1992
Elisabeth Bautier et Jean-Yves Rochex L’expérience scolaire des nouveaux lycéensArmand Colin 1998
Bernard Charlot  Du rapport au savoir, Anthropos, 1997

Les travaux de l’équipe ESCOL de l'université de Paris VIII offrent une réflexion majeure sur les questions d’inégalités et d’échec scolaires. Ils permettent d’approfondir et de nuancer la notion de “handicap socio-culturel” en mettant en évidence un “rapport au savoir” différent selon les différentes catégories sociales. Ils mettent aussi en garde contre des pratiques pédagogiques qui peuvent renforcer une dimension utilitariste ou “applicationniste” de l’activité scolaire. Enfin, selon ces chercheurs la pédagogie, selon eux massivement appliquée aujourd’hui, s’adresse aux enfants des classes moyennes déjà préparés, et est trop souvent inconsciente des pièges implicites pour les enfants des classes populaires et conforte ces élèves dans une posture attentiste et assoient leur dépendance tout en renforçant les inégalités.

 


Philippe Perrenoud Enseigner : agir dans l’urgence ; décider dans l’incertitude ESF 1996.

Au delà du titre génial, ce qui est bien avec les livres de Perrenoud c’est qu’il est très fort pour voir les dilemmes et les tensions et énumérer les différentes dimensions d’un phénomène (c’est le roi des listes...). Ici c’est au service d’une belle réflexion sur le métier d’enseignant. A lire si on veut prendre un peu de recul. 
Philippe Perrenoud est aussi l'auteur du très intéressant "Métier d'élève et sens du travail scolaire" (ESF)

 

 


François Marie Gérard Évaluer des compétences, Guide pratique De Boeck 2008

Ce guide, qui se présente comme un outil d’autoformation, propose apports théoriques, mises en situation, exemples, et s’organise autour de quatre compétences relatives à l’évaluation des apprentissages : préparer les élèves à résoudre des situations complexes, élaborer des situations complexes, traiter et analyser les productions des élèves lors d’une évaluation, exploiter les résultats d’une évaluation des acquis des élèves. Et en plus il ne manque pas d’humour ! 

 

 


Jean-Luc Berthier, Grégoire Borst, Frédéric Guilleray, Mickaël Desnos Les neurosciences cognitives dans la classe,  Guide pour expérimenter et adapter ses pratiques pédagogiques ESF-Sciences Humaines 2ème édition 2021

Cet ouvrage s’appuie sur les dernières recherches et une méthodologie rigoureuse pour relier la théorie sur le fonctionnement du cerveau avec des pratiques pédagogiques très concrètes. Celles-ci sont issues de nombreuses expérimentations conduites dans 300 classes avec près d’un millier d’enseignants. Jean-Luc Berthier anime aussi le site Sciences-cognitives.fr qui promeut ces « cogni-classes ».

 

 


Sylvain Connac Enseigner sans exclure, La pédagogie du colibri ESF-Sciences Humaines 2017

Sylvain Connac a beaucoup travaillé sur la coopération (on peut citer aussi Apprendre avec les pédagogies coopératives). Ici, il propose une réflexion sur les effets pédagogiques de la coopération sur les apprentissages et remet en perspective les valeurs qui sous-tendent ces pédagogies.

 

 


Clermont Gauthier, Mario Richard et Steeve Bissonnette Enseignement explicite et réussite des élèves De Boeck 2013

Parce qu’il faut évoquer d’autres courants de la pédagogie… Voici un ouvrage sur ce que ses promoteurs appellent l’ « enseignement explicite ». Comme si les autres pédagogies ne cherchaient pas à l’être…!

 

 


Vincent Carette et Bernard Rey. Savoir enseigner dans le secondaireDidactique générale  De Boeck 2011 

Je finis cette liste par un ouvrage qui, à titre personnel, m’a beaucoup servi. Mais il donne une base très solide de connaissances utiles à tous dans plusieurs domaines : les conceptions de l’apprentissage,  l’approche par objectifs et l’approche par compétences et une réflexion sur ce qu’est une discipline scolaire. 

 

 

 



Prendre des chemins de traverse et lire des récits inspirants...

 

Alexis Potschke, Rappeler les enfants Seuil 2019
Rachid Zerrouki, Les incasables Robert Laffont 2020
Lucien Marboeuf Vis ma vie d’instit, les 1001 histoires de ma classe Fayard 2015
Julie van Rechem, Prof jusqu'au bout des ongles Stock 2015
Ces livres sont des récits d’enseignants mais ils sont bien plus que cela. Ils véhiculent tous une vision positive de l’école et de l’enseignement sans en nier les difficultés. Quand on débute, on a souvent « la tête dans le guidon », ces écrits remarquables permettent de prendre du recul et de la hauteur. Bonne lecture ! 

 

 


Jeanne Benameur Présent ? Collection Folio (n° 4728), Gallimard 2008

L’action de ce roman se passe dans un collège ZEP. L’auteure est une ancienne professeur de français. Mais il s’agit d’une œuvre de fiction où tout se joue et se cristallise autour d’un conseil de classe de 3ème. Les personnages (enseignants, personnels, parents et élèves) sont décrits avec beaucoup d’empathie. 

 

 


Fabrice Erre Une année au lycée (tomes 1, 2, 3) Dargaud 

Trois albums de BD hilarants où vous ne cessez de vous dire en les lisant « mais c’est tellement ça ! ». L’auteur est professeur d’Histoire-Géographie dans un lycée du côté de Montpellier. Il tient aussi une rubrique sur le site du journal Le Monde. Et, en vrai, il n’est pas du tout coiffé comme ça !

 

 


Fernand Deligny Graine de crapule Editions du Scarabée, Centre d'entraînement aux méthodes d'éducation active. 1960.

C’est mon livre fétiche. Celui que j’ai prêté, offert, racheté, relu sans cesse… 
Avril 77, je fais mon stage BAFA pour devenir animateur de “colo”. Par hasard et nécessité, ce fut avec les CEMEA. Et cette semaine fut une découverte à tous égards. J’y ai découvert que l’éducation, la pédagogie ce sont des valeurs mises en action à tel point que je suis devenu formateur pendant plus de 20 ans dans cette association. Et la découverte, ce fut aussi ce tout petit livre que j’ai acheté à la fin du stage. Depuis, j’ai du le racheter une dizaine de fois tant je l’ai prêté ou offert... Je voulais finir cette liste par ce livre essentiel même s’il est certainement le plus court de tous ceux présentés ici. 
Cet ouvrage a été publié pour la première fois au lendemain de la guerre. Accompagné de dessins de l’auteur ce sont essentiellement des aphorismes ou de très courts récits qui sont présentés. Au delà de la singularité de l’expérience d’un éducateur auprès d’enfants “difficiles”, ce livre touche à l’universel et est utile à tous ceux qui agissent auprès d’enfants et d’adolescents.
« Avant de t’indigner, rappelle toi de quoi tu étais capable lorsque tu avais leur âge », 
«  Trop se pencher sur eux, c’est la meilleure position pour recevoir un coup de pied au derrière »
« Lorsque tout marche bien, il est grand temps d’entreprendre autre chose »
Chacune de ces phrases m’a accompagné. D’abord dans ma pratique d’animateur, ensuite dans ma vie d’enseignant. 
Deligny nous dit ce qu’est la “bonne distance” de l’adulte. Il nous aide à gérer la tension entre l’ambition que nous devons avoir et la modestie de notre action. Ce livre ne parle pas de changer l’École, il est bien plus que cela, il parle de nous mêmes, d’éducation, il parle de la vie... 
Je tenais absolument à finir avec cet ouvrage si important pour moi. 

 

 

Bonnes lectures et bonne rentrée ! 


Philippe Watrelot

le 12 août 2021



Rappel : j'ai aussi commis en aout 2017, « la bibliothèque idéale du formateur (débutant) »

 

 

 

 

mardi, août 03, 2021

A propos du "rapport à l'échec" et du "sens de l'effort".



La publication de la chronique de Riss dans Charlie Hebdo du 14/07 (texte en bas de page) a suscité de très nombreux commentaires. Il y aurait plein de choses à dire sur la dérive de cette personne et de beaucoup d'autres dans cette période de confusionnisme

Je voudrais ici me centrer sur un double thème développé dans ce texte qui est celui du "rapport à l'échec" et du "sens de l'effort". Ce sont deux choses distinctes en effet mais qui se rejoignent.


Parlons d'abord du sens de l'effort. Ça fait trente neuf ans que j'enseigne et c'est pour moi en effet un souci constant. Je ne m'accommode jamais d'élèves qui baissent les bras dès la première difficulté. Et je peux dire que des ados un peu « mollusques » j'en ai connu !

Mais mon boulot c'est justement de créer les conditions de la motivation !

Alors, ça peut être de manière extrêmement basique en les asticotant pour qu'ils s'y mettent (c'est souvent le premier pas qui coûte, parole de procrastinateur qui est en train de répondre à cette chronique plutôt que de faire un boulot plus important).

On peut aussi essayer de créer ces conditions par des dispositifs qui créent de l'enjeu, donnent du sens à ce que l'on fait. C'est tout le talent du prof que de créer des dispositifs de mises en activités qui favorisent la motivation (ça va ? pas trop de jargon? )

Et surtout ce qui crée la motivation c'est quand on a le sentiment qu'on peut y arriver. Il ne s'agit pas seulement de dire "tu vas y arriver" dans une sorte de mantra stérile mais de favoriser une certaine progressivité. Je sais l’allergie de certains pour la pédagogie mais vous avez peut-être entendu parler de "zone proximale de développement" (Vygotsky) ou de "sentiment d'efficacité personnelle" d'Albert  Bandura (qui vient de disparaitre) ? Qu'est ce que ça veut dire ? 

Tout simplement qu'on fait des efforts quand ceux ci sont payants, quand on pense qu'on va y arriver et que ça donne envie d'en faire d'autres pour aller plus loin encore. Si je donne d'entrée de jeu une tâche infaisable à mes élèves, il ne faudra pas s'étonner s'ils baissent les bras. Nul besoin d'avoir un doctorat en sciences de l'éducation pour le savoir, nos instituteurs le savaient déjà !

Donc le sens de l'effort a bien à voir avec le rapport à l'échec. Trop d'échec tue l'effort.

Charb, tu nous manques..ils sont devenus fous…
Un mot encore  : celui ci n'est pas synonyme de "souffrance". Il n'est pas besoin d'en baver pour faire des efforts. Un enfant qui joue fait des efforts sans s'en rendre compte. On a l'impression que le raisonnement de certains vieux schnocks est de dire « puisque moi j'en ai bavé il n'y a pas de raison que les jeunes n'en bavent pas aussi ». 


Par ailleurs, tous ceux qui parlent d'un "bac en carton" oublient les conditions dans lesquelles se sont passées ces deux dernières années. Il y a eu des efforts et même de la souffrance.  L'oublier, c'est une insulte pour ces élèves. 


Passons maintenant au "rapport à l'échec".

L'échec n'est pas non plus un gros mot en pédagogie. Ni un tabou. Il me semble incontournable mais il faut qu'il soit accompagné et qu'il soit surtout présenté non pas comme une fatalité mais comme une occasion d'analyser les erreurs pour éviter de les refaire.

Cela pose d'abord la question sous jacente de l'évaluation. Dans notre beau pays, l'évaluation est encore vue trop souvent uniquement comme une évaluation sommative (zut, encore du -vieux- jargon...) et destinée à tirer le bilan de ce qui a été vu et bien souvent de sélectionner. On pourrait aussi se préoccuper un peu plus de ce qui se passe avant et avoir des évaluations formatives qui soient faites pour aider à progresser. Et même avec les bonnes vieilles "interros" (ie sommatives), on pourrait se demander ce qu'on fait après : si l'élève a eu une mauvaise note est-ce une fatalité ? Qu'est-ce qu'on lui propose pour y remédier ? Et surtout : est-ce que si l'élève a eu une mauvaise note c'est uniquement parce qu'il n'a pas assez travaillé ? Il y a plein d'autres raisons qui mériteraient de longs développements...

Le texte de Riss évoque le bac. J'ai essayé dans plusieurs textes récents de montrer que le problème était que le bac avait deux fonctions qui sont disjointes dans bien d'autres pays : valider un parcours de fin d'études (le lycée) et permettre l'accès au supérieur. Aujourd'hui cette deuxième fonction est assurée par ParcourSup. Quant à la première, on peut ergoter longtemps sur ce qu'est le "niveau" qui est quelque chose de très fluctuant tout comme la notation (il n'y a pas un "10" étalon déposé au pavillon de Sèvres).

le "niveau" est une notion très relative…

Riss et bien d'autres sont dans le mythe d'un bac qui serait toujours le rituel qu'ils ont connu. Ils pensent que le fait de "trop faire réussir au bac" ne confronte pas à l'échec. C'est faux ! Le prof de Terminale que je suis peut dire que l'échec est bien présent et qu'il est plus insidieux : il est dans les refus sur ParcoursSup que se prennent dans la figure mes élèves dès le mois de mai... J'ai aussi écrit sur le caractère très opaque des critères de ParcourSup et la nécessité de s’en préoccuper mais c'est là encore un autre sujet.

Il y en a un peu marre de ces polémiques construites par des vieux "scrogneugneux" déclinistes… Comme souvent, on construit une image du "pédagogiste" qui n'a rien à voir avec la réalité du terrain. L'échec n'est pas un tabou, je l'ai dit. La "bienveillance" quant à elle, est un terme qui a été complètement perverti par nos adversaires en "laxisme" ou refus de l'exigence. Alors qu'il faut être bien peu "exigeant" pour s'accommoder d'un système éducatif qui produit tant d'échec...

En revanche, et je voudrais conclure par là, il faudrait peut-être s'interroger sur la fatalité de cet échec. Pourquoi ce sont toujours les mêmes qui échouent ? Dans les années 70 j'avais été très marqué par la lecture de "lettre à une maitresse d'école" des enfants de Barbiana où on trouve cette interpellation : « L’enseignement ne connait qu’un seul problème, les élèves qu’il perd... Vous dites que vous avez recalé les crétins et les paresseux. C’est donc que vous prétendez que Dieu fait naitre les crétins et les paresseux chez les pauvres... »

Expliquer l'échec ainsi c'est oublier toutes les conditions socio-économiques qui conduisent à ce que l'échec soit plus fort dans certaines catégories sociales.

Ne voir l'«échec» que comme le produit d'un manque d' «efforts» d'un individu (qui l'aurait bien "mérité") c'est être dans une forme de déni politique. 

Et ça, c'est clairement de droite...

Philippe Watrelot

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